SNCL

Syndicat National des Collèges et des Lycées

  • Le SNCL auditionné au Sénat sur la réforme des REP et REP+

    Une séance au Sénat

    Le 12 mai 2026, le SNCL a été auditionné au Sénat dans le cadre des travaux préparatoires relatifs à la proposition de loi portant réforme des critères d’attribution de l’éducation prioritaire. Cette audition a permis au SNCL de rappeler plusieurs principes essentiels concernant l’avenir des réseaux REP et REP+.

    La carte actuelle de l’éducation prioritaire, inchangée depuis 2014, présente aujourd’hui des limites réelles, chacun en convient. Certains territoires ruraux ou certaines écoles isolées demeurent insuffisamment pris en compte malgré des difficultés sociales et scolaires importantes. Le SNCL ayant été invité au Sénat afin de présenter ses positions, nous avons donc saisi cette opportunité pour défendre la nécessité d’une réflexion sur l’actualisation des critères et sur une meilleure prise en compte des réalités territoriales. Notre syndicat était représenté par son secrétaire général, Norman GOURRIER.

    Bien que le ministre actuel Edouard Geffray, ait déjà confessé que le gouvernement n’interviendrait pas sur ce sujet pour le moment (trop explosif à moins d’un an des élections présidentielles), le SNCL a tenu à saluer la volonté sénatoriale d’inscrire enfin l’éducation prioritaire dans un cadre législatif plus stable et plus transparent. Cette sécurisation juridique constitue un enjeu important pour les établissements comme pour les personnels, justement pour que la nécessaire actualisation des moyens au fil des années ne soit pas sacrifiée ou repoussée au gré de l’agenda politique.

    Toutefois, nous avons exprimé de fortes réserves concernant le projet de faire des évaluations nationales à l’entrée en 6e le principal critère d’attribution des moyens. En effet, pour le SNCL, ces évaluations constituent avant tout des outils diagnostiques et pédagogiques, dont les résultats sont sujets à caution, et les déroulements d’un établissement à un autre bien loin d’être équitables. Elles ne peuvent, à elles seules, devenir le fondement d’une politique d’allocation budgétaire et statutaire.

    Le SNCL a alerté les sénateurs sur plusieurs risques majeurs : focalisation excessive sur les compétences évaluées, pression accrue sur les équipes pédagogiques, hétérogénéité des conditions de passation, mais aussi risque de voir les secteurs d’enseignement les plus efficaces pénalisés par leur propre réussite : comme nous l’avons souligné lors de l’audition, il serait parfaitement contre-productif qu’un établissement qui parvient à faire progresser ses élèves perde ses moyens parce que ses résultats s’améliorent.

    Le SNCL a défendu à la place une approche plurifactorielle reposant à la fois sur des critères sociaux, territoriaux et scolaires contextualisés. Les indicateurs sociaux et territoriaux doivent rester centraux, mais de nouveaux peuvent s’y ajouter, comme le pourcentage de décrocheurs et le nombre de dossiers PAP ou PPRE suivis.

    Comment réviser la carte des REP sans dommages collatéraux ?

    Nous avons également insisté sur les conséquences humaines et professionnelles des révisions de carte. Toute réforme des REP et REP+ a des effets directs sur l’attractivité des postes, les conditions de travail et la stabilité des équipes pédagogiques.

    Le SNCL a donc demandé que toute éventuelle révision périodique de la carte soit accompagnée :

    – d’une véritable concertation avec les représentants syndicaux ;

    – de garanties transitoires pour les personnels concernés ;

    – d’un maintien temporaire des régimes indemnitaires en cas de sortie du dispositif ; Enfin, le SNCL a rappelé qu’une réforme de l’éducation prioritaire ne pouvait se résumer à une redistribution des moyens existants entre territoires déjà fragilisés. La question des moyens supplémentaires demeure donc centrale. Cette audition nous a permis de porter la voix des personnels et de rappeler qu’une politique d’éducation prioritaire efficace doit conjuguer équité territoriale, justice sociale et stabilité des équipes éducatives.

  • Prime d’activité et prime d’attractivité, y avez-vous droit ?

    Ces deux primes aux noms proches peuvent vite nous induire en erreur, au risque de passer à côté de l’une d’elle… Le SNCL fait le point.

    La prime d’activité vient compléter les revenus professionnels. Elle a pour objet d’inciter les travailleurs aux ressources modestes à exercer ou reprendre une activité professionnelle, et à soutenir leur pouvoir d’achat.

    Pour qui ? Tout travailleur majeur et aux ressources de moins de 2000€ nets par mois peut y prétendre, autant dire un bon nombre des salariés de l’éducation nationale, notamment parmi les AED, AESH, agents administratifs et techniques.

    Il faut en faire la demande auprès de la Caf. Son montant dépend de votre salaire et d’un ensemble de critères liés à votre situation personnelle. Il est possible d’effectuer une simulation sur le site de la Caf.

    Vous trouverez tous les détails et conditions spécifiques dans notre fiche mémento n°8493.

    La prime d’attractivité a vocation à renforcer l’attractivité des métiers de l’enseignement en majorant légèrement les salaires, notamment en début et milieu de carrière. Elle apparait sur les bulletins de salaire sous la mention de « Prime Grenelle ». Créée en 2021, elle a été revalorisée en 2023.

