SNCL

Syndicat National des Collèges et des Lycées

  • Bilan de l’année scolaire : ce que le SNCL a fait pour vous

    Un syndicat aujourd’hui, ça sert à quoi ? C’est pour répondre à cette question qui revient finalement souvent dans les conversations, et aussi à l’occasion de cette fin d’année scolaire riche en actions pour votre défense, que le SNCL vous propose un point sur les combats que nous avons menés et les victoires obtenues.

    Nos actions pour le pouvoir d’achat :

    Rétroactivité prime REP/REP + : le SNCL s’est battu aux côtés de tous les collègues lésés dans le cadre du non-versement des primes REP/REP+. Nous avons d’ores et déjà su imposer un nouveau calcul des sommes dues en faisant ajouter plus de 19% à la somme initialement proposée au titre des intérêts. Le SNCL a contraint des rectorats récalcitrants à formuler une offre transactionnelle (de plusieurs milliers d’euros par agent).

    Prime de fidélisation : le SNCL a permis à une adhérente d’obtenir le juste montant de la prime de fidélisation qui lui était dû (+6000 euros).

    Rétroactivité quadriennale des frais de déplacement : elle a été obtenue par le SNCL pour des titulaires et contractuels dépassés par la lourdeur procédurale de demande de remboursement de leurs frais de déplacement ou de repas (plusieurs centaines d’euros récupérés par agent concerné).

    Pacte : le SNCL a refusé depuis le début du déploiement des PACTES de stigmatiser les collègues qui acceptaient les parts fonctionnelles, contrairement à certains autres syndicats. Nous pourvoyons simplement à tous les collègues intéressés une information neutre sur le dispositif, afin qu’ils puissent en conscience faire leurs choix et améliorer leur pouvoir d’achat.

    Extinction du corps de PEGC : le SNCL a porté à la DGRH une demande de liquidation du corps des PEGC et de reclassement des derniers personnels actifs, avec revalorisation des salaires (et des pensions) pour les agents concernés. Nous entamons désormais une procédure contentieuse devant le Conseil d’État.

    Ruptures conventionnelles : le SNCL a accompagné ses adhérents cherchant à bénéficier d’une rupture conventionnelle. Nous expliquons les enjeux de cette rupture et aidons à mettre en place un argumentaire et une stratégie convaincante. Le dispositif, initialement expérimental jusqu’en décembre dernier, est désormais pérennisé et continuera donc de bénéficier aux personnels de l’Éducation nationale.

    Accompagnement pour la retraite progressive :

    • Le SNCL a constitué les dossiers d’un grand nombre de collègues demandeurs d’une fin de carrière aménagée avec un complément de revenu appréciable ;
    • Le SNCL a permis à plusieurs collègues d’obtenir un temps partiel hors délais (jusqu’à fin août) en réaction à l’abaissement de l’âge d’entrée du dispositif à 60 ans durant l’été, et de bénéficier ainsi immédiatement du complément de revenu.

    Prime vie chère : le SNCL a soutenu dans la longueur les actions enclenchées par les collègues contre les demandes de remboursement des primes vie chère exigés par certains rectorats (notamment de Guadeloupe). Ceci a permis de déboucher sur le vote d’un amendement par le Conseil commun de fonction publique le 18 juin dernier, ouvrant la voie à une modification du décret de 2024 qui maintiendrait les majorations vie chère comme un élément de salaire et non comme une indemnité, ce qui acterait notre victoire complète sur le sujet et bloquerait aussitôt les remboursements exigés par les rectorats.

    ISOE rétroactivement versée pour agent enseignant en reclassement : c’est ce que le SNCL a obtenu suite à des suspensions intempestives et injustifiées de versement de l’ISOE par les services paye de rectorats à l’encontre d’agents en procédure de reclassement.

    Effectivité du paiement des heures supplémentaires pour des contrats d’enseignement en GRETA ou en lycée : là encore, le SNCL est intervenu afin que les heures supplémentaires dues soient effectivement payées.

    Reclassement avec rétroactivité quadriennale de la catégorie 2 à la catégorie 1 pour des contrats d’enseignement : malheureusement, de nombreux rectorats et certains établissements ont pris l’habitude de rémunérer des personnels administratifs ou enseignants sur des grilles salariales inférieures à celles exigibles. À chaque fois où le SNCL a été saisi, nous avons obtenu gain de cause et la grille a été modifiée.

    Nos actions contre le harcèlement et les excès de pouvoir :

    Une partie importante de notre travail syndical consiste désormais à confirmer aux agents la définition de leurs missions à l’aune des textes et par conséquent à déterminer tout ce qui n’y appartient pas. Ceci étant le premier pas pour savoir à quel moment on a le droit de dire non et de dénoncer des agissements qui paraissent contraires à des conditions de travail décentes, les signes avant-coureurs d’une situation grave étant bien évidemment l’angoisse d’aller au travail, la perte de sommeil, etc. Dans ce contexte, nos responsables académiques accompagnent toujours davantage de collègues dans des rendez-vous avec leur hiérarchie, ou lors de convocations par les DRH. Nous aidons ces derniers à résister aux stratégies de déstabilisation qui sont orchestrées contre eux, et à ne pas perdre pied face à l’agressivité parfois destructrice de l’administration.

    Dans le même temps, nous avons mobilisé une grande partie de nos équipes pour vous accompagner dans le déploiement des nouvelles règles en matière de complémentaire santé et prévoyance, afin que chaque agent puisse faire son choix librement, éclairé de façon objective sur tous les enjeux de cette réforme. 

