SNCL

Syndicat National des Collèges et des Lycées

  • 2e réunion du CNSEI, Comité National de Suivi de l’École Inclusive

    Le 19 décembre dernier, la seconde réunion du Comité National de Suivi de l’École inclusive s’est tenue à Dijon en présence du ministre de l’Éducation nationale, Edouard Geffray, accompagné par la ministre chargée de l’Autonomie et des Personnes Handicapées, Charlotte Parmentier-Lecoq.

    Le SNCL, convié à cette réunion, a répondu présent.

    Le ministre était présent à Dijon depuis le matin ; il avait pu visiter le collège Gaston Bachelard et surtout échanger avec le personnel impliqué dans les PAS, (Pôle d’Appui à la Scolarité).  Il faut dire que la Côte-d’Or fait figure de tête de proue dans la mise en place des nouveautés de l’école inclusive.

    L’un après l’autre, les deux ministres ont insisté sur leur désir de développer l’école inclusive. En insistant sur le nombre croissant d’enfants en situation de handicap ainsi que les EBEP, (Élèves à Besoins Éducatifs Particuliers), et leurs différents besoins d’intégration, ils ont déroulé les enjeux de l’école inclusive. Pour l’un comme pour l’autre, il s’agit d’une ambition forte gouvernementale et qui a pour objectif premier d’instaurer un pilier de la cohésion sociale. Il est bien certain que vingt ans après la publication des textes de la loi « handicap » du 11 février 2005 sur l’égalité des droits et des chances, il était temps de faire un point, entre autres, sur l’application du droit pour chaque enfant en situation de handicap d’être scolarisé dans une école ordinaire.

    Mais pour une école « pleinement inclusive » comme le souhaitent les deux ministres, encore faut-il être capable de mettre les moyens financiers et humains face à ce défi ! Actuellement, beaucoup d’écoles, collèges, lycées travaillent avec des rustines : un AESH pour deux ou trois élèves, ou seulement sur une partie de l’emploi du temps de l’élève, et des enseignants souvent désarmés face à des problématiques qu’ils ne maîtrisent pas, et confrontés à un nombre d’élèves par classe trop important. Comment installer dans de bonnes conditions 30 élèves auxquels s’ajoutent un ou deux AESH alors que la salle est configurée pour accueillir 28 élèves voire 30 au mieux ?

    Toutefois – et en cela, nous ne pouvons qu’être en accord avec les ministres – ils ont souligné en tout premier lieu le besoin d’accessibilité des établissements scolaires pour tous les élèves en situation de handicap.

    Même si la rectrice de Dijon avait insisté sur l’amélioration de l’accessibilité des locaux grâce au travail de collaboration avec les collectivités locales, une des conseillères régionales de la région de Bourgogne-Franche-Comté avait utilisé plus tôt l’expression effrayante de « mur d’investissement colossal » face à cette nécessité, soulignant que dans cette région seuls 9 lycées publics sur 128 avaient réussi à rendre leurs locaux totalement accessibles !…  En revanche, les 47 collèges publics dans ce même département semblent aux normes. Mais que dire de tous les établissements scolaires des autres régions ?

    De son côté, Édouard Geffray a particulièrement mis en avant sa volonté de trouver une solution individuelle à chaque élève en situation de handicap, quel que soit son handicap, en cherchant à tout mettre en œuvre pour intervenir au plus tôt auprès de l’élève et de ses parents. Il semblerait malgré tout, si l’on écoute les parents et les associations, que nous soyons loin du compte et qu’il reste encore de nombreux enfants déscolarisés ou scolarisés partiellement faute d’aide humaine. Le ministre a cité le chiffre de 35 000… enfants sans solution, les associations sont encore plus pessimistes et vont jusqu’à 50 000.

    Même si le SNCL est particulièrement touché par le sort réservé à ces élèves, il faudrait penser également aux enseignants et aux personnels d’une façon générale dont ce type de mission est totalement hors de leur fonction et bien loin de leur cœur de métier. Ils se trouvent souvent désarmés face à ces élèves pour lesquels des solutions adaptées et individuelles doivent être trouvées sans en rajouter sur le travail déjà intense que les enseignants et les AESH doivent mener.

    Bien entendu, le ministre se réjouit d’être désormais capable d’accompagner les élèves en situation de handicap de la maternelle au lycée et dans tous les cas de leur donner la possibilité d’aller le plus loin possible. Mais encore une fois, rares sont les enseignants actuels à avoir reçu une formation suffisante pour leur permettre de faire face aux difficultés liées aux différents handicaps de ces jeunes.

    Le ministre toutefois a promis d’inscrire des modules de formations concernant les enfants en situation de handicap et les EBEP dans la formation initiale des nouveaux enseignants à venir : ce qui serait un glissement majeur de la définition du métier de professeur.

    Même s’il a insisté sur la nécessité de faire équipe avec le personnel médico-social afin de favoriser l’épanouissement de chacun, en mettant en place progressivement les PAS et les LPI, ne semble-t-il pas que l’institution oublie les enseignants qui en toute bonne foi n’arrivent plus à trouver le temps nécessaire pour ce travail supplémentaire alors qu’ils sont déjà submergés par les réunions en nombre exponentiel auxquelles ils sont obligés d’assister ?

