Alors que la réforme de la Protection Sociale Complémentaire (PSC) entre dans une phase décisive, de nouvelles règles s’appliqueront aux agents actifs dès le 1er mai 2026. Entre contrat collectif, maintien des contrats individuels et garanties statutaires, le SNCL vous aide à y voir clair.
Liberté de choix : obligatoire ou facultatif ?
Il est essentiel de distinguer le volet « Santé » (assurance complémentaire pour frais d’hospitalisation, médicaments, maternité, …) du volet « Prévoyance » (maintien de salaire, invalidité, décès) :
- La couverture Santé : elle devient obligatoire (hors dispense).
- La Prévoyance : elle reste facultative. Vous avez la liberté de souscrire ou non à une couverture complémentaire.
Si vous choisissez d’être couvert, deux options s’offrent à vous :
- Le contrat collectif : le marché a été attribué au groupement MGEN / CNP / MAGE.
- Le contrat individuel : vous pouvez conserver votre contrat actuel ou en souscrire un auprès de l’assureur de votre choix.
Toutefois, une vigilance majeure s’impose pour les collègues actuellement en arrêt maladie. Si vous êtes en arrêt, il ne faut pas adhérer au contrat collectif avant d’avoir repris votre service. En effet, une adhésion pendant un arrêt déclenche un questionnaire de santé pouvant mener à une exclusion de garantie pour votre pathologie actuelle. De plus, cela pourrait interrompre les versements de votre contrat de prévoyance en cours.
Garanties et Financement : quel coût ?
Le contrat collectif repose sur un « socle » de garanties (incapacité, invalidité, décès) avec une option supplémentaire.
- Participation de l’État : 7 € mensuels par agent pour la partie socle.
- Cotisation agent (Socle) : 0,95 % de la rémunération brute.
- Couverture complète (Socle + Option) : 1,58 % de la rémunération brute.
À noter : même les agents dispensés du volet « Santé » peuvent adhérer à ce contrat collectif prévoyance.
Ce que couvre concrètement le contrat collectif :
En cas d’incapacité de travail, le niveau de couverture dépend de la nature de votre arrêt :
Congé de Maladie Ordinaire (CMO) : sans couverture complémentaire, votre rémunération tombe à la moitié après 3 mois d’arrêt. Le socle seul ne couvre pas le CMO. C’est l’option additionnelle qui intervient en complétant jusqu’à 80 % de la rémunération en cas de demi-traitement.
Congé de Longue Maladie / Congé de Grave Maladie (CLM/CGM) : le socle prend le relais dès la 1ère année à 100 % de la rémunération, puis 80 % les 2ème et 3ème années.
Congé de Longue Durée (CLD) : l’option additionnelle complète jusqu’à 80 % de la rémunération en cas de demi-traitement (les années 4 et 5, où l’employeur ne maintient que 50 % de la rémunération indiciaire).
En cas d’invalidité d’origine non professionnelle, le socle garantit :
- 50 % de la rémunération pour une invalidité de 1ère catégorie
- 80 % de la rémunération pour les 2ème et 3ème catégories
- 80 % + une allocation tierce personne de 40 % pour la 3ème catégorie nécessitant une assistance
Ces prestations sont versées jusqu’à la date de liquidation de la retraite.
En cas de décès toutes causes, le socle prévoit le versement d’un an de rémunération aux ayants droit, en complément des sommes versées par l’employeur ou la Sécurité sociale.
Ces garanties sont servies après déduction des sommes versées par l’employeur et les régimes de Sécurité sociale. La couverture du délai de carence est exclue.
Le calendrier est irréaliste et le parcours d’adhésion complexe.
Le SNCL dénonce l’impréparation de cette mise en œuvre :
- L’obstacle technique : il est impossible d’adhérer en ligne directement. Il faut impérativement téléphoner à la MGEN au 09 72 72 16 17 pour obtenir un devis avant toute souscription !
- Le délai : face à l’envoi tardif des informations (mars pour une application en mai), le SNCL demande l’allongement du délai de 6 mois initialement prévu pour adhérer sans questionnaire de santé (hors cas des arrêts maladie).
Et le contrat individuel ?
Reste la possibilité de ne pas souscrire au contrat collectif, mais de prendre un contrat prévoyance individuel auprès de la MGEN ou de n’importe quel autre assureur. Dans ce cas, il y a autant d’offres que d’organismes et nous invitons les collègues à bien lire toutes les conditions, surtout celles des compléments de salaire prévus en cas de situation de maladie prolongée. De plus, les tarifs de ces offres varient grandement (notamment selon l’âge de l’agent et l’ensemble des prestations et options retenues). Dans tous les cas, gardez à l’esprit que l’aide employeur de 7 euros ne peut pas être obtenue pour un contrat prévoyance individuel et que, si un jour vous souhaitez réintégrer le contrat prévoyance collectif, cela restera possible dans le futur mais soumis à approbation via un questionnaire médical…
Enfin, il y a aussi la possibilité de ne prendre aucun contrat : mais attention, les collègues faisant ce choix doivent être conscient qu’en cas d’arrêt maladie prolongé, leur niveau de rémunération chutera rapidement (voir notre article précédent : https://admin.sncl.fr/wp-content/uploads/Fiche-memento-5415-Protection-sociale-complementaire-de-prevoyance.pdf)
En conclusion
Le SNCL vous accompagne dans l’analyse de ces nouveaux contrats pour garantir la protection de vos droits. Nous pouvons vous aider à comparer une option individuelle, évolutive selon l’âge, et le contrat collectif, indexé uniquement sur votre rémunération. Pour bénéficier de notre expertise et d’un conseil sur mesure, sollicitez dès aujourd’hui un entretien téléphonique par courriel : communication@sncl.fr






