SNCL

Syndicat National des Collèges et des Lycées

  • Coupes budgétaires : la GIPA sur la sellette

    Non seulement celle-ci n’apparait plus dans les documents budgétaires de 2025, mais il est possible que son versement soit aussi annulé pour 2024.

     

    « Nous devons tous faire un effort pour réduire les dépenses de fonctionnement » a déclaré le ministre. Et cet « effort » (qui s’ajoute à tous ceux déjà consentis) pour les agents de l’État prendrait donc la forme de la disparition de la GIPA.

    Créé en 2008, ce complément de traitement a pour but d’amoindrir la perte de pouvoir d’achat subie par les agents publics dont le traitement n’évolue pas (ou peu) durant plusieurs années (faute de promotion) sur une période où l’inflation, de son côté, augmente. En fonction de la force de l’inflation, cette prime peut être plus ou moins importante. Elle est accordée à tous les agents publics, quelle que soit leur catégorie, tant que leur rémunération est définie par un indice. Pour les contractuels, ces derniers peuvent y prétendre qu’ils soient en CDD ou en CDI mais à condition d’avoir travaillé continûment pour le même service employeur pendant les 4 années précédentes.

    Il peut être important de rappeler que la GIPA n’est pas une indemnité (voir décision du Conseil d’État du 2 mars 2010, Région Rhône-Alpes, n°322781).

    Ce complément peut parfois représenter entre 1400 et 1900 euros annuel pour des personnels de catégorie A en fin de carrière (comme ceux bloqués à l’échelon terminal de leur grade par exemple). Il s’agit donc d’un apport conséquent pour amoindrir l’effet de l’inflation.

    Le dispositif, d’abord pensé pour durer deux ans, s’est maintenu jusqu’à aujourd’hui, l’enveloppe globale s’étant même considérablement alourdie avec la reprise sévère de l’inflation à la sortie de la crise du COVID-19 : et c’est sans doute là une des motivations cachées du ministère.

     

    Une facture qui explose

    En effet, la GIPA aurait coûté 267 millions d’euros au global l’an passé.

    Lorsqu’on regarde dans le détail l’évolution du coût du dispositif, ne serait-ce que dans la seule fonction publique d’État, les chiffres sont sans appel :

    En 2021 : la GIPA avait permis le reversement de 13,9 millions d’euros à 25 000 bénéficiaires.

    En 2022 : 56 millions d’euros à 100 000 bénéficiaires environ.

    En 2023 : 129 millions d’euros à près de 200 000 bénéficiaires.

    Des chiffres importants mais qui n’ont rien de surprenant pour autant : les gouvernements successifs ayant refusé de considérer la perte de pouvoir d’achat de leurs agents, et les quelques mesurettes mises en œuvre s’étant révélées loin d’être à la hauteur du problème, la GIPA est apparue comme l’ultime garde-fou pour de nombreux agents.

    On pourrait même aller plus loin dans l’analyse : le très faible dégel du point d’indice concédé depuis 2022 n’ayant pas couvert la perte provoquée par l’inflation, la GIPA révèle la hauteur du préjudice pour les agents au salaire bloqué. Partie émergée de l’iceberg, puisque dans le même temps des centaines de milliers d’autres agents ont vu leur perte de pouvoir d’achat (tout aussi réelle que pour leurs collègues bénéficiaires) absorbées par un passage d’échelon ou une promotion qui les prive de la GIPA ! Ainsi, de nombreux collègues n’ont pas eu d’augmentation de salaire grâce à leur avancée de carrière, mais simplement de quoi éviter de perdre du pouvoir d’achat !

     

    Une disparition dès 2024 ?

    Alors que le ministre prétend vouloir « rencontrer les organisations syndicales » sur le sujet,  les documents habituellement publiés durant l’été concernant la GIPA et fixant son montant pour 2024 ne sont toujours pas parus au Journal officiel. Un retard qui laisse craindre une disparition, qui permettrait aux différents ministères de dégager probablement plusieurs centaines de millions d’euros d’économie immédiate. Car il ne faut pas oublier que la GIPA concerne aussi les personnels de la fonction hospitalière et de la fonction territoriale : de quoi mettre le feu aux poudres et d’unir toutes les fonctions publiques dans leur mécontentement !

    Avec plus de 143 000 bénéficiaires potentiels dans la territoriale, les fiches d’impact promettaient également une explosion du nombre de ces derniers, au vu des derniers chiffres de l’inflation.