    Édouard Geffray a également insisté sur l’importance qu’il accordait à l’extension des PAS, voués à remplacer les PIAL, nouvelle solution déjà adoptée dans quatre départements dont la Côte-d’Or. Les PAS ont été présentés comme une réponse adaptée autant auprès des élèves que des parents et des enseignants afin d’éviter qu’un élève à besoins éducatifs particuliers ne se retrouve sans solution immédiate.

    La Bourgogne a été citée comme « région pilote » avec 17 PAS en Côte d’Or et 8 dans la Nièvre, ce qui explique le déplacement du ministre à Dijon. Comme l’ont souligné le ministre puis les autres intervenants, les PAS progressivement mis en place associent l’Education Nationale certes, mais également l’ARS, (Agence Régionale de Santé), les collectivités territoriales, les professionnels de la santé et du secteur médico-social et enfin les familles.

    Les intervenants ont insisté sur les avantages que le PAS pouvait apporter à chacun, sachant que les sollicitations peuvent émaner de parents, des enseignants, des autres membres de l’équipe et offrir une réponse rapide et adaptée à un enfant à besoin éducatif particulier, en situation de handicap ou non. N’oublions pas que les HPI de plus en plus détectés dès leur plus jeune âge ne trouvaient dans l’école aucune réponse à leurs problèmes pourtant nombreux. On ne peut que féliciter l’institution pour ne pas les avoir oubliés pour une fois et pour tenter de répondre au désarroi des parents et des enfants HPI.

    Bien sûr, rien ne peut se faire sans l’aide des AESH sur lesquels les discussions se sont longuement attardées, considérés désormais comme second métier de l’Éducation nationale. Pas toujours faciles à recruter, en particulier en raison de leur statut précaire et de leurs revenus extrêmement faibles, ces personnels sont indispensables à l’inclusion et pourtant le Sénat a récemment refusé de les titulariser. Actuellement au nombre de 144 000, ils ne représentent que 90 500 équivalents temps plein, sachant que le temps partiel leur est imposé dans quasiment tous les cas.

    Enfin la réunion s’est achevée avec la présentation du LPI, (Livret de Parcours Inclusif), nouvelle plateforme qui se met en place progressivement pour permettre une interface entre les différents acteurs de l’inclusion que ce soit l’élève, le parent, l’enseignant, l’AESH, la direction, le référent handicap, le personnel médical. Elle regroupe tous les aménagements dont l’élève a besoin, dans le cadre de son PAI, PPRE, PAP, etc … remplaçant en cela le GEVASCO et les différents supports papiers.

    Même si ce document a pour but de fluidifier le transfert de données, il va encore augmenter la charge de travail du professeur principal ainsi que celle des autres enseignants de l’équipe pédagogique.

    Après quoi, plusieurs témoins se sont présentés pour donner des exemples précis des différentes situations auxquelles ils avaient été confrontés et des solutions qui leur avaient paru adéquates.

    Nous pouvons conclure que le ministre a prouvé qu’il était conscient des difficultés liées au déploiement de l’école inclusive et qu’il était prêt à faire tout son possible, mais sans jamais évoquer la charge de travail supplémentaire et non rémunérée que l’école inclusive impose à tous ses membres, dont les enseignants.

  • Être malade dans les DOM : double peine et discrimination inacceptable, assumée par le gouvernement !

    Le SNCL en manifestation, ici en Guadeloupe. Une foule de manifestants défile derrière une banderole du SNCL.

    Riposte des syndicats dans les DROM !

    Le SNCL a déjà eu l’occasion de vous informer de la situation des fonctionnaires dans les DROM* face au décret n°2024-641 du 27 juin 2024 (applicable aux fonctionnaires de l’État depuis le 1er septembre 2024), en dénonçant le traitement inéquitable de ces derniers par rapport à leurs collègues de l’hexagone.

    Pour rappel, le gouvernement a insidieusement accouché de l’inconcevable. LA CIBLE ? Les fonctionnaires dans les DROM, qu’ils soient titulaires, stagiaires ou agents contractuels, concernant les modalités d’indemnisation en cas de congés de longue maladie et de grave maladie (CLM et CGM).

    Le SNCL s’insurge contre ces modalités d’indemnisation et s’indigne d’un tel traitement !

    QUID DE CES MESURES SCÉLÉRATES ?

    Dès le 1er mars 2025, il ne vous a pas échappé que le personnel en congé de maladie ordinaire (CMO) a vu ses droits changés. Désormais, il perçoit :

    • 90 % du traitement pendant les 3 premiers mois, 50 % les 9 mois suivants.

    • Majoration de vie chère et primes alignées sur le traitement (90 % les 3 premiers mois puis 50 % les autres mois).

    À partir du 1er septembre 2024, tout personnel placé en CLM et CGM devrait quant à lui percevoir :

    • Traitement indiciaire : 100 % la 1ère année, puis 60 % les 2 années suivantes. ‌

    • Indemnité vie chère : 33 % la 1ère année, 60 % les 2 années suivantes.

    C’est précisément sur ce dernier point qu’apparait à nos yeux la difficulté et l’injustice : un fonctionnaire affecté dans un DOM perçoit une majoration de traitement de 40 % en raison des conditions économiques de son lieu d’exercice. Or, cette majoration de traitement est réduite à 33 % dès lors qu’il tombe en CLM ou CGM !

    C’est une HONTE ! Quand on sait que les personnels en CLM et CGM sont en difficulté, car touchés physiquement et moralement par la maladie et se voient désormais attaqués financièrement avec ces mesures ; et pourtant ni loyer, crédits, frais médicaux ne sont minorés pendant cette période !