    Nos actions de défense juridique :

    Dans un contexte de tensions grandissantes entre professeurs et familles, et face à un amateurisme toujours plus alarmant de la part des gouvernements récents et de leurs administrations, notre syndicat n’a pas d’autre choix que de renforcer son expertise juridique et réglementaire pour ce qui concerne le droit du travail, ceci pour mieux servir l’intérêt des agents que nous défendons.

    Calcul de l’ancienneté pour l’accès au CDI : nous avons soutenu des actions pour imposer le retrait des périodes d’état d’urgence sanitaire dans le calcul des fameux quatre mois d’interruption entre deux contrats.

    CDIsation des contractuels administratifs et enseignants : nous parvenons à imposer systématiquement la prise en compte de la durée du contrat pour “vacance de poste” dans le calcul de l’ancienneté pour accéder au CDI, même si le motif de la vacance de poste est dans le dernier contrat qui sert à établir le calcul, et ceci pour tous nos adhérents qui nous sollicitent sur le sujet.

    Formations en dehors du temps scolaire : Nous avons été attentifs à redire aux collègues le principe d’une formation obligatoire seulement sur temps de travail.

    CDIsation des agents administratifs : notre action contentieuse a amené un rectorat à proposer spontanément des primes à un agent administratif qu’il Cdise.

    Accompagnement syndical : nous imposons désormais que l’aide au recours des agents (en cas de contestation du résultat d’une opération de carrière) appartienne au périmètre entier du syndicalisme, et ne soit plus réservé à certains syndicats, cela suite à notre victoire devant le Conseil d’État sur cette question.

    Vérification des fiches de paye : en 2026,nous avons développé une aide en ligne ainsi qu’une formation visio sur la lecture des bulletins de salaire, après avoir constaté un grand déficit de connaissance à ce niveau parmi les collègues, notamment stagiaires et nouveaux entrants dans le fonctionnariat.

    Nos actions en cours

    Bien que la fin d’année scolaire marque un temps de bilan symbolique, bon nombre de nos actions ne s’arrêtent pas en juillet ! Nous continuons à porter encore de nombreuses actions en votre faveur, y compris devant la justice, en vue de nouvelles victoires pour 2027 : contestation des refus d’accès à l’étude de cas individuels dans le cadre de recours de mutations académiques, contestation du refus à l’ISSR et à l’ISOE pour les contractuels MAGE, Revendication de 100% de la prime REP /REP+ pour les AESH et AED,signalements d’irrégularités dans la circulaire de rentrée de Mayotte, etc.

    SNCL : l’ADN de notre syndicat

    La création de notre organisation remonte à avril 1910, d’abord sous la forme d’une association créée par des instituteurs de « cours complémentaires », militants de la laïcisation de l’école publique, puis, à partir de 1960, sous forme de syndicat. Depuis l’origine, les deux branches de l’ADN de notre organisation sont la laïcité et la démocratisation de l’enseignement, servies par une indépendance syndicale complète au service des personnels et des élèves dont ils ont la charge.

    Indépendance syndicale complète : nous ne recevons absolument aucune subvention et fonctionnons uniquement grâce aux cotisations de nos adhérents et aux décharges légales en équivalents temps plein obtenues par la voie des urnes, tous les quatre ans, lors des Élections professionnelles. Nous n’entretenons aucun lien ni aucune accointance avec un quelconque parti politique.

    Nos actions quotidiennes :

    Une information écrite loyale : nous sommes un des seuls syndicats à rédiger des fiches mémento incluant les textes de référence précis (lois, décrets, arrêtés, circulaires), rendues disponibles au public, parce que nous estimons que les personnels ont le droit à une information complète et vérifiable.

    Un bulletin national trimestriel et un mail mensuel d’actualité : nous vous aidons à déchiffrer les nouveaux ou anciens acronymes, nous vous informons des dernières actualités de l’éducation, nous vous tenons au courant de tous les dispositifs qui augmentent potentiellement votre pouvoir d’achat, nous vous rappelons les principes qui régissent les pouvoirs de la hiérarchie, nous vous aidons à résister à leurs excès…

    Un standard téléphonique général aux jours ouvrés et des contacts directs par mail, téléphone, SMS avec des militants tous les jours. Nous répondons selon les périodes de l’année dans les 48 heures à une demande d’information, à une demande d’étude préalable de situation concrète ; nous répondons dans la journée aux demandes les plus urgentes (y compris l’été).

    Les actions de défense individuelle des agents : notre syndicat propose une rédaction de courrier, trouve les noms des interlocuteurs à interpeller, propose de relire les textes rédigés par les agents eux-mêmes avant leur envoi, propose d’appeler les services rectoraux ou ministériels compétents.

    Les actions de défense écrite spécifiques : notre contrat d’adhésion contient la rédaction des recours gracieux, la rédaction des requêtes au tribunal administratif, l’explication détaillée des procédures ainsi que des actions de suivi régulier de l’avancement des dossiers auprès des services.

    Les actions de défense collective : nous dénonçons les décrets illégaux jusqu’au Conseil d’État ou jusqu’au Conseil Constitutionnel par la voie de la question prioritaire de constitutionnalité ou encore jusqu’à la Cour européenne des droits de l’Homme par la voie de la question préjudicielle.

    Nous répondons positivement aux invitations des nouveaux cabinets ministériels ainsi qu’aux commissions d’enquête parlementaire (Assemblée nationale et Sénat) afin de leur exposer une réalité du terrain qu’ils ignorent souvent et de leur proposer l’état de notre réflexion pour améliorer l’avenir de l’école.