    Pour qui ?

    • Les personnels enseignants, CPE, PsyEN titulaires comme contractuels

    • En écoles, collèges et lycées

    Son montant dépend uniquement de votre statut (titulaire ou contractuel) et de votre échelon. Retrouvez le tableau des différents montants, ainsi que les informations sur les situations particulières dans notre fiche n° 8492.

    Que vous soyez concerné par l’une ou l’autre, vérifiez que vous percevez bien la prime qui vous est due, et le cas échéant faites valoir vos droits ! Le SNCL vous accompagne.

  • Enseignement privé : l’État va-t-il reprendre la main ?

    Une salle de classe vide.

    Deux annonces importantes du gouvernement ces derniers jours semblent dessiner un tournant politique : après plusieurs années de développement rapide et incontrôlé du secteur privé, l’exécutif entendrait renforcer à la fois la régulation de l’enseignement supérieur privé et les contrôles dans le privé sous contrat. Pour le SNCL, ces évolutions traduisent une prise de conscience bien tardive, à laquelle le gouvernement ne se soumet que par la contrainte, après l’accumulation de faits graves révélés dans les médias : l’éducation ne saurait en aucun cas devenir un marché dérégulé, financé massivement par l’argent public sans contrôle suffisant de la qualité pédagogique, des conditions d’enseignement et de l’utilisation des fonds publics.


    Vers une régulation renforcée du supérieur privé ?
    Auditionné au Sénat le 13 mai, le ministre de l’Enseignement supérieur Philippe Baptiste a défendu le projet de loi sur la régulation de l’enseignement supérieur privé, dont l’examen parlementaire va débuter le 1er juin. Le ministre assume clairement l’objectif du texte : répondre à “l’accélération du développement” du privé lucratif, largement favorisée depuis la réforme de l’apprentissage de 2018. Cette croissance s’est accompagnée de nombreuses dérives désormais bien identifiées : promesses de diplômes peu lisibles, marketing agressif, frais d’inscription contestables, formations insuffisamment encadrées ou encore captation massive des financements publics de l’apprentissage…


    Quelques chiffres résument l’enjeu :
    • L’apprentissage représente aujourd’hui près de 10 milliards d’euros de financements publics ; c’est-à-dire environ 15% du budget global consacré à la mission de l’enseignement scolaire ! Un chiffre à mettre en perspective avec la baisse, en vingt ans, de la part de ce budget consacré à la rémunération des professeurs, passant de 32% à 25%. En d’autres termes, les augmentations de nos salaires qu’aurait justifiées l’inflation ces vingt dernières années n’ont pas eu lieu, pour pouvoir financer la hausse du coût de l’apprentissage.
    • le crédit impôt recherche (CIR) représente environ 8 milliards supplémentaires ;
    • une part croissante de ces financements bénéficie à des acteurs privés comme les entreprises impliquées, dont le contrôle reste très limité.


    Le gouvernement souhaite désormais instaurer deux niveaux de reconnaissance officielle des établissements privés : un agrément de l’État et un statut de partenariat reconnu. L’inscription des formations sur Parcoursup deviendrait alors un marqueur central de cette reconnaissance.

    Le ministère mise également sur un “Qualiopi renforcé” — parfois appelé “Qualiopi+” — pour mieux contrôler les formations financées par l’apprentissage. Le ministre a lui-même reconnu que les contrôles actuels restent largement insuffisants : existence réelle d’enseignants permanents, contenu pédagogique des formations ou encore qualité académique ne sont aujourd’hui pas systématiquement vérifiés.


    Autre sujet sensible : l’utilisation de termes comme “Bachelor”, “Mastère” ou “Master of Science” par des établissements délivrant des diplômes sans grade universitaire reconnu par l’État. Le ministère envisage désormais un encadrement plus strict de ces appellations afin de limiter les pratiques commerciales trompeuses. Le SNCL alerte d’ailleurs depuis plusieurs années sur les conséquences d’une logique de mise en concurrence généralisée de l’enseignement supérieur, dans laquelle l’étudiant devient parfois davantage un “client” qu’un apprenant.


    Contrôles du privé sous contrat : près d’un tiers des établissements rappelés à l’ordre
    Parallèlement, le ministère de l’Éducation nationale a publié un premier bilan du vaste plan de contrôle des établissements privés sous contrat lancé après l’affaire Bétharram. Selon le ministre Édouard Geffray, 1 135 contrôles ont déjà été achevés, 400 sont en cours et 900 supplémentaires sont programmés d’ici la fin de l’année.
    Au total, près de 29 % des contrôles réalisés ou engagés ont donné lieu à au moins une mise en demeure. Un chiffre édifiant ! Les manquements constatés concernent notamment :

    • des irrégularités administratives (21 %) ;
    • des insuffisances pédagogiques (20 %) ;
    • des problèmes de sécurité (15 %) ;
    • des usages contestables des financements publics (14 %) ;
    • ou encore le caractère obligatoire de l’instruction religieuse (10 %).


