Une récente étude du ministère de l’Éducation nationale (note d’information 26.02 de la DEPP) apporte un éclairage précis sur les conditions de vie des professeurs. En s’appuyant sur les données de 850 000 professeurs, elle confirme un constat central : les professeurs présentent un niveau de vie inférieur à celui des autres cadres de la fonction publique d’État, en lien étroit avec leurs trajectoires professionnelles et familiales.
Un niveau de vie inférieur à celui des autres cadres
Les professeurs constituent une population spécifique au sein de la fonction publique. Leur salaire est en moyenne moins élevé que celui des autres agents de catégorie A. Dans le détail, seuls un tiers des professeurs perçoivent plus de 34 000 euros nets annuels, contre la moitié des autres cadres. A l’inverse, 40 % des professeurs se situent dans la tranche comprise entre 25 000 et 34 000 euros.
Cette situation se traduit directement sur le niveau de vie. En intégrant l’ensemble des ressources du ménage – salaires, revenus du conjoint, patrimoine et prestations sociales –, les professeurs apparaissent globalement moins favorisés que les autres cadres de la fonction publique d’État.
Une structure familiale qui pèse sur les revenus
Les professeurs vivent plus souvent en couple et ont plus fréquemment des enfants que les autres cadres. Deux tiers d’entre eux ont au moins un enfant à charge.
Cette réalité familiale a des conséquences directes sur les parcours professionnels. Les interruptions de carrière et le recours au temps partiel y sont plus fréquents. Près de quatre professeurs sur dix ont ainsi travaillé à temps partiel au cours de leur carrière.
Ces situations s’inscrivent également dans un contexte marqué par des inégalités entre les femmes et les hommes, les femmes représentant plus de 70 % des professeurs et étant plus souvent concernées par ces aménagements de carrière.
Des trajectoires professionnelles contraintes
La note met en évidence des parcours marqués par une mobilité limitée. La moitié des professeurs a changé de département depuis le début de sa carrière, le plus souvent pour suivre un conjoint.
Par ailleurs, près d’un enseignant sur cinq vit en couple avec un autre enseignant. Dans ces situations, les écarts entre femmes et hommes en matière de salaire ou de carrière apparaissent moins marqués.
La population enseignante est également caractérisée par une structure d’âge spécifique : la majorité des professeurs a entre 35 et 54 ans, et près d’un sur cinq a plus de 55 ans.
Des écarts qui se construisent tout au long de la carrière
L’étude souligne que les parcours familiaux et professionnels sont interdépendants et contribuent à façonner les inégalités de salaire, de niveau de vie et de retraite.
Le recours plus fréquent au temps partiel et les interruptions de carrière, liés notamment à la présence d’enfants, ont des effets durables sur les revenus et les trajectoires professionnelles.
Cette étude met en évidence une réalité structurelle : les conditions de vie des professeurs, notamment familiales, ont un impact direct sur leurs revenus et leur niveau de vie, qui restent inférieurs à ceux des autres cadres de la fonction publique.
L’ensemble de ces constats conduit le SNCL à porter l’exigence de négociations sur les rémunérations et les déroulements de carrière, à la hauteur des réalités mises en lumière dans cette note. Relancé au printemps 2025 pour les personnels en milieu de carrière, le chantier n’a pas abouti à la publication des mesures annoncées. Dans un contexte budgétaire contraint, aucune revalorisation spécifique n’est prévue pour 2026, la question étant désormais reportée à 2027 et à l’élection présidentielle.
Le 5 décembre dernier, le SNCL a rencontré la nouvelle direction de la DGRH. Parmi les divers sujets à l’ordre du jour, nous avons demandé à la Direction Générale des Ressources Humaines la communication des effectifs de personnels PEGC encore en activité.
Depuis de nombreuses années, le SNCL plaide pour la liquidation des corps de PEGC et l’assimilation des personnels actifs restants dans le corps des certifiés, afin entre autres de provoquer le reclassement des personnels pensionnés (notamment les collègues PEGC partis en retraite en classe normale). Ce reclassement aurait pour effet mécanique de revaloriser les pensions de collègues qui ont dû partir en retraite avant de pouvoir bénéficier de la classe exceptionnelle.
Pour la première fois depuis que le SNCL défend ce dossier, la DGRH a enfin été contrainte de communiquer les chiffres officiels : ainsi, au 1er novembre 2025, il restait 48 PEGC en activité, dont 14 d’entre eux payés sur une autre base (c’est-à-dire en situation de détachement ou de disponibilité). Ces 48 personnels se répartissaient sur 20 académies.