    C’était un aperçu de ce qu’est et de ce à quoi sert le SNCL. Si vous approuvez notre forme de syndicat, montrez-le-nous en votant pour les listes du SNCL lors des prochaines Élections professionnelles, du 3 au 10 décembre 2026. Vous pouvez également vous engager à nos côtés en adhérant à notre syndicat (toute nouvelle cotisation est automatiquement valable jusqu’au 31 août 2027), en cliquant sur le lien suivant : https://sncl.fr/adherer

  • Prime « vie chère » dans les DROM : première victoire pour le SNCL !

    Le SNCL en manifestation, ici en Guadeloupe. Une foule de manifestants défile derrière une banderole du SNCL.

    Grâce à la mobilisation active du SNCL aux côtés d’autres syndicats, le gouvernement est amené à revoir sa copie concernant la prime « vie chère » attribuée aux personnels des DROM-COM. Cette prime devrait être versée à 100% pendant la première année d’un congé de longue maladie, au lieu des 33% versés actuellement depuis un décret paru en 2024.

    Le SNCL a toujours dénoncé le caractère profondément inique et injustifié de ce décret (voir notre dernier article), car la vie chère ne s’arrête pas lorsque l’on est en congé maladie. Au contraire, cela revenait à infliger une double peine à des collègues déjà en difficulté, et constituait une discrimination inacceptable. 

    Les multiples recours entrepris et les actions de grève que nous avons maintenues dans la durée portent donc leurs fruits. Prudence toutefois : contrairement à ce qu’annoncent d’autres syndicats, pressés de s’arroger la victoire, il ne s’agit que d’un premier pas qu’il reste à confirmer. En effet, l’amendement adopté au Conseil commun de fonction publique le 18 juin 2026 pour avis consultatif n’est qu’une proposition de modification du décret de 2024. Cette modification est encore à entériner, normalement d’ici le 1er septembre : le SNCL veillera jusqu’au bout à ce qu’elle le soit.

    Nous restons par ailleurs vigilants concernant la situation des collègues qui s’étaient vu réclamer un remboursement partiel de cette prime pour cause de « trop-perçu », et nous les accompagnerons jusqu’à ce qu’ils obtiennent réparation. Nous avons également une pensée émue pour les collègues chez qui ces demandes de remboursement ont déjà entrainé des conséquences tragiques et irréparables.

    N’hésitez pas à contacter le SNCL pour un suivi personnalisé si vous êtes concerné :

    Teddy Tancons

    sncl.guada97@orange.fr

    05 90 83 40 91

    Cette première victoire prouve que l’action collective peut être suivie d’effet et reste indispensable pour garantir les droits de chacun. Ensemble, continuons à nous défendre.

  • Mouvement intra 2026 : un recours est possible

    Bouton d'arrêt rouge sur lequel est inscrit "HELP".

    Toutes les académies ont maintenant fait connaitre les résultats des mutations intra-académiques 2026. Si vous n’avez pas obtenu satisfaction, un recours est possible.

    Depuis la suppression des commissions paritaires, l’administration décide seule en toute opacité du résultat du mouvement. De nombreuses erreurs et injustices en découlent et les résultats apportent chaque année leur lot de mauvaises surprises : toutefois, si vous obtenez une affectation en dehors des vœux que vous avez exprimés ou si vous n’avez pas obtenu de mutation, vous pouvez déposer un recours.

    L’application COLIBRIS est l’interface à utiliser pour déposer votre recours. Le lien se trouve à la fin du message vous annonçant votre résultat de mutation.

    De plus, si vous avez obtenu une mutation correspondant à l’un de vos vœux mais qu’il ne s’agit pas de  votre 1er vœu, il peut tout de même y avoir matière à former un recours dans certaines situations : le respect du barème et de la procédure ne peut plus être garanti par la procédure automatisée, surtout lorsqu’elle n’est plus surveillée par vos représentants syndicaux.

    Dans tous les cas, vous avez deux mois après la notification pour agir et mandater le SNCL pour vous représenter auprès des services de la DSDEN. Avant de vous lancer dans cette procédure, votre premier réflexe doit être d’adresser copie de votre résultat accompagnée d’une explication de votre situation au SNCL. Contactez-nous afin que nous puissions vous conseiller et évaluer ensemble la meilleure stratégie à adopter.

    J’ai besoin d’aide pour un recours, je contacte le SNCL : communication@sncl.fr

  • Le SNCL auditionné au Sénat sur la réforme des REP et REP+

    Une séance au Sénat

    Le 12 mai 2026, le SNCL a été auditionné au Sénat dans le cadre des travaux préparatoires relatifs à la proposition de loi portant réforme des critères d’attribution de l’éducation prioritaire. Cette audition a permis au SNCL de rappeler plusieurs principes essentiels concernant l’avenir des réseaux REP et REP+.

    La carte actuelle de l’éducation prioritaire, inchangée depuis 2014, présente aujourd’hui des limites réelles, chacun en convient. Certains territoires ruraux ou certaines écoles isolées demeurent insuffisamment pris en compte malgré des difficultés sociales et scolaires importantes. Le SNCL ayant été invité au Sénat afin de présenter ses positions, nous avons donc saisi cette opportunité pour défendre la nécessité d’une réflexion sur l’actualisation des critères et sur une meilleure prise en compte des réalités territoriales. Notre syndicat était représenté par son secrétaire général, Norman GOURRIER.