    Une discrimination inacceptable, mais assumée par le gouvernement !

    Interrogé par notre Bureau national, le ministère de l’Éducation s’abrite derrière une subtilité qui consiste à assimiler la majoration de traitement à une « prime » qui, elle, est conditionnée à l’exercice.

    Non satisfait de ces éléments, le SNCL a demandé et obtenu audience auprès de la DGRH afin de faire valoir ses arguments. L’administration a maintenu sa lecture juridique et fait comprendre que seule une action contentieuse de notre part pourrait la faire changer de position.

    Le SNCL dénonce la lecture actuelle de la DGRH pour au moins une raison simple :

    La majoration de traitement est attribuée à tout fonctionnaire originaire qui bénéficie de congés bonifiés dans les DOM et est retirée au fonctionnaire qui part en vacances en métropole ! Cette majoration est donc bien conditionnée à la présence sur le territoire et non au simple fait d’être en exercice sur ce territoire !

    La DGAFP a donc choisi de frapper lourdement les DROM en pénalisant les agents publics d’Outre-mer malades.  Les collègues en CLM et CGM se voient réclamer de façon rétroactive des trop perçus avec des sommes atteignant plusieurs milliers d’euros !

    Face à cette énième attaque déguisée sur la majoration vie chère, le SNCL exhorte le gouvernement à abolir ce texte qui piétine nos acquis et instaure une iniquité sur le territoire national.

    L’heure de la riposte a sonné, une intersyndicale inter DOM à laquelle le SNCL participe s’est constituée et a décidé de lancer un appel à la grève avec une journée de mobilisation le 3 février 2026 dans l’ensemble des territoires d’outremer.

    Le SNCL appelle tous les personnels de l’éducation à la plus grande vigilance et prépare dès à présent un recours en justice.

    Mobilisons-nous dans tous les DROM pour rétablir nos acquis !

    Réclamons et exigeons l’abolition de ce texte inique qui fragilise encore plus les collègues !

    *DROM : départements et régions d’outre-mer

  • Concours 2026 : une hausse des inscriptions très relative

    Une très grande salle de classe ou d'étude, vide.

    Bien que le ministère affiche une progression globale des inscriptions de 46,3 % par rapport à 2025, le SNCL rappelle que l’exercice 2026 est marqué par l’organisation exceptionnelle d’une double session (concours à Bac+3 et Bac+5). Cette augmentation apparente s’explique par le fait que de nombreux candidats en master s’inscrivent simultanément aux deux concours. In fine, chaque lauréat ne pourra occuper qu’un unique poste, ce qui relativise fortement l’impact réel de ces chiffres sur le recrutement.

    La communication du ministère sur les inscriptions pourrait perdre tout son crédit si de nombreux postes restaient vacants.

    La ventilation intégrale des postes aux différents concours de professeurs, CPE et PsyEN est à retrouver ici.

    Vous retrouverez ci-dessous la répartition des postes ouverts aux concours externes du CRPE et du CAPES :

    Concours de recrutement de professeurs des écoles

    Concours externes (dont concours externes spéciaux)

    Académies2025 – Rappel postes2026 – Prévision postes BAC+52026 – Prévision postes BAC+32026 – Total prévision postes
    Aix-Marseille421363239602
    Amiens267244152396
    Besançon15914391234
    Bordeaux337322214536
    Clermont-Ferrand1029758155
    Corse20142034
    Créteil8695705571 127
    Dijon182164104268
    Grenoble435410247657
    Guadeloupe26222042
    Guyane11075109184
    Lille448305255560
    Limoges70593392
    Lyon362293172465
    Martinique19132033
    Mayotte1150125125
    Montpellier274227158385
    Nancy-Metz316286180466
    Nantes237232135367
    Nice320286191477
    Normandie420402240642
    Orléans-Tours345327202529
    Paris236204134338
    Poitiers13611477191
    Reims13611577192
    Rennes13712694220
    Reunion1208269151
    Strasbourg190189131320
    Toulouse333283191474
    Versailles9606186961 314
    Polynésie Française1515924

    Concours de recrutement de professeurs certifiés de l’enseignement secondaire (Capes)

    Concours externes bac + 5 et bac + 3 du Capes

    Sections et options2025 – Rappel postes2026 – Prévision postes BAC+52026 – Prévision postes BAC+32026 – Total prévision postes
    Arts plastiques1009886184
    Documentation127120110230
    Éducation musicale et chant choral957575150
    Histoire et géographie6456104901 100
    Langue corse222
    Langue des signes française222
    Langues régionales : basque 233
    Langues régionales : breton333
    Langues régionales : catalan111
    Langues régionales : créole444
    Langues régionales : occitan-langue d’oc333
    Langues vivantes étrangères :  allemand1016553118
    Langues vivantes étrangères : anglais7707105951 305
    Langues vivantes étrangères : arabe577
    Langues vivantes étrangères : espagnol273255230485
    Langues vivantes étrangères : italien182222
    Lettres : lettres classiques60404080
    Lettres : lettres modernes6695855851 170
    Mathématiques9907307001 430
    Numérique et sciences informatiques55454085
    Philosophie14511580195
    Physique chimie376275275550
    Sciences de la vie et de la Terre320310225535
    Sciences économiques et sociales11510065165
  • Suppressions de postes dans le premier degré : une ultime provocation

    Une salle de classe de primaire chargée.