La DGRH admet ainsi que 10 académies se trouvent déjà sans aucun PEGC en activité. Ces chiffres corroborent nos informations remontées des académies suite à notre campagne d’action auprès des différents rectorats. Les corps des PEGC ont été créés comme des corps académiques, ainsi l’existence de corps vides d’agents est désormais prouvée. Par la jurisprudence établie par le Conseil d’État (qui avait contraint le gouvernement de l’époque à liquider le corps des surveillants généraux et à assimiler les 11 agents restants dans le corps des CPE), nous savons désormais qu’un recours aura de bonnes chances de l’emporter.
Le SNCL a donc posé un ultimatum à la DGRH qui doit désormais proposer à notre syndicat une date acceptable pour la liquidation de tous les corps académiques de PEGC en une seule fois (afin d’éviter une trentaine de procédures séparées). Sans réponse claire, ou si la date ne nous semble pas acceptable, nous prendrons nos responsabilités et lancerons la procédure auprès du Conseil d’État, forts de nouveaux arguments. Le SNCL n’abandonne pas ce combat en faveur d’agents qui ont mérité cette forme de reconnaissance, par leur engagement passé pour l’éducation de notre jeunesse.
L’année 2025 aura connu 645 000 naissances et 651 000 décès, d’après l’INSEE. Entre 2019 et 2029, les écoles auront perdu près de 1 million d’élèves estime Édouard Geffray, ministre de l’Éducation nationale.
Face à ce constat, une certaine ligne de conduite commence à se dessiner au ministère : « amortir les effets de la chute démographique en fermant le moins possible, en limitant le nombre d’élèves par classe et, en même temps, engager […] une réflexion pour repenser l’offre scolaire sur le territoire », selon les propres mots du ministre.
D’ici à 2040, ce ne sont en effet pas moins de deux millions d’élèves qui manqueront dans nos classes, par rapport aux effectifs actuels.
Dans un contexte de contraintes sur les finances publiques, cette évolution pose la question d’un ajustement de la dépense éducative : faut-il réduire le nombre d’enseignants pour réaliser des économies budgétaires, ou saisir cette opportunité pour améliorer les conditions d’apprentissage en réduisant la taille des classes ?
La France investit relativement peu dans l’école primaire par rapport à ses voisins européens et les classes demeurent parmi les plus chargées malgré la mise en place des CP/CE1 dédoublés en zone prioritaire. La baisse démographique permettrait une réduction de la taille des classes plus facilement. Cependant cette baisse est parfois très inégale selon les territoires, par exemple entre Paris et la Seine St Denis : diminution du nombre d’élèves scolarisés en primaire à Paris, contrairement au département voisin qui augmente ses effectifs mais ne bénéficie pas d’un meilleur taux d’encadrement.
Par ailleurs, la « vague » selon les mots du ministre, atteint déjà le second degré. Pour pallier les difficultés des territoires ruraux et péri-urbains, Edouard Geffray relance l’idée de l’école du socle ou école-collège afin de mutualiser les moyens du premier et second degré. Il veut engager une réflexion sur l’évolution des missions des enseignants et des corps d’encadrement, afin de renforcer la continuité des apprentissages dans des territoires confrontés à une forte baisse démographique. En ce sens, le bulletin officiel du 15 janvier 2026 entérine la « transformation des observatoires des dynamiques rurales en observatoires des dynamiques rurales et territoriales et l’extension de leur champ à l’ensemble du territoire national ».
Mais attention, car ce qui pourrait être engagé à titre dérogatoire pour plus de souplesse et d’adaptation à la situation d’un territoire risque aussi de remettre en cause le statut et les missions des enseignants de collège, voire de lycée, sur l’ensemble des académies.
À l’avenir c’est toute l’Éducation nationale de la maternelle à l’université qui sera confrontée à ce défi.
Il est donc absolument nécessaire d’anticiper et de mettre en place une réflexion globale pour tirer parti de cette baisse inéluctable des effectifs scolaires, et faire de ce problème une opportunité.
Cette opération de gestion revêt une importance cruciale tout particulièrement pour les stagiaires : elle fixera leurs conditions de travail ainsi que leur cadre de vie pour l’ensemble de la future année scolaire.
Phase inter-académique
Les résultats du mouvement seront annoncés le mercredi 11 mars aux participants sur I-prof et pour ceux ayant renseigné un téléphone portable par SMS.