    Bien que le ministre actuel Edouard Geffray, ait déjà confessé que le gouvernement n’interviendrait pas sur ce sujet pour le moment (trop explosif à moins d’un an des élections présidentielles), le SNCL a tenu à saluer la volonté sénatoriale d’inscrire enfin l’éducation prioritaire dans un cadre législatif plus stable et plus transparent. Cette sécurisation juridique constitue un enjeu important pour les établissements comme pour les personnels, justement pour que la nécessaire actualisation des moyens au fil des années ne soit pas sacrifiée ou repoussée au gré de l’agenda politique.

    Toutefois, nous avons exprimé de fortes réserves concernant le projet de faire des évaluations nationales à l’entrée en 6e le principal critère d’attribution des moyens. En effet, pour le SNCL, ces évaluations constituent avant tout des outils diagnostiques et pédagogiques, dont les résultats sont sujets à caution, et les déroulements d’un établissement à un autre bien loin d’être équitables. Elles ne peuvent, à elles seules, devenir le fondement d’une politique d’allocation budgétaire et statutaire.

    Le SNCL a alerté les sénateurs sur plusieurs risques majeurs : focalisation excessive sur les compétences évaluées, pression accrue sur les équipes pédagogiques, hétérogénéité des conditions de passation, mais aussi risque de voir les secteurs d’enseignement les plus efficaces pénalisés par leur propre réussite : comme nous l’avons souligné lors de l’audition, il serait parfaitement contre-productif qu’un établissement qui parvient à faire progresser ses élèves perde ses moyens parce que ses résultats s’améliorent.

    Le SNCL a défendu à la place une approche plurifactorielle reposant à la fois sur des critères sociaux, territoriaux et scolaires contextualisés. Les indicateurs sociaux et territoriaux doivent rester centraux, mais de nouveaux peuvent s’y ajouter, comme le pourcentage de décrocheurs et le nombre de dossiers PAP ou PPRE suivis.

    Comment réviser la carte des REP sans dommages collatéraux ?

    Nous avons également insisté sur les conséquences humaines et professionnelles des révisions de carte. Toute réforme des REP et REP+ a des effets directs sur l’attractivité des postes, les conditions de travail et la stabilité des équipes pédagogiques.

    Le SNCL a donc demandé que toute éventuelle révision périodique de la carte soit accompagnée :

    – d’une véritable concertation avec les représentants syndicaux ;

    – de garanties transitoires pour les personnels concernés ;

    – d’un maintien temporaire des régimes indemnitaires en cas de sortie du dispositif ; Enfin, le SNCL a rappelé qu’une réforme de l’éducation prioritaire ne pouvait se résumer à une redistribution des moyens existants entre territoires déjà fragilisés. La question des moyens supplémentaires demeure donc centrale. Cette audition nous a permis de porter la voix des personnels et de rappeler qu’une politique d’éducation prioritaire efficace doit conjuguer équité territoriale, justice sociale et stabilité des équipes éducatives.

  • Prime d’activité et prime d’attractivité, y avez-vous droit ?

    Ces deux primes aux noms proches peuvent vite nous induire en erreur, au risque de passer à côté de l’une d’elle… Le SNCL fait le point.

    La prime d’activité vient compléter les revenus professionnels. Elle a pour objet d’inciter les travailleurs aux ressources modestes à exercer ou reprendre une activité professionnelle, et à soutenir leur pouvoir d’achat.

    Pour qui ? Tout travailleur majeur et aux ressources de moins de 2000€ nets par mois peut y prétendre, autant dire un bon nombre des salariés de l’éducation nationale, notamment parmi les AED, AESH, agents administratifs et techniques.

    Il faut en faire la demande auprès de la Caf. Son montant dépend de votre salaire et d’un ensemble de critères liés à votre situation personnelle. Il est possible d’effectuer une simulation sur le site de la Caf.

    Vous trouverez tous les détails et conditions spécifiques dans notre fiche mémento n°8493.

    La prime d’attractivité a vocation à renforcer l’attractivité des métiers de l’enseignement en majorant légèrement les salaires, notamment en début et milieu de carrière. Elle apparait sur les bulletins de salaire sous la mention de « Prime Grenelle ». Créée en 2021, elle a été revalorisée en 2023.

    Pour qui ?

    • Les personnels enseignants, CPE, PsyEN titulaires comme contractuels

    • En écoles, collèges et lycées

    Son montant dépend uniquement de votre statut (titulaire ou contractuel) et de votre échelon. Retrouvez le tableau des différents montants, ainsi que les informations sur les situations particulières dans notre fiche n° 8492.

    Que vous soyez concerné par l’une ou l’autre, vérifiez que vous percevez bien la prime qui vous est due, et le cas échéant faites valoir vos droits ! Le SNCL vous accompagne.

  • Enseignement privé : l’État va-t-il reprendre la main ?

    Une salle de classe vide.

    Deux annonces importantes du gouvernement ces derniers jours semblent dessiner un tournant politique : après plusieurs années de développement rapide et incontrôlé du secteur privé, l’exécutif entendrait renforcer à la fois la régulation de l’enseignement supérieur privé et les contrôles dans le privé sous contrat. Pour le SNCL, ces évolutions traduisent une prise de conscience bien tardive, à laquelle le gouvernement ne se soumet que par la contrainte, après l’accumulation de faits graves révélés dans les médias : l’éducation ne saurait en aucun cas devenir un marché dérégulé, financé massivement par l’argent public sans contrôle suffisant de la qualité pédagogique, des conditions d’enseignement et de l’utilisation des fonds publics.