    Le ministère indique également avoir procédé à six signalements au procureur, dont certains pour des faits de maltraitance envers des élèves. Ces chiffres confirment l’ampleur de la dérive en cours, et la nécessité absolue de contrôles renforcés. Ils montrent aussi que le cadre actuel, longtemps présenté comme suffisamment régulé, comporte en réalité d’importantes zones de faiblesse. Pour le SNCL, l’État manque à ses devoirs à partir du moment où il ne peut apporter la garantie que les établissements privés respectent pleinement les programmes nationaux et les exigences élémentaires de qualité pédagogique, tout comme les obligations de sécurité et le respect des règles relatives à l’utilisation des fonds publics. Enfin, le bien-être des élèves dans ces établissements reste un point qui ne peut être occulté.


    Quelle place pour le privé dans l’éducation française de demain ?
    Tous ces éléments révèlent une interrogation de fond : jusqu’où l’État peut-il déléguer des missions éducatives tout en conservant un contrôle effectif de la qualité des formations et de l’utilisation de l’argent public ? Dans un monde idéal, l’instruction publique devrait pouvoir mener à bien ses missions avec une rigueur et une exigence suffisantes pour répondre à toutes les attentes de la population. Pour le SNCL, l’enseignement privé ne prospère aujourd’hui que dans l’ombre des renoncements imposés à l’enseignement public. Mais lorsque des établissements perçoivent des financements publics et vont jusqu’à délivrer des formations fictives compromettant l’avenir des jeunes, il ne s’agit même plus d’une question idéologique : l’État doit intervenir urgemment pour la protection des élèves et des étudiants, dont les conditions d’étude et les exigences scolaires ne sauraient être sacrifiées à des logiques purement commerciales.

  • AESH : pas de généralisation des PAS, création du « livret de parcours inclusif »

    Une AESH aide une élève épanouie à réaliser son exercice.

    Les débats parlementaires autour de la proposition de loi sur le « parcours inclusif », durant ce mois de mai, ont remis au centre des discussions la question de l’avenir des AESH et des moyens réellement accordés à l’école inclusive.

    Premier résultat du retour de la loi devant les députés : le projet de généralisation des PAS (Pôles d’Appui à la Scolarité), destinés à remplacer progressivement les PIAL, a finalement été retiré du texte lors de son examen en commission. De nombreux élus ont dénoncé un dispositif mis en place trop rapidement, sans bilan sérieux ni garanties suffisantes pour les élèves comme pour les personnels.

    Pour le SNCL, cela va tout à fait dans le sens de nos propres constatations (que nous avons déjà eu l’occasion d’exposer lors de nos numéros précédents, notamment lors des réunions de bilan ministérielles sur le sujet auxquelles le SNCL avait été convié). Cette décision d’abandon montre surtout que l’école inclusive ne peut pas continuer à se construire dans la précipitation, sans concertation réelle avec les personnels de terrain ni sans une analyse fine de l’existant.

    La question essentielle de la formation des AESH

    Les échanges ont également mis en lumière une réalité que les AESH connaissent depuis longtemps : la formation actuelle reste largement insuffisante face à la variété des situations auxquelles sont confrontés ces personnels.

    Plusieurs amendements ont été adoptés dans ce sens, insistant désormais davantage sur le renforcement de la formation initiale et le développement de la formation continue. Ils encouragent également une meilleure préparation avant la prise de poste et la mise en place de formations adaptées à la diversité des situations de handicap rencontrées dans les établissements. Les 60 heures de formation actuellement prévues ne permettent pas d’exercer sereinement des missions de plus en plus complexes.

    Pour le SNCL, ces évolutions du texte forment une étape importante, mais elles devront impérativement être suivies d’effets concrets. Une véritable politique de formation nécessite a minima des contenus adaptés aux réalités professionnelles, qui ne se rédigent pas du jour au lendemain.

    L’école inclusive ne peut pas reposer sur la seule bonne volonté des personnels

    Les discussions ont également rappelé les difficultés persistantes rencontrées dans les établissements : manque, évidemment, d’AESH, se traduisant par des accompagnements incomplets ou des mutualisations excessives ; une coordination insuffisante avec le secteur médico-social et une quasi-absence de visibilité pour les familles et les professeurs. La mise en place du livret du « Parcours inclusif » peut en ce sens être une bonne chose, et jouer le rôle de facilitateur dans les échanges d’informations entre toutes les parties. Cet outil devrait réunir toutes les informations utiles sur chaque élève inscrit dans le parcours, et devrait être consultable par tous les adultes impliqués dans sa scolarité

    Les revendications du SNCL

    Quoi qu’il en soit, le développement de l’école inclusive ne peut pas se résumer à des réorganisations administratives ou à des outils numériques. Sans recrutements, sans formation renforcée et sans amélioration des conditions de travail, les personnels continueront à porter seuls les insuffisances du système ; un système qui atteint aussi ses limites et devrait amener chacun à reconnaitre que le tout inclusif ne peut être tenable à long terme, principalement au vu de l’explosion du nombre de diagnostics de besoins spécifiques posés sur les enfants des nouvelles générations. Une augmentation constante et qui ne montre aucun signe de faiblesse…

    Le SNCL, dans ce contexte continuera de défendre :

    • Une véritable reconnaissance financière du métier d’AESH ;

    • Une formation initiale et continue renforcée et des temps de formation intégrés au temps de travail pour ces derniers ;

    • Des moyens humains suffisants pour garantir un accompagnement de qualité aux élèves ;

    • Le déploiement de structures alternatives à l’inclusion en classe, pour servir de relais et/ou de passerelles au gré des besoins particuliers de chaque élève.