En privilégiant les postes spécifiques et à profil, l’administration ouvre la voie à des décisions arbitraires. Le SNCL s’oppose à cette tendance qui va à l’encontre du principe de transparence.
Si vous n’êtes pas satisfait de votre résultat de mutation, contactez-nous.
En effet, les participants peuvent déposer un recours individuel dans un délai de 2 mois suivant le résultat, soit au plus tard le 11 mai 2026.
Phase intra-académique
Pour la phase intra-académique, le calendrier des demandes sur I-prof SIAM est fixé par chaque recteur d’académie. Toutefois le ministère préconise une ouverture des serveurs à partir du 16 mars (mais la date effective est définie par chaque rectorat).
N’oubliez pas que l’essentiel du mouvement se fait sur des postes libérés en cours de mouvement. N’hésitez pas à demander un poste qui vous intéresse, même s’il n’apparaît pas vacant sur les documents académiques.
Les demandes se feront exclusivement par le portail internet i-Prof.
Il est absolument indispensable de prendre contact avec le responsable SNCL de l’académie qui vous conseillera dans l’organisation de vos vœux.En effet, il n’y aura plus de vérification des barèmes par les représentants du personnel. Ce n’est plus une compétence de la CAPA. La moindre erreur de calcul de l’administration, ou un oubli de pièces justificatives de votre part, peut faire varier considérablement votre barème et mettre en péril votre projet de mutation. Une question ? contactez-nous sur le numéro dédié : 06 77 15 51 77
Qui participe ?
Tous les collègues nommés dans une académie à la suite de la phase inter du mouvement (sauf sur poste spécifique national) devront obligatoirement recevoir une affectation dans cette académie et donc formuler une demande.
Les collègues dont le poste est supprimé à la rentrée 2026 (mesure de cartescolaire) doivent obligatoirement participer au mouvement intra (avec 1 500 points de priorité sur les vœux : ancien établissement, commune de cet établissement, département de cet établissement et académie).
Les stagiaires déjà titulaires d’un autre corps de personnels enseignants, d’éducation ou d’orientation, qui n’ont pu être maintenus sur leur poste, participent aussi, obligatoirement, au mouvement de l’académie (avec une priorité de 1 000 points sur le vœu département d’affectation précédent, priorité éventuellement étendue au vœu « tout poste » dans l’académie).
Les personnels gérés hors académie (détachement, affectation en C.O.M. ou en Andorre, en École Européenne) ou mis à disposition qui ont fait connaître leur intention de réintégrer leur ancienne académie, dès la phase inter-académique du mouvement, participent à la phase intra avec une priorité de 1 000 points sur le vœu département d’affectation précédent, éventuellement étendue au vœu « tout poste » dans l’académie.
Tous les collègues cités ci-dessus recevront obligatoirement une nouvelle affectation, y compris en extension s’ils n’obtiennent pas l’un des vœux (jusqu’à 20 voire 25 ou 30 selon les académies) qu’ils auront formulés. Afin d’éviter cette procédure, il faut utiliser au maximum les possibilités de vœux.
Tous les titulaires de l’académie (y compris les ex-stagiaires maintenus sur leur poste) qui souhaitentchanger d’affectation participent au mouvement intra. S’ils n’obtiennent pas satisfaction, ils conservent leur poste actuel.
Les collègues qui étaient en disponibilité ou en congé avec perte de poste, en réadaptation… gérés par l’académie et qui souhaitent y retrouver un poste doivent, pour l’obtenir, participer au mouvement intra.
Vous avez une question ou souhaitez-vous faire accompagner par le SNCL ? Contactez-nous sur le numéro dédié : 06 77 15 51 77
Ces derniers mois, plusieurs textes et annonces viennent rappeler que l’Enseignement supérieur et la Recherche restent au cœur de transformations profondes. Derrière des formules souvent rassurantes, les enjeux sont majeurs pour les personnels comme pour les étudiants. Le SNCL souhaite apporter un éclairage clair et indépendant sur ces évolutions.
Encadrer enfin l’enseignement supérieur privé
Le gouvernement a présenté, le 30 juillet 2025 en Conseil des ministres, un projet de loi visant à mieux réguler l’enseignement supérieur privé. L’objectif affiché est de lutter contre les dérives, les formations de faible qualité et les pratiques commerciales abusives qui fragilisent les étudiants.