    Vers une régulation renforcée du supérieur privé ?
    Auditionné au Sénat le 13 mai, le ministre de l’Enseignement supérieur Philippe Baptiste a défendu le projet de loi sur la régulation de l’enseignement supérieur privé, dont l’examen parlementaire va débuter le 1er juin. Le ministre assume clairement l’objectif du texte : répondre à “l’accélération du développement” du privé lucratif, largement favorisée depuis la réforme de l’apprentissage de 2018. Cette croissance s’est accompagnée de nombreuses dérives désormais bien identifiées : promesses de diplômes peu lisibles, marketing agressif, frais d’inscription contestables, formations insuffisamment encadrées ou encore captation massive des financements publics de l’apprentissage…


    Quelques chiffres résument l’enjeu :
    • L’apprentissage représente aujourd’hui près de 10 milliards d’euros de financements publics ; c’est-à-dire environ 15% du budget global consacré à la mission de l’enseignement scolaire ! Un chiffre à mettre en perspective avec la baisse, en vingt ans, de la part de ce budget consacré à la rémunération des professeurs, passant de 32% à 25%. En d’autres termes, les augmentations de nos salaires qu’aurait justifiées l’inflation ces vingt dernières années n’ont pas eu lieu, pour pouvoir financer la hausse du coût de l’apprentissage.
    • le crédit impôt recherche (CIR) représente environ 8 milliards supplémentaires ;
    • une part croissante de ces financements bénéficie à des acteurs privés comme les entreprises impliquées, dont le contrôle reste très limité.


    Le gouvernement souhaite désormais instaurer deux niveaux de reconnaissance officielle des établissements privés : un agrément de l’État et un statut de partenariat reconnu. L’inscription des formations sur Parcoursup deviendrait alors un marqueur central de cette reconnaissance.

    Le ministère mise également sur un “Qualiopi renforcé” — parfois appelé “Qualiopi+” — pour mieux contrôler les formations financées par l’apprentissage. Le ministre a lui-même reconnu que les contrôles actuels restent largement insuffisants : existence réelle d’enseignants permanents, contenu pédagogique des formations ou encore qualité académique ne sont aujourd’hui pas systématiquement vérifiés.


    Autre sujet sensible : l’utilisation de termes comme “Bachelor”, “Mastère” ou “Master of Science” par des établissements délivrant des diplômes sans grade universitaire reconnu par l’État. Le ministère envisage désormais un encadrement plus strict de ces appellations afin de limiter les pratiques commerciales trompeuses. Le SNCL alerte d’ailleurs depuis plusieurs années sur les conséquences d’une logique de mise en concurrence généralisée de l’enseignement supérieur, dans laquelle l’étudiant devient parfois davantage un “client” qu’un apprenant.


    Contrôles du privé sous contrat : près d’un tiers des établissements rappelés à l’ordre
    Parallèlement, le ministère de l’Éducation nationale a publié un premier bilan du vaste plan de contrôle des établissements privés sous contrat lancé après l’affaire Bétharram. Selon le ministre Édouard Geffray, 1 135 contrôles ont déjà été achevés, 400 sont en cours et 900 supplémentaires sont programmés d’ici la fin de l’année.
    Au total, près de 29 % des contrôles réalisés ou engagés ont donné lieu à au moins une mise en demeure. Un chiffre édifiant ! Les manquements constatés concernent notamment :

    • des irrégularités administratives (21 %) ;
    • des insuffisances pédagogiques (20 %) ;
    • des problèmes de sécurité (15 %) ;
    • des usages contestables des financements publics (14 %) ;
    • ou encore le caractère obligatoire de l’instruction religieuse (10 %).


    Le ministère indique également avoir procédé à six signalements au procureur, dont certains pour des faits de maltraitance envers des élèves. Ces chiffres confirment l’ampleur de la dérive en cours, et la nécessité absolue de contrôles renforcés. Ils montrent aussi que le cadre actuel, longtemps présenté comme suffisamment régulé, comporte en réalité d’importantes zones de faiblesse. Pour le SNCL, l’État manque à ses devoirs à partir du moment où il ne peut apporter la garantie que les établissements privés respectent pleinement les programmes nationaux et les exigences élémentaires de qualité pédagogique, tout comme les obligations de sécurité et le respect des règles relatives à l’utilisation des fonds publics. Enfin, le bien-être des élèves dans ces établissements reste un point qui ne peut être occulté.


    Quelle place pour le privé dans l’éducation française de demain ?
    Tous ces éléments révèlent une interrogation de fond : jusqu’où l’État peut-il déléguer des missions éducatives tout en conservant un contrôle effectif de la qualité des formations et de l’utilisation de l’argent public ? Dans un monde idéal, l’instruction publique devrait pouvoir mener à bien ses missions avec une rigueur et une exigence suffisantes pour répondre à toutes les attentes de la population. Pour le SNCL, l’enseignement privé ne prospère aujourd’hui que dans l’ombre des renoncements imposés à l’enseignement public. Mais lorsque des établissements perçoivent des financements publics et vont jusqu’à délivrer des formations fictives compromettant l’avenir des jeunes, il ne s’agit même plus d’une question idéologique : l’État doit intervenir urgemment pour la protection des élèves et des étudiants, dont les conditions d’étude et les exigences scolaires ne sauraient être sacrifiées à des logiques purement commerciales.