    À la rentrée scolaire 2026, le ministère de l’Éducation nationale engage une vague massive de suppressions de postes, notamment dans le premier degré où 1891 postes vont disparaître.

    A l’heure où l’école est à bout de souffle avec des enseignants en souffrance, le ministère profite de la baisse démographique pour justifier ces suppressions. Le service public d’éducation est une nouvelle fois malmené par ceux qui prônent pourtant son importance.

    Un mauvais calcul budgétaire aux dépens de la qualité éducative

    Plutôt que de profiter de cette baisse démographique pour maintenir les postes d’enseignants et améliorer ainsi les conditions de travail en classe aussi bien pour les enseignants que pour les élèves, le ministère nie les besoins pédagogiques des équipes. Répartir les mêmes élèves sur moins de classes aggrave la charge de travail des enseignants et fragilise les dispositifs éducatifs, notamment dans les zones populaires ou rurales. Se baser sur une moyenne, c’est fausser la réalité du terrain. Pour que l’école fonctionne, il faut des moyens. La pédagogie est l’essence même de notre métier mais pour répondre de façon individualisée aux besoins des élèves, il faudrait moins d’élèves par classe. Au lieu de ça, le ministère ferme des postes diminuant également le nombre de remplaçants disponibles. Ainsi, on retrouve bien souvent dans le 1er degré des collègues qui accueillent plusieurs jours voire plusieurs semaines dans leur classe les élèves de leur collègue absent et non remplacé. S’ajoute à cela l’inclusion des élèves à besoins particuliers avec des moyens insuffisants qui met à mal les enseignants et élèves.

    Quand l’austérité s’attaque à l’avenir

    Les choix actuels s’inscrivent dans une logique comptable plutôt qu’éducative. Réduire les moyens de l’Éducation nationale est une stratégie qui fera payer le prix fort aux professeurs et aux élèves. Plutôt que de renforcer l’école, les suppressions de postes risquent de dégrader les conditions d’apprentissage dès le plus jeune âge, de renforcer les frustrations et la fatigue des enseignants déjà sous tension permanente et d’accroître les inégalités scolaires.

    Dans un contexte de pénurie d’enseignants, réduire encore les moyens disponibles n’est pas une solution raisonnable et ne risque pas d’attirer des volontaires pour passer le concours. Qui veut devenir professeur dans des conditions de travail dégradées, un climat de classe de plus en plus anxiogène, des moyens humains réduits, le tout sans revalorisation salariale ?

    Les prétendues économies réalisées aujourd’hui se traduiront bientôt par une école moins capable d’assurer l’égalité des chances et de former les citoyens de demain. Les professeurs tiennent l’école à bout de bras… Pour combien de temps ?

  • La complémentaire santé obligatoire et la prévoyance : quelles nouveautés ?

    Où en sommes-nous ?

    Les personnels des zones A et B sont supposés avoir reçu dans leur boite professionnelle un lien pour effectuer leur « parcours d’affiliation », une procédure visant à préparer la transition vers le nouveau système de complémentaire santé obligatoire. Les liens de la zone C, de la Corse et des académies outre-mer sont en cours de distribution. C’est ce même lien qu’il faudra utiliser si vous êtes dans un cas de dispense.

    Si vous ne recevez pas votre lien d’affiliation dans la période annoncée, il se peut que vous fassiez partie des vagues complémentaires d’envois organisées dans les cas suivants :

    – personnels de direction et d’inspection, AED, personnels des GRETA, nouveaux sur un poste, congé parental, congé de proche aidant, congé de présence parentale, congé de solidarité familiale, congé de formation professionnelle, bénéficiaire de l’allocation spécifique de cessation anticipée d’activité, personnels en disponibilité pour élever un enfant de moins de 12 ans.

    Dans tous ces cas, votre lien d’affiliation devrait vous être transmis en février.

    – En dehors de ces situations, si vous n’avez toujours pas reçu de lien, vous pouvez contacter dès à présent un conseiller MGEN via la ligne téléphonique dédiée au 09 72 72 16 17. Si vous souhaitez obtenir une dispense d’affiliation, il est à noter que l’attestation sur l’honneur, dûment complétée et signée, est le seul document accepté pour l’obtenir.

    Combien ça coûte ?

    Le tableau ci-dessous présente les futurs tarifs de la complémentaire santé pour 4 exemples de situation de carrière :

     prof des écoles stag éch 1certifié cl norm éch 8PLP hors cl échelon 4agrégé cl exc éch 3 HEB3
    Traitement brut avec ISOE part fixe2157,00 €2979,10 €3756,90 €5223.89 €
    Socle (*)32,19 €38,46 €44,38 €45,66 €
    option 1 (**)+7,23 €+7,23 €+7,23 €+7,23 €
    option 2 (***)+30,33 €+30,33 €+30,33 €+30,33 €

    Le coût du socle est prélevé sur la feuille de paie. En revanche, l’éventuelle option est prélevée sur votre compte.

    (*) La participation employeur de 37,69 euros est déjà déduite des montants indiqués

    (**) pour l’option 1, une aide de 3 ,62 euros est accordée par l’État employeur (non déduite dans le tableau ci-dessus).

    (***) pour l’option 2, une aide de 5 euros est accordée (non déduite dans le tableau ci-dessus).