Deux dispositifs de reconnaissance par l’État sont prévus : un système d’agrément et un dispositif de partenariat. Le texte introduit également des droits nouveaux pour les étudiants, notamment un droit de rétractation avant l’entrée en formation et des obligations d’information renforcées pour les établissements privés. Une période transitoire est annoncée avant l’intégration de ces établissements sur Parcoursup, à l’horizon 2027. Pour le SNCL, cette régulation était nécessaire, mais elle devra s’accompagner de contrôles réels et durables.
Intelligence artificielle : un cadre, mais encore beaucoup de questions
Le 7 février 2025, le ministère de l’Éducation nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche a publié un cadre d’usage de l’intelligence artificielle en éducation. Ce document vise à encadrer l’utilisation de l’IA dans les établissements scolaires et universitaires, alors que ces outils se diffusent très rapidement.
S’il pose des principes généraux, ce cadre laisse encore en suspens de nombreuses questions concrètes pour les enseignants et les chercheurs : formation, responsabilité pédagogique, respect de la liberté académique et charge de travail supplémentaire. Les équipes attendent désormais des moyens, du temps et une véritable concertation.
Budget 2026 : un affichage sous contrainte
Le projet de loi de finances pour 2026 prévoit une enveloppe de 26,7 milliards d’euros pour l’Enseignement supérieur et la Recherche. Le ministère met en avant la stabilité de ce budget dans un contexte de fortes contraintes financières.
Sur le terrain, cette stabilité interroge. Inflation, hausse des charges, besoins en recrutement et sous-financement chronique des universités font craindre que ce budget ne suffise pas à répondre aux besoins réels. Derrière les chiffres globaux, les personnels constatent une tension croissante entre ambitions affichées et moyens effectivement disponibles.
Après des décennies de laxisme et d’ultra-bienveillance, le ministère semble vouloir durcir le ton et les règles dans les lycées. Plusieurs mesures et projets vont dans ce sens mais, dans une société qui a évolué, il est clair que le retour à une autorité à l’ancienne semble difficile voire impossible et on peut se demander si les mesures envisagées seront suivies d’effet. Si les acteurs sur le terrain ne suivent pas, les mesures lancées resteront lettre morte.
Parmi elles, le ministère entend renforcer le rôle des professeurs de lycée souvent confrontés tant à de la violence qu’à diverses intimidations depuis la mise en place du contrôle continu au baccalauréat.
Ainsi l’Institution mise-t-elle sur le soutien indéfectible des supérieurs hiérarchiques face à des parents et des élèves trop souvent vindicatifs. A travers la protection fonctionnelle octroyée aux agents d’État, le ministère veut faire croire qu’il rend systématique le soutien juridique et administratif aux personnels menacés ou agressés. Mais est-ce toujours le cas dans un système qui a du mal à se détacher du « pas de vague », où l’on achète encore trop souvent la paix sociale en étouffant les affaires plutôt qu’en les dénonçant ?
Le SNCL encourage ses adhérents et sympathisants à demander le recours à la protection fonctionnelle systématique en cas de besoin et assure qu’il apportera son soutien aux collègues concernés.
Les fouilles et contrôles aux abords des établissements à travers des opérations de sécurisation sont censés permettre un repérage des fauteurs de trouble en possession d’armes, mais les moyens humains s’avèrent bien insuffisants pour les rendre systématiques, et beaucoup se retrouvent dans l’enceinte des lycées avec des objets prohibés et dangereux. Bien que les procédures pour accélérer les sanctions en cas d’intrusions et de port d’armes aient été simplifiées, combien de chefs d’établissement jouent réellement le jeu et convoquent des conseils de discipline avec exclusion définitive ?
L’opération « portable en pause » mise en place en collège est censée être étendue à tous les lycées dès la rentrée 2026, volonté politique et mesure emblématique d’un projet de loi d’interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans.
Si cette mesure part d’une vraie volonté de pause numérique en favorisant la concentration en cours et en offrant un temps de déconnexion lors du temps scolaire, est-elle réellement réalisable dans une société hyperconnectée et dans laquelle le smartphone fait naître de nouvelles formes d’addiction chez nos adolescents ? Cette mesure permettrait en effet de limiter les prises de photos ou de vidéos en cours, phénomène nouveau qui nuit à la sérénité des cours en lycée.