  • AESH : pas de généralisation des PAS, création du « livret de parcours inclusif »

    Une AESH aide une élève épanouie à réaliser son exercice.

    Les débats parlementaires autour de la proposition de loi sur le « parcours inclusif », durant ce mois de mai, ont remis au centre des discussions la question de l’avenir des AESH et des moyens réellement accordés à l’école inclusive.

    Premier résultat du retour de la loi devant les députés : le projet de généralisation des PAS (Pôles d’Appui à la Scolarité), destinés à remplacer progressivement les PIAL, a finalement été retiré du texte lors de son examen en commission. De nombreux élus ont dénoncé un dispositif mis en place trop rapidement, sans bilan sérieux ni garanties suffisantes pour les élèves comme pour les personnels.

    Pour le SNCL, cela va tout à fait dans le sens de nos propres constatations (que nous avons déjà eu l’occasion d’exposer lors de nos numéros précédents, notamment lors des réunions de bilan ministérielles sur le sujet auxquelles le SNCL avait été convié). Cette décision d’abandon montre surtout que l’école inclusive ne peut pas continuer à se construire dans la précipitation, sans concertation réelle avec les personnels de terrain ni sans une analyse fine de l’existant.

    La question essentielle de la formation des AESH

    Les échanges ont également mis en lumière une réalité que les AESH connaissent depuis longtemps : la formation actuelle reste largement insuffisante face à la variété des situations auxquelles sont confrontés ces personnels.

    Plusieurs amendements ont été adoptés dans ce sens, insistant désormais davantage sur le renforcement de la formation initiale et le développement de la formation continue. Ils encouragent également une meilleure préparation avant la prise de poste et la mise en place de formations adaptées à la diversité des situations de handicap rencontrées dans les établissements. Les 60 heures de formation actuellement prévues ne permettent pas d’exercer sereinement des missions de plus en plus complexes.

    Pour le SNCL, ces évolutions du texte forment une étape importante, mais elles devront impérativement être suivies d’effets concrets. Une véritable politique de formation nécessite a minima des contenus adaptés aux réalités professionnelles, qui ne se rédigent pas du jour au lendemain.

    L’école inclusive ne peut pas reposer sur la seule bonne volonté des personnels

    Les discussions ont également rappelé les difficultés persistantes rencontrées dans les établissements : manque, évidemment, d’AESH, se traduisant par des accompagnements incomplets ou des mutualisations excessives ; une coordination insuffisante avec le secteur médico-social et une quasi-absence de visibilité pour les familles et les professeurs. La mise en place du livret du « Parcours inclusif » peut en ce sens être une bonne chose, et jouer le rôle de facilitateur dans les échanges d’informations entre toutes les parties. Cet outil devrait réunir toutes les informations utiles sur chaque élève inscrit dans le parcours, et devrait être consultable par tous les adultes impliqués dans sa scolarité

    Les revendications du SNCL

    Quoi qu’il en soit, le développement de l’école inclusive ne peut pas se résumer à des réorganisations administratives ou à des outils numériques. Sans recrutements, sans formation renforcée et sans amélioration des conditions de travail, les personnels continueront à porter seuls les insuffisances du système ; un système qui atteint aussi ses limites et devrait amener chacun à reconnaitre que le tout inclusif ne peut être tenable à long terme, principalement au vu de l’explosion du nombre de diagnostics de besoins spécifiques posés sur les enfants des nouvelles générations. Une augmentation constante et qui ne montre aucun signe de faiblesse…

    Le SNCL, dans ce contexte continuera de défendre :

    • Une véritable reconnaissance financière du métier d’AESH ;

    • Une formation initiale et continue renforcée et des temps de formation intégrés au temps de travail pour ces derniers ;

    • Des moyens humains suffisants pour garantir un accompagnement de qualité aux élèves ;

    • Le déploiement de structures alternatives à l’inclusion en classe, pour servir de relais et/ou de passerelles au gré des besoins particuliers de chaque élève.

    • Le déploiement d’outils de communication efficaces dont le poids administratif ne doit retomber ni sur les écoles, ni sur leurs enseignants.

    Les AESH sont aujourd’hui indispensables au fonctionnement quotidien de l’école : mais il faut encore inventer les solutions qui permettront d’aboutir, demain, à une inclusion rationnelle et efficiente.

  • Baisse démographique : anticiper et limiter les conséquences pour l’Éducation nationale

    Un diagramme en bâtons inspecté à la loupe.

    L’année 2025 aura connu 645 000 naissances et 651 000 décès, d’après l’INSEE. Entre 2019 et 2029, les écoles auront perdu près de 1 million d’élèves estime Édouard Geffray, ministre de l’Éducation nationale.

    Face à ce constat, une certaine ligne de conduite commence à se dessiner au ministère : « amortir les effets de la chute démographique en fermant le moins possible, en limitant le nombre d’élèves par classe et, en même temps, engager […] une réflexion pour repenser l’offre scolaire sur le territoire », selon les propres mots du ministre.

    D’ici à 2040, ce ne sont en effet pas moins de deux millions d’élèves qui manqueront dans nos classes, par rapport aux effectifs actuels.

    Dans un contexte de contraintes sur les finances publiques, cette évolution pose la question d’un ajustement de la dépense éducative : faut-il réduire le nombre d’enseignants pour réaliser des économies budgétaires, ou saisir cette opportunité pour améliorer les conditions d’apprentissage en réduisant la taille des classes ?