    • Le déploiement d’outils de communication efficaces dont le poids administratif ne doit retomber ni sur les écoles, ni sur leurs enseignants.

    Les AESH sont aujourd’hui indispensables au fonctionnement quotidien de l’école : mais il faut encore inventer les solutions qui permettront d’aboutir, demain, à une inclusion rationnelle et efficiente.

  • Le quotidien sous tension des directeurs d’école

    Une femme souriante avec une veste de costume, debout devant une salle de réunion.

    L’école primaire est souvent présentée comme le socle de la réussite éducative. Les savoirs fondamentaux y sont dispensés et il est essentiel que les élèves et les enseignants y soient en confiance.

    Pourtant le quotidien des personnels, notamment des directeurs d’école, devient de plus en plus difficile à gérer. Depuis quelques années déjà le SNCL alerte sur les difficultés croissantes des directeurs et appelle le ministre à entendre cette détresse en revalorisant cette fonction. Entre responsabilités administratives croissantes, manque de moyens humains et exigences institutionnelles toujours plus nombreuses, ces acteurs essentiels du système éducatif tirent la sonnette d’alarme.

    Les difficultés quotidiennes

    Le manque de remplaçants implique une gestion quotidienne de crise, souvent sans solution satisfaisante pour les directeurs. Ces derniers étant pour la plupart en charge d’une classe, ils sont également impactés par l’accueil d’élèves supplémentaires dans des classes déjà surchargées.

    À cette pression s’ajoute une augmentation constante des tâches administratives. Enquêtes institutionnelles, remontées de données, nouveaux logiciels, temps d’échanges avec les familles… Le temps consacré à ces missions ne cesse de croître.

    Les équipes constatent de plus en plus de difficultés chez les élèves. Certains nécessitent une prise en charge spécifique et les réunions d’équipes éducatives se multiplient. Chaque situation nécessite coordination, préparation et suivi, ce qui demande un investissement important en temps et en énergie.

    Le temps de décharge des directeurs, pour ceux qui en ont, est insuffisant face à l’augmentation de toutes les tâches demandées.

    Le SNCL le martèle encore une fois : tous les directeurs doivent être déchargés quel que soit le nombre de classes et tous les temps de décharge doivent être augmentés a minima d’une journée par semaine.

    Une inclusion mise à l’épreuve

    L’école inclusive est un objectif partagé, mais sa mise en œuvre reste difficile. Accueillir tous les élèves dans les meilleures conditions nécessite des moyens humains et matériels adaptés, qui font souvent défaut. Manque d’accompagnants, formation insuffisante, classes surchargées : les équipes éducatives doivent composer avec des contraintes qui rendent l’inclusion particulièrement exigeante. Les directeurs font le lien entre les enseignants, les familles et les services de soin et sont confrontés à toutes ces difficultés. Là encore, ils manquent de temps et de moyens. L’école tient, portée à bout de bras par les directeurs et leurs adjoints.

    Pour le SNCL, il est urgent d’entendre leur détresse et de revaloriser leur salaire pour le travail supplémentaire accompli.

    Un rôle clé, mais fragilisé

    Face à ces défis, le rôle des directeurs et directrices apparaît plus crucial que jamais. Pourtant, beaucoup expriment un sentiment d’épuisement et de manque de reconnaissance. D’autant plus qu’ils sont de plus en plus victimes d’agressions verbales, d’insultes et de menaces de la part de certains parents.

    Le SNCL demande au ministre d’enjoindre les IEN à convoquer tout parent ayant eu un comportement violent envers les directeurs et leurs adjoints.

    L’école primaire reste un pilier fondamental de la société. Mais pour qu’elle puisse remplir pleinement sa mission, il devient urgent de mieux soutenir celles et ceux qui la font vivre au quotidien.

  • Baisse démographique : anticiper et limiter les conséquences pour l’Éducation nationale

    Un diagramme en bâtons inspecté à la loupe.

    L’année 2025 aura connu 645 000 naissances et 651 000 décès, d’après l’INSEE. Entre 2019 et 2029, les écoles auront perdu près de 1 million d’élèves estime Édouard Geffray, ministre de l’Éducation nationale.

    Face à ce constat, une certaine ligne de conduite commence à se dessiner au ministère : « amortir les effets de la chute démographique en fermant le moins possible, en limitant le nombre d’élèves par classe et, en même temps, engager […] une réflexion pour repenser l’offre scolaire sur le territoire », selon les propres mots du ministre.

    D’ici à 2040, ce ne sont en effet pas moins de deux millions d’élèves qui manqueront dans nos classes, par rapport aux effectifs actuels.

    Dans un contexte de contraintes sur les finances publiques, cette évolution pose la question d’un ajustement de la dépense éducative : faut-il réduire le nombre d’enseignants pour réaliser des économies budgétaires, ou saisir cette opportunité pour améliorer les conditions d’apprentissage en réduisant la taille des classes ?