Cette mesure, si elle est mise en place à la rentrée prochaine, va se heurter à de nombreuses difficultés et on peut s’interroger sur sa pertinence. Elle va susciter de nouvelles tensions avec les élèves récalcitrants et sa mise en œuvre semble complexe : la gestion des portables rangés dans des casiers ou leur stockage va inévitablement poser des problèmes de vol, de perte et surtout de perte de temps à l’entrée en cours. Elle sera aussi source de conflits et de réclamations si par malheur le portable se trouve endommagé ou si l’élève prétend qu’il l’a été ! Nouvelle complexité à laquelle les professeurs et chefs d’établissement ne pourront pas faire face.
Par ailleurs, le smartphone est souvent utilisé comme outil pédagogique et son utilisation a été encouragée pour accéder à PRONOTE à travers l’application Client Pronote ! Nous voilà à nouveau en pleine injonction contradictoire.
Dernière mesure visant à restaurer un peu d’autorité aux enseignants et de valeur au baccalauréat : les conditions d’accès aux épreuves de rattrapage du Bac seront durcies pour renforcer l’exigence du diplôme !
Après des décennies de laisser-aller et de consignes de largesse relayées par les corps d’inspection, voici une tentative pour redorer le blason du fameux sésame !
Avec plus de 90 % de réussite à la session 2025 toutes filières confondues et 96 % en filière générale, sans compter l’inflation des mentions (près de 59 % des candidats en ont obtenu une en 2025…), le ministère s’est donc penché sur un moyen de redonner un peu de crédibilité à cet examen.
À partir de la session 2026, le seuil incompressible de 8/20 sera exigé pour accéder aux épreuves de rattrapage, ce qui signifie donc que le seuil de 7.9/20 sera éliminatoire.
Par ailleurs le « coup de pouce » accordé par les jurys lors des délibérations sera plafonné à 0.5 point sur la moyenne générale, ce qui semble encore bien généreux ! Enfin le ministère souhaite qu’une attention plus stricte soit portée à l’orthographe et à la syntaxe, mais sans donner de directives plus précises.
Reste à savoir si les consignes données seront transmises et respectées par les différents jurys habitués depuis des années à accorder de nombreux « cadeaux » sous la forme de points octroyés à des élèves qui souvent n’ont fourni aucun effort pendant l’année.
Ces mesures en demi-teinte semblent bien insuffisantes pour restaurer une autorité et un rayonnement perdu depuis longtemps.
Le 17 juin 2025 l’ancienne ministre de l’Éducation nationale, Élisabeth Borne, livrait une réponse écrite portant sur le fait que les AESH et AED étaient les seules catégories professionnelles de tout le ministère à être exclues du 100 % de l’indemnité de sujétion pour exercice en réseaux d’éducation prioritaire et prioritaire renforcée (REP et REP+). Ces personnels en effet ne perçoivent que 66 % de l’indemnité et encore a-t-il fallu batailler devant les tribunaux pour y avoir accès !
En toute ingénuité, la ministre se targuait d’une progression de 41 % des salaires des AESH entre 2017 et 2025, la rémunération nette moyenne ayant augmenté durant cette période de… 287 €. C’était donc admettre que pour la moyenne des quelque 145 000 AESH du ministère leur net était de 700 euros en 2017 et de 987 euros en 2025…
Le seuil de pauvreté selon l’INSEE est fixé par convention à 60 % du niveau de vie médian de la population. Il correspond en France à un revenu disponible de 1 288 euros par mois pour une personne vivant seule.
D’aucuns mal intentionnés diront que le temps incomplet est parfois une volonté des personnels…
Une proposition de loi socialiste a tenté de donner un statut à ces agents publics qui les aurait d’emblée fait accéder à un temps plein de catégorie B pour un coût estimé de 4,3 milliards par an, selon Le Monde du 10 janvier 2026.
Cette proposition de loi vient d’être rejetée au Sénat où elle avait été initialement déposée. L’actuel ministre de l’Éducation n’y était pas favorable non plus compte tenu des implications de mobilité géographique imposables aux titulaires de la Fonction publique d’État, de la redéfinition des missions nécessaire à l’obtention du temps plein statutaire et des priorités budgétaires. Certains concèdent que la situation doit changer mais pas de cette manière.
Pour autant maintenir un grand nombre de personnels de l’État en-dessous du seuil de pauvreté, pour assurer une mission nationale, c’est faire preuve de cynisme dans le fond. C’est aussi admettre que l’on a été incapable d’anticiper les conséquences d’un passage à plein temps depuis tout ce temps, et que la situation est insupportable sans s’être donné les moyens d’y remédier.