    Pour les ayants droit, le tarif est identique quel que soit le revenu. Le choix entre le socle, l’option 1 ou l’option 2 s’impose obligatoirement à toute la famille. Seule la couverture des deux premiers enfants est facturée.

     ConjointEnfant 1Enfant 2Enfant 3 (et suivants)
    Socle85,87 €35,13 €35,13 €0 €
    Option 193,10 €38,74 €36,94 €0 €
    Option 2116,2 €50,30 €42,71 €0 €

    Et les personnels pensionnés ?

    Les personnels pensionnés ont quant à eux finalement deux ans pour déterminer s’ils optent pour le contrat collectif ou s’ils décident de conserver le bénéfice de leur contrat individuel. Néanmoins, l’ensemble des autres informations que nous avons publiées dans notre précédent bulletin les concernant restent valides.

    Le volet prévoyance

    Bien que le volet prévoyance ne se déploiera que dans un second temps (constituant le second volet de la métamorphose de notre couverture), de nombreuses informations sont déjà connues : le SNCL met à votre disposition une fiche Mémento de synthèse sur la question, à retrouver en ligne sur notre site ou dans notre prochain bulletin national trimestriel.

  • Formation continue : des professeurs volontaires mais entravés par les réalités du terrain

    Le SNCL a entrepris une analyse des résultats du baromètre Réseau Canopé / Ipsos publié le 12 janvier 2026 concernant les besoins de formation continue des professeurs. Ce rapport met en lumière un véritable paradoxe de l’engagement, car si la quasi-totalité des enseignants juge la formation indispensable, ils se heurtent à des obstacles majeurs. Le manque de temps et les difficultés persistantes de remplacement constituent les freins principaux en particulier dans le 1er degré, révélant une institution qui exige une montée en compétences sans fournir les moyens humains ou temporels nécessaires.

    Cette étude souligne également l’urgence délaissée du bien-être au travail. Les besoins exprimés en matière de santé mentale et de gestion du climat scolaire témoignent d’une dégradation de la situation sur le terrain. Les enseignants se retrouvent souvent isolés face à des problématiques sociales et psychologiques complexes qui dépassent largement leur mission d’enseignement initiale. Parallèlement, le sentiment d’abandon concernant l’inclusion scolaire est flagrant. La forte demande de formation pour gérer l’hétérogénéité des classes confirme les difficultés de l’école inclusive lorsqu’elle manque de moyens tels que les AESH ou des effectifs réduits.

    Une formation bouleversée par l’Intelligence Artificielle

    L’émergence de l’intelligence artificielle générative représente une nouvelle priorité, mais elle est perçue comme une potentielle charge supplémentaire. Pour le SNCL, l’enjeu consiste à maîtriser ces outils de manière critique afin d’éviter qu’ils ne se transforment en une simple injonction de productivité ou ne dégradent l’expertise pédagogique humaine.

    Concernant les formats de formation, l’intérêt pour l’hybridation (combinaison de présentiel et de distanciel) et les échanges entre pairs suggère un rejet des modèles descendants. Toutefois, le SNCL reste vigilant face au développement du format distanciel, craignant qu’il ne favorise une formation effectuée hors du temps de service.

    En conclusion, l’analyse dépeint des professeurs volontaires mais épuisés par des contraintes logistiques. Face à ce constat, les revendications du SNCL se portent sur un droit effectif à la formation durant le temps de travail avec un remplacement systématique, ainsi qu’une revalorisation indispensable des missions liées à l’inclusion et au bien-être des élèves et des personnels.

  • Deux nouveaux visages pour l’Éducation : Philippe Baptiste et Édouard Geffray, entre continuité et défis urgents

    Façade du ministère de l'Education nationale.

    Le nouveau gouvernement amène à la tête du ministère de l’Enseignement supérieur et de celui de l’Education nationale deux nouveau noms, relativement inconnus du grand public mais qui connaissent pourtant bien l’institution. Quels portraits dresser de ces deux hommes, et qu’attendre d’eux concernant les grands chantiers laissés en suspens ?

    Philippe Baptiste : la continuité des chantiers dans un contexte budgétaire tendu

    Un peu moins d’un an après sa première nomination au ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, Philippe Baptiste retrouve le chemin d’un gouvernement, cette fois avec un portefeuille complet et élargi à l’Espace. Ce retour s’inscrit dans la continuité de son action précédente, marquée par la volonté de moderniser la gouvernance universitaire et de réguler le secteur privé lucratif, sans rompre avec les grands équilibres de la Loi de Programmation de la Recherche (LPR).

    Un profil de chercheur et de stratège

    Né en 1972, ingénieur des Mines, docteur en informatique et ancien directeur scientifique du CNRS puis de Total, Philippe Baptiste incarne le profil du scientifique devenu administrateur, étant passé par le cabinet de Frédérique Vidal, puis par la présidence du CNES (Centre National d’Étude Spatiale). Son agenda au MESR s’annonce très dense :

    • Budget 2026 : maintenir le financement des universités et des mesures RH de la LPR malgré les économies exigées.

    • Réforme de la formation des enseignants : achever la refonte du master MEEF et sécuriser la rémunération des étudiants en préprofessionnalisation — un sujet suivi de près par le SNCL et la FAEN.

    • Projet de loi sur l’enseignement supérieur privé : déposé au Parlement à l’été 2025, il vise à mieux encadrer un secteur en expansion, tout en prolongeant certaines expérimentations du public (EPE, accréditations globales…).