    La France investit relativement peu dans l’école primaire par rapport à ses voisins européens et les classes demeurent parmi les plus chargées malgré la mise en place des CP/CE1 dédoublés en zone prioritaire. La baisse démographique permettrait une réduction de la taille des classes plus facilement. Cependant cette baisse est parfois très inégale selon les territoires, par exemple entre Paris et la Seine St Denis : diminution du nombre d’élèves scolarisés en primaire à Paris, contrairement au département voisin qui augmente ses effectifs mais ne bénéficie pas d’un meilleur taux d’encadrement.

    Par ailleurs, la « vague » selon les mots du ministre, atteint déjà le second degré.  Pour pallier les difficultés des territoires ruraux et péri-urbains, Edouard Geffray relance l’idée de l’école du socle ou école-collège afin de mutualiser les moyens du premier et second degré. Il veut engager une réflexion sur l’évolution des missions des enseignants et des corps d’encadrement, afin de renforcer la continuité des apprentissages dans des territoires confrontés à une forte baisse démographique. En ce sens, le bulletin officiel du 15 janvier 2026 entérine la « transformation des observatoires des dynamiques rurales en observatoires des dynamiques rurales et territoriales et l’extension de leur champ à l’ensemble du territoire national ».

    Mais attention, car ce qui pourrait être engagé à titre dérogatoire pour plus de souplesse et d’adaptation à la situation d’un territoire risque aussi de remettre en cause le statut et les missions des enseignants de collège, voire de lycée, sur l’ensemble des académies.

    À l’avenir c’est toute l’Éducation nationale de la maternelle à l’université qui sera confrontée à ce défi.

    Il est donc absolument nécessaire d’anticiper et de mettre en place une réflexion globale pour tirer parti de cette baisse inéluctable des effectifs scolaires, et faire de ce problème une opportunité.

  • 2e réunion du CNSEI, Comité National de Suivi de l’École Inclusive

    Le 19 décembre dernier, la seconde réunion du Comité National de Suivi de l’École inclusive s’est tenue à Dijon en présence du ministre de l’Éducation nationale, Edouard Geffray, accompagné par la ministre chargée de l’Autonomie et des Personnes Handicapées, Charlotte Parmentier-Lecoq.

    Le SNCL, convié à cette réunion, a répondu présent.

    Le ministre était présent à Dijon depuis le matin ; il avait pu visiter le collège Gaston Bachelard et surtout échanger avec le personnel impliqué dans les PAS, (Pôle d’Appui à la Scolarité).  Il faut dire que la Côte-d’Or fait figure de tête de proue dans la mise en place des nouveautés de l’école inclusive.

    L’un après l’autre, les deux ministres ont insisté sur leur désir de développer l’école inclusive. En insistant sur le nombre croissant d’enfants en situation de handicap ainsi que les EBEP, (Élèves à Besoins Éducatifs Particuliers), et leurs différents besoins d’intégration, ils ont déroulé les enjeux de l’école inclusive. Pour l’un comme pour l’autre, il s’agit d’une ambition forte gouvernementale et qui a pour objectif premier d’instaurer un pilier de la cohésion sociale. Il est bien certain que vingt ans après la publication des textes de la loi « handicap » du 11 février 2005 sur l’égalité des droits et des chances, il était temps de faire un point, entre autres, sur l’application du droit pour chaque enfant en situation de handicap d’être scolarisé dans une école ordinaire.

    Mais pour une école « pleinement inclusive » comme le souhaitent les deux ministres, encore faut-il être capable de mettre les moyens financiers et humains face à ce défi ! Actuellement, beaucoup d’écoles, collèges, lycées travaillent avec des rustines : un AESH pour deux ou trois élèves, ou seulement sur une partie de l’emploi du temps de l’élève, et des enseignants souvent désarmés face à des problématiques qu’ils ne maîtrisent pas, et confrontés à un nombre d’élèves par classe trop important. Comment installer dans de bonnes conditions 30 élèves auxquels s’ajoutent un ou deux AESH alors que la salle est configurée pour accueillir 28 élèves voire 30 au mieux ?

    Toutefois – et en cela, nous ne pouvons qu’être en accord avec les ministres – ils ont souligné en tout premier lieu le besoin d’accessibilité des établissements scolaires pour tous les élèves en situation de handicap.

    Même si la rectrice de Dijon avait insisté sur l’amélioration de l’accessibilité des locaux grâce au travail de collaboration avec les collectivités locales, une des conseillères régionales de la région de Bourgogne-Franche-Comté avait utilisé plus tôt l’expression effrayante de « mur d’investissement colossal » face à cette nécessité, soulignant que dans cette région seuls 9 lycées publics sur 128 avaient réussi à rendre leurs locaux totalement accessibles !…  En revanche, les 47 collèges publics dans ce même département semblent aux normes. Mais que dire de tous les établissements scolaires des autres régions ?