    La France investit relativement peu dans l’école primaire par rapport à ses voisins européens et les classes demeurent parmi les plus chargées malgré la mise en place des CP/CE1 dédoublés en zone prioritaire. La baisse démographique permettrait une réduction de la taille des classes plus facilement. Cependant cette baisse est parfois très inégale selon les territoires, par exemple entre Paris et la Seine St Denis : diminution du nombre d’élèves scolarisés en primaire à Paris, contrairement au département voisin qui augmente ses effectifs mais ne bénéficie pas d’un meilleur taux d’encadrement.

    Par ailleurs, la « vague » selon les mots du ministre, atteint déjà le second degré.  Pour pallier les difficultés des territoires ruraux et péri-urbains, Edouard Geffray relance l’idée de l’école du socle ou école-collège afin de mutualiser les moyens du premier et second degré. Il veut engager une réflexion sur l’évolution des missions des enseignants et des corps d’encadrement, afin de renforcer la continuité des apprentissages dans des territoires confrontés à une forte baisse démographique. En ce sens, le bulletin officiel du 15 janvier 2026 entérine la « transformation des observatoires des dynamiques rurales en observatoires des dynamiques rurales et territoriales et l’extension de leur champ à l’ensemble du territoire national ».

    Mais attention, car ce qui pourrait être engagé à titre dérogatoire pour plus de souplesse et d’adaptation à la situation d’un territoire risque aussi de remettre en cause le statut et les missions des enseignants de collège, voire de lycée, sur l’ensemble des académies.

    À l’avenir c’est toute l’Éducation nationale de la maternelle à l’université qui sera confrontée à ce défi.

    Il est donc absolument nécessaire d’anticiper et de mettre en place une réflexion globale pour tirer parti de cette baisse inéluctable des effectifs scolaires, et faire de ce problème une opportunité.

  • Mouvement 2026 : résultats de l’inter, début de l’intra

    Cette opération de gestion revêt une importance cruciale tout particulièrement pour les stagiaires : elle fixera leurs conditions de travail ainsi que leur cadre de vie pour l’ensemble de la future année scolaire.

    1. Phase inter-académique

    Les résultats du mouvement seront annoncés le mercredi 11 mars aux participants sur I-prof et pour ceux ayant renseigné un téléphone portable par SMS.

    En privilégiant les postes spécifiques et à profil, l’administration ouvre la voie à des décisions arbitraires. Le SNCL s’oppose à cette tendance qui va à l’encontre du principe de transparence.

    Si vous n’êtes pas satisfait de votre résultat de mutation, contactez-nous.

    En effet, les participants peuvent déposer un recours individuel dans un délai de 2 mois suivant le résultat, soit au plus tard le 11 mai 2026.

    1. Phase intra-académique

    Pour la phase intra-académique, le calendrier des demandes sur I-prof SIAM est fixé par chaque recteur d’académie. Toutefois le ministère préconise une ouverture des serveurs à partir du 16 mars (mais la date effective est définie par chaque rectorat).

    N’oubliez pas que l’essentiel du mouvement se fait sur des postes libérés en cours de mouvement. N’hésitez pas à demander un poste qui vous intéresse, même s’il n’apparaît pas vacant sur les documents académiques.

    Les demandes se feront exclusivement par le portail internet i-Prof.


    Il est absolument indispensable de prendre contact avec le responsable SNCL de l’académie qui vous conseillera dans l’organisation de vos vœux. En effet, il n’y aura plus de vérification des barèmes par les représentants du personnel. Ce n’est plus une compétence de la CAPA.
    La moindre erreur de calcul de l’administration, ou un oubli de pièces justificatives de votre part, peut faire varier considérablement votre barème et mettre en péril votre projet de mutation.
    Une question ? contactez-nous sur le numéro dédié : 06 77 15 51 77

    Qui participe ?

    • Tous les collègues nommés dans une académie à la suite de la phase inter du mouvement (sauf sur poste spécifique national) devront obligatoirement recevoir une affectation dans cette académie et donc formuler une demande.
    • Les collègues dont le poste est supprimé à la rentrée 2026 (mesure de carte scolaire) doivent obligatoirement participer au mouvement intra (avec 1 500 points de priorité sur les vœux : ancien établissement, commune de cet établissement, département de cet établissement et académie).
    • Les stagiaires déjà titulaires d’un autre corps de personnels enseignants, d’éducation ou d’orientation, qui n’ont pu être maintenus sur leur poste, participent aussi, obligatoirement, au mouvement de l’académie (avec une priorité de 1 000 points sur le vœu département d’affectation précédent, priorité éventuellement étendue au vœu « tout poste » dans l’académie).
    • Les personnels gérés hors académie (détachement, affectation en C.O.M. ou en Andorre, en École Européenne) ou mis à disposition qui ont fait connaître leur intention de réintégrer leur ancienne académie, dès la phase inter-académique du mouvement, participent à la phase intra avec une priorité de 1 000 points sur le vœu département d’affectation précédent, éventuellement étendue au vœu « tout poste » dans l’académie.

    Tous les collègues cités ci-dessus recevront obligatoirement une nouvelle affectation, y compris en extension s’ils n’obtiennent pas l’un des vœux (jusqu’à 20 voire 25 ou 30 selon les académies) qu’ils auront formulés. Afin d’éviter cette procédure, il faut utiliser au maximum les possibilités de vœux.

    • Tous les titulaires de l’académie (y compris les ex-stagiaires maintenus sur leur poste) qui souhaitent changer d’affectation participent au mouvement intra. S’ils n’obtiennent pas satisfaction, ils conservent leur poste actuel.