     

    Un malheur ne venant jamais seul…

    Dans le même temps, l’équipe ministérielle compte bien poursuivre le projet de réforme de la fonction publique. Les dernières lignes directrices laissées sur la table par l’ancien ministre, Stanislas Guerini, étaient particulièrement préoccupantes : facilitation du licenciement, fusion des catégories de fonctionnaires, instauration de la rémunération au mérite… Des bouleversements qui seront autant d’occasions pour un gouvernement en recherche d’économies de réaliser quelques réductions des coûts de fonctionnement de l’Éducation nationale.

     

    La position du SNCL

    Le complément de traitement Gipa n’était certes pas parfait et, de par sa nature transitoire, il n’avait finalement de « Garantie » que le nom. Mais dans une période d’austérité budgétaire, il était un pis-aller conséquent pour de nombreux collègues, notamment ceux avancés dans la carrière. Avec sa suppression, c’est à nouveau ces derniers qui sont principalement pénalisés, après avoir été évincés d’à peu près toutes les mesures de revalorisations salariales en 2022.

    Quoi qu’il en soit, ce dispositif ne faisait que cacher le cœur du problème : l’absence de revalorisation du point d’indice à la hauteur réel du manque généré par l’inflation. C’est donc d’abord sur cet indice qu’il faut agir. Enfin, nous ne parlons ici que de ce qui permettrait de compenser l’inflation, et donc d’éviter la perte de pouvoir d’achat. Il ne peut donc pas s’agir d’une mesure d’attractivité en soi, celle-ci supposant un gain à travail constant. À ce niveau, le chantier reste ouvert pour le SNCL, bien qu’avec peu d’espoir de le voir repris prochainement dans le climat actuel…

  • Une aide pour les gardes d’enfant : les chèques emploi-service

    I – Bénéficiaires

    • Les agents titulaires ou non titulaires (de droit public ou privé) parents d’enfant(s) de moins de 6 ans, non retraités.

    • Le droit peut être attribué au titre d’un même enfant à un seul agent, ou aux deux parents s’ils partagent déjà les allocations familiales.

    • Il est attribué à la personne bénéficiant de la pension alimentaire si la résidence de l’enfant n’est pas alternée.

    • Ce droit est ouvert au conjoint survivant du bénéficiaire bénéficiant d’une pension de réversion.

    • Il faut être affecté et/ou résider en France métropolitaine ou dans les départements d’outre-mer.

    • L’agent doit avoir, seul ou conjointement, la charge effective et permanente de l’enfant.

    • Le droit au CESU – garde d’enfant peut être ouvert à compter de la fin du congé de maternité ou d’adoption.

    • Il faut faire une déclaration de garde d’enfant à titre onéreux pendant ses heures de travail ou à l’occasion du congé de maternité ou d’adoption pris du chef d’un autre enfant.

    II – Intervenants

    Il s’agit de la personne physique ou morale qui assume la garde de l’enfant.

    Ainsi les Cesu peuvent être utilisés pour rémunérer : 

    • Dans le cas d’une garde d’enfant à domicile : salariés, associations, entreprises dotées de l’agrément « qualité ».

    • Dans le cas d’une garde hors domicile ; établissements publics ou privés d’accueil agréés, associations, entreprises agréées, assistants maternels agréés.

    III- Montants de l’aide

    (Voir tableaux en page suivante)

    • Au titre d’une année N, le montant de l’aide est fonction du revenu fiscal de référence (RFR) de l’année N-2 et du nombre de parts fiscales à la date de la demande.

    • Pour les agents affectés dans les départements d’outre-mer, le revenu fiscal de référence à retenir pour le calcul du montant de l’aide est déterminé après un abattement de 20 % de sa valeur.

    Modalités

    • L’aide fait l’objet d’un seul versement forfaitaire par année civile.

    • Le montant de l’aide annuelle est versé au prorata du nombre de mois y ouvrant droit.

    • Le Cesu – garde d’enfant est préfinancé, il permet de rémunérer et déclarer les salariés ou services.

    IV – Instruction du dossier

    Le dossier de demande de Cesu peut être téléchargé sur le site :

    www.cesu-fonctionpublique.fr

    ou réclamé auprès de :

    Ticket CESU – garde d’enfant 0-6 ans

    TSA 60023

    93736 BOBIGNY CEDEX 9

    • C’est à cette même adresse que le dossier complété et les pièces justificatives demandées devront être retournés.

    • Les personnels intéressés reçoivent à domicile en recommandé avec accusé de réception des chéquiers (valeurs des chèques 10 ou 20 euros) qu’ils remettent à leur garde d’enfant, lequel les fera valoir auprès de son organisme bancaire.