    • Simplification administrative et autonomie : Philippe Baptiste entend poursuivre la « déconcentration » de la gestion vers les rectorats et renforcer l’autonomie des établissements, à condition que celle-ci s’accompagne d’une réelle stabilité des moyens.

    Des incertitudes persistantes

    Les inquiétudes demeurent fortes autour du financement de l’apprentissage, de la réforme des bourses étudiantes — gelée faute de budget — et du sort du HCERES, dont la suppression ou le maintien n’est toujours pas tranché. Pour le SNCL, ces dossiers traduisent un risque croissant de déséquilibre entre universités bien dotées et établissements plus fragiles, ainsi qu’une tendance à la responsabilisation locale sans moyens pérennes.

    Édouard Geffray : la rigueur du haut fonctionnaire face à l’urgence éducative

    Nommé le 12 octobre 2025, Édouard Geffray prend la tête d’un ministère de l’Éducation nationale secoué par une instabilité chronique — sept ministres en trois ans — et confronté à des défis multiples : baisse démographique, perte d’attractivité des métiers, crise du sens et montée des tensions dans les établissements. Ancien Directeur Général de l’Enseignement Scolaire (Dgesco) puis DGRH du ministère, il connaît parfaitement la « machine Éducation nationale ».

    Un parcours typique de la haute administration

    Né en 1978, diplômé de Sciences Po et de l’ENA (promotion Romain Gary), Édouard Geffray a construit sa carrière entre le Conseil d’État et les structures centrales du ministère. Ancien secrétaire général de la CNIL (2012-2017), il a aussi été directeur de cabinet de François Bayrou au ministère de la Justice avant de devenir DGRH (2017-2019), puis Dgesco (2019-2024). Sa nomination incarne la continuité administrative d’un système qu’il connaît dans ses moindres rouages, mais aussi peut-être la promesse d’une approche plus technique et d’une méthode plus posée après des années de réformes successives.

    Trois priorités annoncées

    Lors de sa première intervention sur France Inter, le 22 octobre, Édouard Geffray a défini trois axes d’action :

    – La qualité pédagogique de l’enseignement public, à travers une montée en puissance de la formation continue et une exigence renforcée sur la formation initiale ;

    – La lutte contre la très grande difficulté scolaire, concentrée dans 15 % des collèges ;

    – La sécurité physique et psychique des élèves et des personnels, avec la création de postes d’infirmières, de psychologues et d’assistantes sociales, dans le contexte d’abandon de la médecine scolaire et professionnelle que nous connaissons.

    Une approche budgétaire prudente

    Le ministre assume un budget « contraint », tout en soulignant que les suppressions de postes d’enseignants (4 000 prévues au PLF 2026) sont « inférieures à ce qu’imposerait la démographie ». Il met en avant la baisse historique du nombre d’élèves par classe dans le premier degré (21 élèves en moyenne), tout en reconnaissant les limites du modèle : attractivité insuffisante des métiers, pénurie d’AESH, postes non pourvus. Il dit vouloir « augmenter les promotions » pour relancer la dynamique de carrière, conscient du « plateau de rémunération en milieu de parcours ». Une annonce qui va dans le sens de nos analyses mais dont la portée réelle dépendra du vote budgétaire.

    Des chantiers structurants

    Plusieurs dossiers lourds attendent Édouard Geffray :

    • Formation des enseignants : pilotage du déploiement de la réforme, carte des formations, effectifs ouverts aux concours 2026.

    • École inclusive : avenir des pôles d’appui à la scolarité (PAS) et meilleure reconnaissance des AESH.

    • Sécurité scolaire : relance du plan « Tous unis contre les violences » et appui au projet de loi pour la protection des personnels.

    • Rythmes scolaires et santé mentale : réflexion issue de la Convention citoyenne sur les temps de l’enfant et poursuite du plan Santé mentale.

    Un ministre du dialogue ?

    Critiqué pour sa proximité avec l’administration centrale, Édouard Geffray se présente comme un partisan du dialogue social. « J’ai d’excellentes relations avec les syndicats », a-t-il déjà déclaré, rappelant ses sept années de direction sous cinq ministres successifs. Reste à voir si cette méthode de concertation s’accompagnera d’une écoute réelle des personnels de terrain et d’un rétablissement du dialogue social, conditions essentielles pour restaurer la confiance.

    Deux ministres, deux profils, une même attente : redonner confiance aux acteurs de l’Éducation

    Les nominations de Philippe Baptiste et Édouard Geffray traduisent la volonté du gouvernement de miser sur des profils expérimentés, rompus à la gestion administrative et à la continuité de l’État. Mais cette continuité, si elle rassure les institutions, ne suffira pas à restaurer la motivation des personnels confrontés à l’usure, à la complexité bureaucratique et à la stagnation salariale. Par ailleurs, malgré le retour de deux ministères séparés, les deux ministres devront coopérer étroitement, notamment sur le terrain de la formation initiale et continue. La réussite de la réforme du master MEEF dépend à la fois des moyens budgétaires du MESR et des besoins exprimés par l’Éducation nationale. Le SNCL rappelle son attachement à une formation cohérente, exigeante et statutairement protégée, pour garantir la qualité du service public et la reconnaissance du métier d’enseignant.