Le SNCL défend l’accès à 100 % de l’indemnité de sujétion d’exercice dans les réseaux d’éducation prioritaire pour les personnels AESH.
A ce titre, il conteste dans plusieurs instances en cours la décision du Conseil d’État CE n° 470485 du 28 mai 2024 pour erreur manifeste d’appréciation et lance un slogan : « À sujétion égale, indemnité égale ! »
Le 19 décembre dernier, la seconde réunion du Comité National de Suivi de l’École inclusive s’est tenue à Dijon en présence du ministre de l’Éducation nationale, Edouard Geffray, accompagné par la ministre chargée de l’Autonomie et des Personnes Handicapées, Charlotte Parmentier-Lecoq.
Le SNCL, convié à cette réunion, a répondu présent.
Le ministre était présent à Dijon depuis le matin ; il avait pu visiter le collège Gaston Bachelard et surtout échanger avec le personnel impliqué dans les PAS, (Pôle d’Appui à la Scolarité). Il faut dire que la Côte-d’Or fait figure de tête de proue dans la mise en place des nouveautés de l’école inclusive.
L’un après l’autre, les deux ministres ont insisté sur leur désir de développer l’école inclusive. En insistant sur le nombre croissant d’enfants en situation de handicap ainsi que les EBEP, (Élèves à Besoins Éducatifs Particuliers), et leurs différents besoins d’intégration, ils ont déroulé les enjeux de l’école inclusive. Pour l’un comme pour l’autre, il s’agit d’une ambition forte gouvernementale et qui a pour objectif premier d’instaurer un pilier de la cohésion sociale. Il est bien certain que vingt ans après la publication des textes de la loi « handicap » du 11 février 2005 sur l’égalité des droits et des chances, il était temps de faire un point, entre autres, sur l’application du droit pour chaque enfant en situation de handicap d’être scolarisé dans une école ordinaire.
Mais pour une école « pleinement inclusive » comme le souhaitent les deux ministres, encore faut-il être capable de mettre les moyens financiers et humains face à ce défi ! Actuellement, beaucoup d’écoles, collèges, lycées travaillent avec des rustines : un AESH pour deux ou trois élèves, ou seulement sur une partie de l’emploi du temps de l’élève, et des enseignants souvent désarmés face à des problématiques qu’ils ne maîtrisent pas, et confrontés à un nombre d’élèves par classe trop important. Comment installer dans de bonnes conditions 30 élèves auxquels s’ajoutent un ou deux AESH alors que la salle est configurée pour accueillir 28 élèves voire 30 au mieux ?
Toutefois – et en cela, nous ne pouvons qu’être en accord avec les ministres – ils ont souligné en tout premier lieu le besoin d’accessibilité des établissements scolaires pour tous les élèves en situation de handicap.
Même si la rectrice de Dijon avait insisté sur l’amélioration de l’accessibilité des locaux grâce au travail de collaboration avec les collectivités locales, une des conseillères régionales de la région de Bourgogne-Franche-Comté avait utilisé plus tôt l’expression effrayante de « mur d’investissement colossal » face à cette nécessité, soulignant que dans cette région seuls 9 lycées publics sur 128 avaient réussi à rendre leurs locaux totalement accessibles !… En revanche, les 47 collèges publics dans ce même département semblent aux normes. Mais que dire de tous les établissements scolaires des autres régions ?
De son côté, Édouard Geffray a particulièrement mis en avant sa volonté de trouver une solution individuelle à chaque élève en situation de handicap, quel que soit son handicap, en cherchant à tout mettre en œuvre pour intervenir au plus tôt auprès de l’élève et de ses parents. Il semblerait malgré tout, si l’on écoute les parents et les associations, que nous soyons loin du compte et qu’il reste encore de nombreux enfants déscolarisés ou scolarisés partiellement faute d’aide humaine. Le ministre a cité le chiffre de 35 000… enfants sans solution, les associations sont encore plus pessimistes et vont jusqu’à 50 000.
Même si le SNCL est particulièrement touché par le sort réservé à ces élèves, il faudrait penser également aux enseignants et aux personnels d’une façon générale dont ce type de mission est totalement hors de leur fonction et bien loin de leur cœur de métier. Ils se trouvent souvent désarmés face à ces élèves pour lesquels des solutions adaptées et individuelles doivent être trouvées sans en rajouter sur le travail déjà intense que les enseignants et les AESH doivent mener.