    De son côté, Édouard Geffray a particulièrement mis en avant sa volonté de trouver une solution individuelle à chaque élève en situation de handicap, quel que soit son handicap, en cherchant à tout mettre en œuvre pour intervenir au plus tôt auprès de l’élève et de ses parents. Il semblerait malgré tout, si l’on écoute les parents et les associations, que nous soyons loin du compte et qu’il reste encore de nombreux enfants déscolarisés ou scolarisés partiellement faute d’aide humaine. Le ministre a cité le chiffre de 35 000… enfants sans solution, les associations sont encore plus pessimistes et vont jusqu’à 50 000.

    Même si le SNCL est particulièrement touché par le sort réservé à ces élèves, il faudrait penser également aux enseignants et aux personnels d’une façon générale dont ce type de mission est totalement hors de leur fonction et bien loin de leur cœur de métier. Ils se trouvent souvent désarmés face à ces élèves pour lesquels des solutions adaptées et individuelles doivent être trouvées sans en rajouter sur le travail déjà intense que les enseignants et les AESH doivent mener.

    Bien entendu, le ministre se réjouit d’être désormais capable d’accompagner les élèves en situation de handicap de la maternelle au lycée et dans tous les cas de leur donner la possibilité d’aller le plus loin possible. Mais encore une fois, rares sont les enseignants actuels à avoir reçu une formation suffisante pour leur permettre de faire face aux difficultés liées aux différents handicaps de ces jeunes.

    Le ministre toutefois a promis d’inscrire des modules de formations concernant les enfants en situation de handicap et les EBEP dans la formation initiale des nouveaux enseignants à venir : ce qui serait un glissement majeur de la définition du métier de professeur.

    Même s’il a insisté sur la nécessité de faire équipe avec le personnel médico-social afin de favoriser l’épanouissement de chacun, en mettant en place progressivement les PAS et les LPI, ne semble-t-il pas que l’institution oublie les enseignants qui en toute bonne foi n’arrivent plus à trouver le temps nécessaire pour ce travail supplémentaire alors qu’ils sont déjà submergés par les réunions en nombre exponentiel auxquelles ils sont obligés d’assister ?

    Édouard Geffray a également insisté sur l’importance qu’il accordait à l’extension des PAS, voués à remplacer les PIAL, nouvelle solution déjà adoptée dans quatre départements dont la Côte-d’Or. Les PAS ont été présentés comme une réponse adaptée autant auprès des élèves que des parents et des enseignants afin d’éviter qu’un élève à besoins éducatifs particuliers ne se retrouve sans solution immédiate.

    La Bourgogne a été citée comme « région pilote » avec 17 PAS en Côte d’Or et 8 dans la Nièvre, ce qui explique le déplacement du ministre à Dijon. Comme l’ont souligné le ministre puis les autres intervenants, les PAS progressivement mis en place associent l’Education Nationale certes, mais également l’ARS, (Agence Régionale de Santé), les collectivités territoriales, les professionnels de la santé et du secteur médico-social et enfin les familles.

    Les intervenants ont insisté sur les avantages que le PAS pouvait apporter à chacun, sachant que les sollicitations peuvent émaner de parents, des enseignants, des autres membres de l’équipe et offrir une réponse rapide et adaptée à un enfant à besoin éducatif particulier, en situation de handicap ou non. N’oublions pas que les HPI de plus en plus détectés dès leur plus jeune âge ne trouvaient dans l’école aucune réponse à leurs problèmes pourtant nombreux. On ne peut que féliciter l’institution pour ne pas les avoir oubliés pour une fois et pour tenter de répondre au désarroi des parents et des enfants HPI.

    Bien sûr, rien ne peut se faire sans l’aide des AESH sur lesquels les discussions se sont longuement attardées, considérés désormais comme second métier de l’Éducation nationale. Pas toujours faciles à recruter, en particulier en raison de leur statut précaire et de leurs revenus extrêmement faibles, ces personnels sont indispensables à l’inclusion et pourtant le Sénat a récemment refusé de les titulariser. Actuellement au nombre de 144 000, ils ne représentent que 90 500 équivalents temps plein, sachant que le temps partiel leur est imposé dans quasiment tous les cas.

    Enfin la réunion s’est achevée avec la présentation du LPI, (Livret de Parcours Inclusif), nouvelle plateforme qui se met en place progressivement pour permettre une interface entre les différents acteurs de l’inclusion que ce soit l’élève, le parent, l’enseignant, l’AESH, la direction, le référent handicap, le personnel médical. Elle regroupe tous les aménagements dont l’élève a besoin, dans le cadre de son PAI, PPRE, PAP, etc … remplaçant en cela le GEVASCO et les différents supports papiers.

    Même si ce document a pour but de fluidifier le transfert de données, il va encore augmenter la charge de travail du professeur principal ainsi que celle des autres enseignants de l’équipe pédagogique.

    Après quoi, plusieurs témoins se sont présentés pour donner des exemples précis des différentes situations auxquelles ils avaient été confrontés et des solutions qui leur avaient paru adéquates.

    Nous pouvons conclure que le ministre a prouvé qu’il était conscient des difficultés liées au déploiement de l’école inclusive et qu’il était prêt à faire tout son possible, mais sans jamais évoquer la charge de travail supplémentaire et non rémunérée que l’école inclusive impose à tous ses membres, dont les enseignants.

  • Être malade dans les DOM : double peine et discrimination inacceptable, assumée par le gouvernement !