    • Ces chèques sont utilisables jusqu’au 31 janvier de l’année suivant le 6eme anniversaire de l’enfant.

    • Cette prestation est exonérée d’impôt sur les revenus, dans la limite globale – c’est-à-dire compte tenu le cas échéant de toute autre aide au titre des « services à la personne » – de 1 830 euros par année civile et par bénéficiaire.

    V- Déclaration d’emploi direct

    Déclarer l’emploi d’un salarié est obligatoire.

    Les utilisateurs des tickets Cesu sont des employeurs directs.

    VI- Le CESU déclaratif en complément

    Les bénéficiaires de « CESU – garde d’enfant 0/6 ans » peuvent, s’ils le souhaitent, utiliser le CESU déclaratif (ayant la nature d’un chèque et n’étant donc pas préfinancé), en complément des « CESU – garde d’enfant 0/6 ans », pour financer une prestation de garde.

    VII – Montants

    Les tableaux donnent, en fonction du RFR (N-2) et du nombre de parts fiscales, le montant annuel de l’aide.

     

     

    À noter, les utilisateurs de CESU bénéficient :

    • D’une réduction ou crédit d’impôt sur le revenu.

    • Dans certains cas, d’une exonération partielle ou totale des cotisations patronales de sécurité sociale.

     

    Textes de référence :

    • Code du travail. Article L 1271-12. 

    • Loi n° 2005-841 du 26 juillet 2005 modifiée – relative au développement des aides à la personne.

    • Décret n° 2006-21 du 6 janvier 2006 modifié – Action sociale.

    • Circulaire du 2 juillet 2020 – Prestations d’action sociale interministérielle – garde d’enfant de 0 à 6 ans.

    • Articles L 731-1 à L731-5 et L 733-1 à L 733-2 du code général de la Fonction publique sur l’action sociale.

    • Article L 732-1 du code général de la Fonction publique sur le chèque emploi service.

    • Arrêté du 22 décembre 2023 pris pour l’application de l’article 4-1 du décret n° 2006-21.

     

    Sites utiles :

    www.ticket-cesu.fr 

    www.cesu-fonctionpublique.fr 

    www.servicealapersonne.gouv.fr

     

    Nos articles sur le même thème : 

    – Les chèques vacances, une opportunité méconnue

    – Les subventions pour séjours d’enfant : concilier vacances et économies

  • DNB session 2025 : pas de changements pour cette année

    Le ministère a enfin annoncé, lundi 16 septembre, que la réforme du brevet ne s’appliquera pas pour la session 2025. Cette clarification est la bienvenue, mais le chantier reste en suspens pour 2026…

  • À propos des violences scolaires

    Le 4 septembre 2024 dernier, une enseignante de maternelle a été filmée en classe par un parent d’élève alors qu’elle était en train d’agir violemment envers une des élèves de la section dont elle avait la charge. Cette vidéo est ensuite devenue virale via les réseaux sociaux où elle a été diffusée avec l’assentiment de l’avocat des parents.

     

    Le SNCL s’est toujours inscrit en défenseur des droits des enseignants, dont les devoirs envers leurs élèves sont clairement définis. Les droits des personnels de l’Éducation nationale sont encadrés par des règles et protégés par des procédures qui doivent s’appliquer quel que soit le contexte des faits reprochés et leur éventuelle médiatisation.

    Pour l’aspect administratif, il est important que le SNCL, comme devrait le faire tout syndicat, rappelle que seules les instances officielles peuvent statuer quant à la gravité de faits : ni les syndicats, ni les professeurs, ni les parents d’élèves, ni même un ministre et encore moins les médias ne peuvent décider des sanctions à appliquer. Pour ce qui concerne les responsabilités pénales, c’est à la justice, si elle est saisie, qu’il revient de les déterminer et de faire respecter la loi. Le bien-être et la sécurité de tous les protagonistes doivent être assurés durant cette éventuelle procédure, et c’est alors que les Inspecteurs de l’Éducation nationale peuvent être amenés à prendre des mesures conservatoires en attente des résultats de l’enquête administrative. Pour le SNCL, l’idée de « suspension immédiate », demandée publiquement par l’ex-ministre de l’Éducation nationale, dénote a minima une ignorance triste des procédures réglementaires de la part de celle-ci, et génère même une confusion dangereuse. Une mesure conservatoire n’est pas une punition, c’est une procédure de protection. C’est à la commission disciplinaire qu’il reviendra plus tard de décider des sanctions appropriées, avec un accompagnement syndical assuré à tout collègue incriminé.