    Notre syndicat veillera à ce que les belles paroles sur les promotions, les carrières et la revalorisation débouchent sur des mesures concrètes et non de simples ajustements techniques. Les personnels attendent un signal fort : celui d’un ministère qui reconnaît leur engagement quotidien, au-delà des discours. Une demande d’audience a d’ores et déjà été adressée par le SNCL, avec au programme certains points techniques sur lesquels nous pensons pouvoir enfin avancer, après des mois de simulacre de direction à la tête de notre ministère.

    Les personnels de l’Éducation nationale n’ont pour leur part plus le luxe d’attendre. Au-delà des profils de ces deux ministres, c’est la capacité du gouvernement à donner du sens, du temps et des moyens à l’École et à l’Université qui fera la différence.

  • Avancée majeure pour les AESH : le versement des indemnités REP/REP+ est désormais rétroactif !

    Une AESH bienveillante aide une élève épanouie à réaliser son exercice.

    Longtemps refusé par le ministère de l’Éducation nationale, le versement de la prime REP/REP+ aux accompagnants d’élèves en situation de handicaps (AESH) est désormais obligatoire et rétroactif. Cette décision du Conseil d’État du 16 juillet 2025 (n° 500427 et n° 500429) vient réaffirmer le principe d’égalité entre tous les personnels exerçant des missions dans les réseaux d’éducation prioritaire (REP/REP+). 

    Que dit la décision du Conseil d’État ?

    Le Conseil d’État, saisi de recours formés par plusieurs AESH, a rejeté les pourvois du ministère de l’Éducation nationale qui s’opposait au versement rétroactif de l’indemnité REP / REP+. Il a considéré qu’il y avait une rupture d’égalité de traitement entre les AESH et les autres personnels exposés à des contraintes semblables dans les REP / REP+.

    Concrètement, il enjoint l’État à verser aux AESH les sommes dues pour la période allant du 1er septembre 2015 (date d’entrée en vigueur du décret initial) jusqu’au 31 décembre 2022, inclus. 

    Cette décision établit donc une jurisprudence majeure : les AESH ne peuvent plus être privés rétroactivement de droits qu’ils auraient dû percevoir dès la création du dispositif !

    J’ai travaillé en REP/REP+, que dois-je faire ?

    Le SNCL recommande vivement à chaque AESH ayant exercé en REP / REP+ entre septembre 2015 et décembre 2022 de :

    • Vérifier contractuellement les périodes concernées.

    • Saisir l’administration (DSDEN/rectorat) avec un courrier motivé demandant le versement rétroactif des sommes dues, accompagné d’un dossier de pièces justificatives.

    Le SNCL se tient prêt à vous accompagner et à vous assister dans toutes vos démarches juridiques : contactez-nous à communication@sncl.fr ou au 09 51 98 19 42.

    Une victoire mais pas encore d’égalité

    Le SNCL considère cette décision comme une victoire importante et encourageante. Ce positionnement du Conseil d’Etat est une avancée majeure mais ne doit pas faire oublier les différences de traitement entre les AESH et les autres personnels exerçant des missions en éducation prioritaire (REP/REP+). Le Conseil d’État persiste dans le versement d’un montant inférieur attribué aux AESH.

    Le SNCL continue de se mobiliser pour une meilleure reconnaissance du travail et pour l’amélioration des conditions de travail des AESH.

  • Enfants non récupérés après la classe : que dit la réglementation ?

    Deux filles partagent des livres

    Plusieurs collègues ont récemment alerté le SNCL sur une dérive de plus en plus fréquente de la part de certaines municipalités, qui intègrent dans leurs chartes et règlements intérieurs d’accueil périscolaire des éléments abusifs concernant la prise en charge des enfants après la classe et la responsabilité des enseignants.

    « Tout enfant présent dans l’école, après la classe, et qui ne se trouve pas inscrit aux services périscolaires sera sous la responsabilité des enseignants. » Voici un exemple de formulation non seulement abusive, mais aussi contraire à la réglementation que l’on peut parfois lire. Le SNCL rappelle que la responsabilité des enseignants cesse à la fin de la classe. Et si, dans le cas des maternelles, l’enseignant doit remettre l’enfant à un adulte autorisé, cela n’autorise en aucun cas une commune à transférer sa responsabilité périscolaire sur les professeurs des écoles par simple règlement municipal…

    Une telle disposition est révélatrice d’un glissement inquiétant de responsabilité : en tentant de faire peser sur les professeurs des écoles la charge des enfants au-delà du temps scolaire, la mairie transfère indûment à l’Éducation nationale une compétence qui relève pourtant exclusivement des communes.

    Or la réglementation nationale est claire. La circulaire n° 97-178 rappelle ainsi que « la surveillance s’exerce dans la limite de l’enceinte des locaux scolaires jusqu’à la fin des cours. Ils sont alors soit pris en charge par un service de cantine, de garderie, d’études surveillées ou d’activités périscolaires, soit rendus aux familles » (BOEN n° 33 du 25 septembre 1997). En maternelle, la vigilance est certes renforcée : la circulaire n°2014-088 imposant que les élèves soient repris « à la fin de chaque demi-journée, par la ou les personnes responsables légales ou par toute personne nommément désignée par elles par écrit au directeur d’école, sauf s’ils sont pris en charge, à la demande des personnes responsables, par un service de garde, de restauration scolaire ou de transport ou par l’accueil périscolaire auquel l’élève est inscrit.» (BOEN n°28 du 10 juillet 2014). À l’inverse, en élémentaire, les élèves peuvent sortir seuls à l’issue des cours, sauf demande explicite de la famille de les remettre à un adulte.