    Le SNCL en manifestation, ici en Guadeloupe. Une foule de manifestants défile derrière une banderole du SNCL.

    Riposte des syndicats dans les DROM !

    Le SNCL a déjà eu l’occasion de vous informer de la situation des fonctionnaires dans les DROM* face au décret n°2024-641 du 27 juin 2024 (applicable aux fonctionnaires de l’État depuis le 1er septembre 2024), en dénonçant le traitement inéquitable de ces derniers par rapport à leurs collègues de l’hexagone.

    Pour rappel, le gouvernement a insidieusement accouché de l’inconcevable. LA CIBLE ? Les fonctionnaires dans les DROM, qu’ils soient titulaires, stagiaires ou agents contractuels, concernant les modalités d’indemnisation en cas de congés de longue maladie et de grave maladie (CLM et CGM).

    Le SNCL s’insurge contre ces modalités d’indemnisation et s’indigne d’un tel traitement !

    QUID DE CES MESURES SCÉLÉRATES ?

    Dès le 1er mars 2025, il ne vous a pas échappé que le personnel en congé de maladie ordinaire (CMO) a vu ses droits changés. Désormais, il perçoit :

    • 90 % du traitement pendant les 3 premiers mois, 50 % les 9 mois suivants.

    • Majoration de vie chère et primes alignées sur le traitement (90 % les 3 premiers mois puis 50 % les autres mois).

    À partir du 1er septembre 2024, tout personnel placé en CLM et CGM devrait quant à lui percevoir :

    • Traitement indiciaire : 100 % la 1ère année, puis 60 % les 2 années suivantes. ‌

    • Indemnité vie chère : 33 % la 1ère année, 60 % les 2 années suivantes.

    C’est précisément sur ce dernier point qu’apparait à nos yeux la difficulté et l’injustice : un fonctionnaire affecté dans un DOM perçoit une majoration de traitement de 40 % en raison des conditions économiques de son lieu d’exercice. Or, cette majoration de traitement est réduite à 33 % dès lors qu’il tombe en CLM ou CGM !

    C’est une HONTE ! Quand on sait que les personnels en CLM et CGM sont en difficulté, car touchés physiquement et moralement par la maladie et se voient désormais attaqués financièrement avec ces mesures ; et pourtant ni loyer, crédits, frais médicaux ne sont minorés pendant cette période !

    Une discrimination inacceptable, mais assumée par le gouvernement !

    Interrogé par notre Bureau national, le ministère de l’Éducation s’abrite derrière une subtilité qui consiste à assimiler la majoration de traitement à une « prime » qui, elle, est conditionnée à l’exercice.

    Non satisfait de ces éléments, le SNCL a demandé et obtenu audience auprès de la DGRH afin de faire valoir ses arguments. L’administration a maintenu sa lecture juridique et fait comprendre que seule une action contentieuse de notre part pourrait la faire changer de position.

    Le SNCL dénonce la lecture actuelle de la DGRH pour au moins une raison simple :

    La majoration de traitement est attribuée à tout fonctionnaire originaire qui bénéficie de congés bonifiés dans les DOM et est retirée au fonctionnaire qui part en vacances en métropole ! Cette majoration est donc bien conditionnée à la présence sur le territoire et non au simple fait d’être en exercice sur ce territoire !

    La DGAFP a donc choisi de frapper lourdement les DROM en pénalisant les agents publics d’Outre-mer malades.  Les collègues en CLM et CGM se voient réclamer de façon rétroactive des trop perçus avec des sommes atteignant plusieurs milliers d’euros !

    Face à cette énième attaque déguisée sur la majoration vie chère, le SNCL exhorte le gouvernement à abolir ce texte qui piétine nos acquis et instaure une iniquité sur le territoire national.

    L’heure de la riposte a sonné, une intersyndicale inter DOM à laquelle le SNCL participe s’est constituée et a décidé de lancer un appel à la grève avec une journée de mobilisation le 3 février 2026 dans l’ensemble des territoires d’outremer.

    Le SNCL appelle tous les personnels de l’éducation à la plus grande vigilance et prépare dès à présent un recours en justice.

    Mobilisons-nous dans tous les DROM pour rétablir nos acquis !

    Réclamons et exigeons l’abolition de ce texte inique qui fragilise encore plus les collègues !

    *DROM : départements et régions d’outre-mer

  • Concours 2026 : une hausse des inscriptions très relative

    Une très grande salle de classe ou d'étude, vide.

    Bien que le ministère affiche une progression globale des inscriptions de 46,3 % par rapport à 2025, le SNCL rappelle que l’exercice 2026 est marqué par l’organisation exceptionnelle d’une double session (concours à Bac+3 et Bac+5). Cette augmentation apparente s’explique par le fait que de nombreux candidats en master s’inscrivent simultanément aux deux concours. In fine, chaque lauréat ne pourra occuper qu’un unique poste, ce qui relativise fortement l’impact réel de ces chiffres sur le recrutement.

    La communication du ministère sur les inscriptions pourrait perdre tout son crédit si de nombreux postes restaient vacants.

    La ventilation intégrale des postes aux différents concours de professeurs, CPE et PsyEN est à retrouver ici.