    Les collègues qui étaient en disponibilité ou en congé avec perte de poste, en réadaptation… gérés par l’académie et qui souhaitent y retrouver un poste doivent, pour l’obtenir, participer au mouvement intra.

    Vous avez une question ou souhaitez-vous faire accompagner par le SNCL ? Contactez-nous sur le numéro dédié : 06 77 15 51 77

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  • Lycée : un retour à l’autorité est-il possible ?

    Un enseignant face à une salle de classe.

    Après des décennies de laxisme et d’ultra-bienveillance, le ministère semble vouloir durcir le ton et les règles dans les lycées. Plusieurs mesures et projets vont dans ce sens mais, dans une société qui a évolué, il est clair que le retour à une autorité à l’ancienne semble difficile voire impossible et on peut se demander si les mesures envisagées seront suivies d’effet. Si les acteurs sur le terrain ne suivent pas, les mesures lancées resteront lettre morte.

    Parmi elles, le ministère entend renforcer le rôle des professeurs de lycée souvent confrontés tant à de la violence qu’à diverses intimidations depuis la mise en place du contrôle continu au baccalauréat.

    Ainsi l’Institution mise-t-elle sur le soutien indéfectible des supérieurs hiérarchiques face à des parents et des élèves trop souvent vindicatifs. A travers la protection fonctionnelle octroyée aux agents d’État, le ministère veut faire croire qu’il rend systématique le soutien juridique et administratif aux personnels menacés ou agressés. Mais est-ce toujours le cas dans un système qui a du mal à se détacher du « pas de vague », où l’on achète encore trop souvent la paix sociale en étouffant les affaires plutôt qu’en les dénonçant ?

    Le SNCL encourage ses adhérents et sympathisants à demander le recours à la protection fonctionnelle systématique en cas de besoin et assure qu’il apportera son soutien aux collègues concernés.

    Les fouilles et contrôles aux abords des établissements à travers des opérations de sécurisation sont censés permettre un repérage des fauteurs de trouble en possession d’armes, mais les moyens humains s’avèrent bien insuffisants pour les rendre systématiques, et beaucoup se retrouvent dans l’enceinte des lycées avec des objets prohibés et dangereux. Bien que les procédures pour accélérer les sanctions en cas d’intrusions et de port d’armes aient été simplifiées, combien de chefs d’établissement jouent réellement le jeu et convoquent des conseils de discipline avec exclusion définitive ?

    L’opération « portable en pause » mise en place en collège est censée être étendue à tous les lycées dès la rentrée 2026, volonté politique et mesure emblématique d’un projet de loi d’interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans.

    Si cette mesure part d’une vraie volonté de pause numérique en favorisant la concentration en cours et en offrant un temps de déconnexion lors du temps scolaire, est-elle réellement réalisable dans une société hyperconnectée et dans laquelle le smartphone fait naître de nouvelles formes d’addiction chez nos adolescents ? Cette mesure permettrait en effet de limiter les prises de photos ou de vidéos en cours, phénomène nouveau qui nuit à la sérénité des cours en lycée.

    Cette mesure, si elle est mise en place à la rentrée prochaine, va se heurter à de nombreuses difficultés et on peut s’interroger sur sa pertinence. Elle va susciter de nouvelles tensions avec les élèves récalcitrants et sa mise en œuvre semble complexe : la gestion des portables rangés dans des casiers ou leur stockage va inévitablement poser des problèmes de vol, de perte et surtout de perte de temps à l’entrée en cours. Elle sera aussi source de conflits et de réclamations si par malheur le portable se trouve endommagé ou si l’élève prétend qu’il l’a été ! Nouvelle complexité à laquelle les professeurs et chefs d’établissement ne pourront pas faire face.

    Par ailleurs, le smartphone est souvent utilisé comme outil pédagogique et son utilisation a été encouragée pour accéder à PRONOTE à travers l’application Client Pronote ! Nous voilà à nouveau en pleine injonction contradictoire.

    Dernière mesure visant à restaurer un peu d’autorité aux enseignants et de valeur au baccalauréat : les conditions d’accès aux épreuves de rattrapage du Bac seront durcies pour renforcer l’exigence du diplôme !

    Après des décennies de laisser-aller et de consignes de largesse relayées par les corps d’inspection, voici une tentative pour redorer le blason du fameux sésame !

    Avec plus de 90 % de réussite à la session 2025 toutes filières confondues et 96 % en filière générale, sans compter l’inflation des mentions (près de 59 % des candidats en ont obtenu une en 2025…), le ministère s’est donc penché sur un moyen de redonner un peu de crédibilité à cet examen.

    À partir de la session 2026, le seuil incompressible de 8/20 sera exigé pour accéder aux épreuves de rattrapage, ce qui signifie donc que le seuil de 7.9/20 sera éliminatoire.

    Par ailleurs le « coup de pouce » accordé par les jurys lors des délibérations sera plafonné à 0.5 point sur la moyenne générale, ce qui semble encore bien généreux ! Enfin le ministère souhaite qu’une attention plus stricte soit portée à l’orthographe et à la syntaxe, mais sans donner de directives plus précises.

    Reste à savoir si les consignes données seront transmises et respectées par les différents jurys habitués depuis des années à accorder de nombreux « cadeaux » sous la forme de points octroyés à des élèves qui souvent n’ont fourni aucun effort pendant l’année.

    Ces mesures en demi-teinte semblent bien insuffisantes pour restaurer une autorité et un rayonnement perdu depuis longtemps.