Bien entendu, le ministre se réjouit d’être désormais capable d’accompagner les élèves en situation de handicap de la maternelle au lycée et dans tous les cas de leur donner la possibilité d’aller le plus loin possible. Mais encore une fois, rares sont les enseignants actuels à avoir reçu une formation suffisante pour leur permettre de faire face aux difficultés liées aux différents handicaps de ces jeunes.
Le ministre toutefois a promis d’inscrire des modules de formations concernant les enfants en situation de handicap et les EBEP dans la formation initiale des nouveaux enseignants à venir : ce qui serait un glissement majeur de la définition du métier de professeur.
Même s’il a insisté sur la nécessité de faire équipe avec le personnel médico-social afin de favoriser l’épanouissement de chacun, en mettant en place progressivement les PAS et les LPI, ne semble-t-il pas que l’institution oublie les enseignants qui en toute bonne foi n’arrivent plus à trouver le temps nécessaire pour ce travail supplémentaire alors qu’ils sont déjà submergés par les réunions en nombre exponentiel auxquelles ils sont obligés d’assister ?
Édouard Geffray a également insisté sur l’importance qu’il accordait à l’extension des PAS, voués à remplacer les PIAL, nouvelle solution déjà adoptée dans quatre départements dont la Côte-d’Or. Les PAS ont été présentés comme une réponse adaptée autant auprès des élèves que des parents et des enseignants afin d’éviter qu’un élève à besoins éducatifs particuliers ne se retrouve sans solution immédiate.
La Bourgogne a été citée comme « région pilote » avec 17 PAS en Côte d’Or et 8 dans la Nièvre, ce qui explique le déplacement du ministre à Dijon. Comme l’ont souligné le ministre puis les autres intervenants, les PAS progressivement mis en place associent l’Education Nationale certes, mais également l’ARS, (Agence Régionale de Santé), les collectivités territoriales, les professionnels de la santé et du secteur médico-social et enfin les familles.
Les intervenants ont insisté sur les avantages que le PAS pouvait apporter à chacun, sachant que les sollicitations peuvent émaner de parents, des enseignants, des autres membres de l’équipe et offrir une réponse rapide et adaptée à un enfant à besoin éducatif particulier, en situation de handicap ou non. N’oublions pas que les HPI de plus en plus détectés dès leur plus jeune âge ne trouvaient dans l’école aucune réponse à leurs problèmes pourtant nombreux. On ne peut que féliciter l’institution pour ne pas les avoir oubliés pour une fois et pour tenter de répondre au désarroi des parents et des enfants HPI.
Bien sûr, rien ne peut se faire sans l’aide des AESH sur lesquels les discussions se sont longuement attardées, considérés désormais comme second métier de l’Éducation nationale. Pas toujours faciles à recruter, en particulier en raison de leur statut précaire et de leurs revenus extrêmement faibles, ces personnels sont indispensables à l’inclusion et pourtant le Sénat a récemment refusé de les titulariser. Actuellement au nombre de 144 000, ils ne représentent que 90 500 équivalents temps plein, sachant que le temps partiel leur est imposé dans quasiment tous les cas.
Enfin la réunion s’est achevée avec la présentation du LPI, (Livret de Parcours Inclusif), nouvelle plateforme qui se met en place progressivement pour permettre une interface entre les différents acteurs de l’inclusion que ce soit l’élève, le parent, l’enseignant, l’AESH, la direction, le référent handicap, le personnel médical. Elle regroupe tous les aménagements dont l’élève a besoin, dans le cadre de son PAI, PPRE, PAP, etc … remplaçant en cela le GEVASCO et les différents supports papiers.
Même si ce document a pour but de fluidifier le transfert de données, il va encore augmenter la charge de travail du professeur principal ainsi que celle des autres enseignants de l’équipe pédagogique.
Après quoi, plusieurs témoins se sont présentés pour donner des exemples précis des différentes situations auxquelles ils avaient été confrontés et des solutions qui leur avaient paru adéquates.
Nous pouvons conclure que le ministre a prouvé qu’il était conscient des difficultés liées au déploiement de l’école inclusive et qu’il était prêt à faire tout son possible, mais sans jamais évoquer la charge de travail supplémentaire et non rémunérée que l’école inclusive impose à tous ses membres, dont les enseignants.
Le SNCL a déjà eu l’occasion de vous informer de la situation des fonctionnaires dans les DROM* face au décret n°2024-641 du 27 juin 2024 (applicable aux fonctionnaires de l’État depuis le 1er septembre 2024), en dénonçant le traitement inéquitable de ces derniers par rapport à leurs collègues de l’hexagone.