    Vous retrouverez ci-dessous la répartition des postes ouverts aux concours externes du CRPE et du CAPES :

    Concours de recrutement de professeurs des écoles

    Concours externes (dont concours externes spéciaux)

    Académies2025 – Rappel postes2026 – Prévision postes BAC+52026 – Prévision postes BAC+32026 – Total prévision postes
    Aix-Marseille421363239602
    Amiens267244152396
    Besançon15914391234
    Bordeaux337322214536
    Clermont-Ferrand1029758155
    Corse20142034
    Créteil8695705571 127
    Dijon182164104268
    Grenoble435410247657
    Guadeloupe26222042
    Guyane11075109184
    Lille448305255560
    Limoges70593392
    Lyon362293172465
    Martinique19132033
    Mayotte1150125125
    Montpellier274227158385
    Nancy-Metz316286180466
    Nantes237232135367
    Nice320286191477
    Normandie420402240642
    Orléans-Tours345327202529
    Paris236204134338
    Poitiers13611477191
    Reims13611577192
    Rennes13712694220
    Reunion1208269151
    Strasbourg190189131320
    Toulouse333283191474
    Versailles9606186961 314
    Polynésie Française1515924

    Concours de recrutement de professeurs certifiés de l’enseignement secondaire (Capes)

    Concours externes bac + 5 et bac + 3 du Capes

    Sections et options2025 – Rappel postes2026 – Prévision postes BAC+52026 – Prévision postes BAC+32026 – Total prévision postes
    Arts plastiques1009886184
    Documentation127120110230
    Éducation musicale et chant choral957575150
    Histoire et géographie6456104901 100
    Langue corse222
    Langue des signes française222
    Langues régionales : basque 233
    Langues régionales : breton333
    Langues régionales : catalan111
    Langues régionales : créole444
    Langues régionales : occitan-langue d’oc333
    Langues vivantes étrangères :  allemand1016553118
    Langues vivantes étrangères : anglais7707105951 305
    Langues vivantes étrangères : arabe577
    Langues vivantes étrangères : espagnol273255230485
    Langues vivantes étrangères : italien182222
    Lettres : lettres classiques60404080
    Lettres : lettres modernes6695855851 170
    Mathématiques9907307001 430
    Numérique et sciences informatiques55454085
    Philosophie14511580195
    Physique chimie376275275550
    Sciences de la vie et de la Terre320310225535
    Sciences économiques et sociales11510065165
  • Suppressions de postes dans le premier degré : une ultime provocation

    Une salle de classe de primaire chargée.

    À la rentrée scolaire 2026, le ministère de l’Éducation nationale engage une vague massive de suppressions de postes, notamment dans le premier degré où 1891 postes vont disparaître.

    A l’heure où l’école est à bout de souffle avec des enseignants en souffrance, le ministère profite de la baisse démographique pour justifier ces suppressions. Le service public d’éducation est une nouvelle fois malmené par ceux qui prônent pourtant son importance.

    Un mauvais calcul budgétaire aux dépens de la qualité éducative

    Plutôt que de profiter de cette baisse démographique pour maintenir les postes d’enseignants et améliorer ainsi les conditions de travail en classe aussi bien pour les enseignants que pour les élèves, le ministère nie les besoins pédagogiques des équipes. Répartir les mêmes élèves sur moins de classes aggrave la charge de travail des enseignants et fragilise les dispositifs éducatifs, notamment dans les zones populaires ou rurales. Se baser sur une moyenne, c’est fausser la réalité du terrain. Pour que l’école fonctionne, il faut des moyens. La pédagogie est l’essence même de notre métier mais pour répondre de façon individualisée aux besoins des élèves, il faudrait moins d’élèves par classe. Au lieu de ça, le ministère ferme des postes diminuant également le nombre de remplaçants disponibles. Ainsi, on retrouve bien souvent dans le 1er degré des collègues qui accueillent plusieurs jours voire plusieurs semaines dans leur classe les élèves de leur collègue absent et non remplacé. S’ajoute à cela l’inclusion des élèves à besoins particuliers avec des moyens insuffisants qui met à mal les enseignants et élèves.

    Quand l’austérité s’attaque à l’avenir

    Les choix actuels s’inscrivent dans une logique comptable plutôt qu’éducative. Réduire les moyens de l’Éducation nationale est une stratégie qui fera payer le prix fort aux professeurs et aux élèves. Plutôt que de renforcer l’école, les suppressions de postes risquent de dégrader les conditions d’apprentissage dès le plus jeune âge, de renforcer les frustrations et la fatigue des enseignants déjà sous tension permanente et d’accroître les inégalités scolaires.

    Dans un contexte de pénurie d’enseignants, réduire encore les moyens disponibles n’est pas une solution raisonnable et ne risque pas d’attirer des volontaires pour passer le concours. Qui veut devenir professeur dans des conditions de travail dégradées, un climat de classe de plus en plus anxiogène, des moyens humains réduits, le tout sans revalorisation salariale ?

    Les prétendues économies réalisées aujourd’hui se traduiront bientôt par une école moins capable d’assurer l’égalité des chances et de former les citoyens de demain. Les professeurs tiennent l’école à bout de bras… Pour combien de temps ?