    Dans les faits, les enseignants sont très souvent largement contraints de dépasser leurs obligations à ce niveau. Beaucoup attendent au portail que chaque élève ait rejoint un parent, et lorsqu’un enfant n’est pas récupéré, rares sont ceux qui préviennent immédiatement la police municipale ou la gendarmerie. Pourtant, en cas de non-retrait d’un élève, il est généralement d’abord prévu de contacter les parents ou les personnes autorisées, puis de prévenir la mairie, et, en dernier recours, de s’adresser aux forces de l’ordre. Les professeurs des écoles qui choisissent de patienter pour éviter de traumatiser un enfant accomplissent un geste humain et professionnel, mais il s’agit d’une démarche volontaire, en aucun cas d’une obligation réglementaire.

    Il est donc essentiel de rappeler que les services périscolaires – garderie, cantine, études surveillées – sont des compétences communales et non de l’Éducation nationale. Le Code de l’éducation précise d’ailleurs que la commune est compétente en matière de surveillance des enfants sur le temps de restauration comme en dehors du temps scolaire. Les municipalités doivent donc organiser ces services et assumer la responsabilité de leur fonctionnement. Les enseignants n’ont pas vocation à « faire garderie » jusqu’à 18h30, et aucun règlement municipal ne peut leur imposer une telle contrainte.

    Le SNCL continuera à dénoncer toute tentative de faire peser sur les enseignants des obligations qui ne sont pas les leurs, et exige que les mairies assument pleinement leurs compétences en matière périscolaire.

    En cas d’abus, le SNCL encourage les enseignants à s’en tenir à l’application stricte des règles rappelées dans cet article. En cas de conflit, ne restez pas isolés, rejoignez-nous et contactez-nous.

  • Être malade coûtera plus dans les DOM qu’en métropole : une discrimination inacceptable !

    Un fonctionnaire de métropole touchera 90% de son salaire brut en congé maladie ordinaire pendant 3 mois ainsi que 90% de ses primes et indemnités puis 50% de son traitement brut et de ses primes pendant 9 mois. Cela est issu de la loi de finance 2025-127 du 14 février 2025.

    En congé longue maladie ou grave maladie un agent public de la métropole touchera 100% de son traitement indiciaire pendant un an (grevé de 11,09 % de cotisation), puis 60% pendant les 2eme et 3eme années, ses primes seront perçues à 33% la première année et 60% les deux années suivantes.

    Un fonctionnaire affecté dans un DOM perçoit une majoration de traitement de 40% en raison des conditions économiques de son exercice. En situation de congé longue maladie, il perçoit donc 100 % de ce traitement brut (grevé de 11,09 % de cotisation comme en métropole) mais majoré de 40% du salaire brut sans cotisations, soit un net de 124,47% de ce salaire brut la première année de CLM.

    Désormais, selon la FAQ de la DGAFP, ce fonctionnaire d’un DOM ne touchera plus que 100 % de son brut amputé de 11,09 % de cotisations, mais majoré seulement de 33% des 40% de ce salaire brut, soit une majoration de 13,2 % du salaire brut total, pour un net de 100,65 % du salaire brut.

    Selon que l’on considère que la majoration de traitement est ou non une « indemnité », le fonctionnaire d’un DOM quand il est malade verra son traitement principal  passer de 124,47% à 100,65% du salaire brut, soit une diminution de près de 20% de son traitement alors que le fonctionnaire de la métropole verra son traitement rester à 100%. Où est l’erreur ?

    Or la DGAFP a justement choisi de considérer que la majoration de traitement instituée par la loi n° 50-407 codifiée dans l’article L 741-1 du code général de la fonction publique de même que les dispositions du décret n° 53-1266 qui instaurent un complément à cette majoration appartiennent au régime des « primes et indemnités ».

    La DGAFP a donc choisi de frapper lourdement les DROM en pénalisant les agents publics d’Outre-mer malades. Après le scandale du Chlordécone, il était difficile de présenter cette version des choses frontalement. Le louvoiement institutionnel de même que les décisions individuelles unilatérales brutales et humiliantes à l’encontre des agents a été le mode d’action choisi.

    Tout d’abord des décisions individuelles unilatérales ont paru à l’encontre d’agents en CLM avec injonctions de remboursements dès le mois d’octobre 2025. Parallèlement un point à l’ordre du jour du CSA du 4 septembre 2025 a été rajouté de même qu’un document de 4 pages, document qui promettait une publication sur le site académique non faite à ce jour.

    Ce document présenté en CSA n’a actuellement aucune valeur puisqu’en vertu des articles R 254-13, 254-63 et R 254-73 du code général de la fonction publique, il n’a fait l’objet d’aucune publication de procès verbal et que concernant la publication de textes relevant de R 253-1, une nouvelle délibération en cas de vote unanime contre doit être convoquée dans une délai de 30 jours.

    Concernant le nœud du problème, à savoir si l’assimilation de la majoration de traitement à une indemnité est légale ou non ou si la discrimination faite aux agents de l’Outre-mer est constitutionnelle ou non, et plutôt même si elle est conventionnelle ou non, le SNCL répond a priori NON et s’engagera aux côtés des agents.