Pour rappel, le gouvernement a insidieusement accouché de l’inconcevable. LA CIBLE ? Les fonctionnaires dans les DROM, qu’ils soient titulaires, stagiaires ou agents contractuels, concernant les modalités d’indemnisation en cas de congés de longue maladie et de grave maladie (CLM et CGM).
Le SNCL s’insurge contre ces modalités d’indemnisation et s’indigne d’un tel traitement !
QUID DE CES MESURES SCÉLÉRATES ?
Dès le 1er mars 2025, il ne vous a pas échappé que le personnel en congé de maladie ordinaire (CMO) a vu ses droits changés. Désormais, il perçoit :
• 90 % du traitement pendant les 3 premiers mois, 50 % les 9 mois suivants.
• Majoration de vie chère et primes alignées sur le traitement (90 % les 3 premiers mois puis 50 % les autres mois).
À partir du 1er septembre 2024, tout personnel placé en CLM et CGM devrait quant à lui percevoir :
• Traitement indiciaire : 100 % la 1ère année, puis 60 % les 2 années suivantes.
• Indemnité vie chère : 33 % la 1ère année, 60 % les 2 années suivantes.
C’est précisément sur ce dernier point qu’apparait à nos yeux la difficulté et l’injustice : un fonctionnaire affecté dans un DOM perçoit une majoration de traitement de 40 % en raison des conditions économiques de son lieu d’exercice. Or, cette majoration de traitement est réduite à 33 % dès lors qu’il tombe en CLM ou CGM !
C’est une HONTE ! Quand on sait que les personnels en CLM et CGM sont en difficulté, car touchés physiquement et moralement par la maladie et se voient désormais attaqués financièrement avec ces mesures ; et pourtant ni loyer, crédits, frais médicaux ne sont minorés pendant cette période !
Une discrimination inacceptable, mais assumée par le gouvernement !
Interrogé par notre Bureau national, le ministère de l’Éducation s’abrite derrière une subtilité qui consiste à assimiler la majoration de traitement à une « prime » qui, elle, est conditionnée à l’exercice.
Non satisfait de ces éléments, le SNCL a demandé et obtenu audience auprès de la DGRH afin de faire valoir ses arguments. L’administration a maintenu sa lecture juridique et fait comprendre que seule une action contentieuse de notre part pourrait la faire changer de position.
Le SNCL dénonce la lecture actuelle de la DGRH pour au moins une raison simple :
La majoration de traitement est attribuée à tout fonctionnaire originaire qui bénéficie de congés bonifiés dans les DOM et est retirée au fonctionnaire qui part en vacances en métropole ! Cette majoration est donc bien conditionnée à la présence sur le territoire et non au simple fait d’être en exercice sur ce territoire !
La DGAFP a donc choisi de frapper lourdement les DROM en pénalisant les agents publics d’Outre-mer malades. Les collègues en CLM et CGM se voient réclamer de façon rétroactive des trop perçus avec des sommes atteignant plusieurs milliers d’euros !
Face à cette énième attaque déguisée sur la majoration vie chère, le SNCL exhorte le gouvernement à abolir ce texte qui piétine nos acquis et instaure une iniquité sur le territoire national.
L’heure de la riposte a sonné, une intersyndicale inter DOM à laquelle le SNCL participe s’est constituée et a décidé de lancer un appel à la grève avec une journée de mobilisation le 3 février 2026 dans l’ensemble des territoires d’outremer.
Le SNCL appelle tous les personnels de l’éducation à la plus grande vigilance et prépare dès à présent un recours en justice.
Mobilisons-nous dans tous les DROM pour rétablir nos acquis !
Réclamons et exigeons l’abolition de ce texte inique qui fragilise encore plus les collègues !
Bien que le ministère affiche une progression globale des inscriptions de 46,3 % par rapport à 2025, le SNCL rappelle que l’exercice 2026 est marqué par l’organisation exceptionnelle d’une double session (concours à Bac+3 et Bac+5). Cette augmentation apparente s’explique par le fait que de nombreux candidats en master s’inscrivent simultanément aux deux concours. In fine, chaque lauréat ne pourra occuper qu’un unique poste, ce qui relativise fortement l’impact réel de ces chiffres sur le recrutement.
La communication du ministère sur les inscriptions pourrait perdre tout son crédit si de nombreux postes restaient vacants.