    Dans l’emballement médiatique, un autre cas dans un collège de Reims a fait surface le 10 septembre dernier. Là encore, il importe de rappeler que les procès ne se tiennent pas sur les réseaux sociaux, où la condamnation est aussi facile que péremptoire, établie sur des faits inévitablement tronqués et des images isolées de leur contexte.

     

    Aucune forme de violence n’a sa place à l’école, ni ailleurs, et le SNCL condamne fermement tout acte violent. Nous rappelons cependant que ni les élèves ni les parents n’ont le droit de filmer ou de prendre des photos dans l’enceinte scolaire, et que diffuser de telles images est un délit, ce qu’un avocat ne peut ignorer. Il en va du droit à l’image des adultes mais aussi des élèves des établissements, tout comme de la protection des fonctionnaires dans l’exercice de leurs fonctions. 

    Depuis sa création (en 1910), notre syndicat a vu considérablement évoluer la position de l’institution et de la société vis-à-vis de la violence scolaire. D’abord admise et même organisée (jusqu’à codifier les punitions physiques autorisées), elle a bienheureusement cédé la place aujourd’hui à un respect scrupuleux de l’intégrité et de la dignité des enfants, au fil des décennies et des générations. Le nombre d’actes violents recensés a considérablement chuté, mais il serait naïf de croire qu’ils aient totalement disparu des bancs des milliers d’établissements de France qui accueillent des millions d’élèves chaque jour.

    L’institution dispose de procédures clairement identifiées pour traiter tous les cas qui se produisent, pour y répondre et continuer de faire de nos écoles des lieux d’enseignement modernes et non-violents, ce à quoi travaille quotidiennement le corps enseignant.

    Le SNCL refuse donc avec force que le dévouement, la patience et la bienveillance de l’écrasante majorité des collègues soient remis en cause sur la base de ces affaires.

  • Le  » Pacte  » : fonctionnement et nouveautés

    Le Pacte est un mot valise qui regroupe un ensemble de dispositifs. Par ailleurs, des changements importants interviennent pour l’année 2024-2025. Que disent réellement les textes réglementaires ? Le SNCL fait la synthèse…

  • Rentrée des écoles 2024 : la guerre des postes

    La rentrée 2024 ? Encore une pénurie de professeurs des écoles. Pour le seul concours externe, il est resté 1 100 postes à pourvoir en juillet dernier.  Cette situation a maintenant des conséquences importantes pour les personnels sur le terrain. Ainsi de nombreux collègues se voient refuser leurs demandes de temps partiels pour des raisons de service en cette rentrée. 

    Le SNCL dénonce une nouvelle fois cette gestion du personnel. Tout professeur doit pouvoir diminuer son temps de service quand il en ressent le besoin. Imposer aux collègues un travail à temps complet quand ces derniers ne le souhaitent pas, c’est créer des situations bien plus graves avec des risques de burn-out qui peuvent conduire à des arrêts maladie à remplacer. Ce n’est pas aux collègues titulaires à pallier la crise du recrutement des professeurs. 

    Le SNCL invite les collègues concernés à déposer des recours.

    De plus, le manque d’enseignants entraine un déficit du nombre de remplaçants. Ainsi les collègues se retrouvent pendant plusieurs jours voire semaines avec des classes à 30 élèves ou plus faute de remplaçant. 

    C’est nier les difficultés quotidiennes de plus en plus croissantes du métier que de surcharger les classes et de ne pas réussir à inverser la tendance du recrutement. 

    Le métier n’est plus attractif et le SNCL demande une véritable revalorisation pérenne des enseignants. La diminution des parts de Pacte pour la rentrée 2024 de plus de 35 % montre le mépris du ministère qui après avoir diffusé en 2023 l’information selon laquelle les enseignants seraient payés plus pour des missions supplémentaires, renvoie tout le monde au tapis avec de nombreux collègues qui perdent leurs missions pour la rentrée faute de moyens suffisants alloués.

    Le Pacte n’est de toute façon pas la solution pour une revalorisation pérenne et ne présente que l’avantage de permettre aux collègues volontaires de compléter leur salaire. 

     

    Circulaire du 26 juin 2024 : points à retenir

     

    Dans la circulaire de rentrée publiée le 26 juin 2024, de nombreux points sont abordés concernant l’école primaire. Les priorités en mathématiques et en français sont réaffirmées afin « de réduire les écarts scolaires et les inégalités qui leur sont attachées ». Concernant les nouveaux programmes qui devaient s’appliquer en septembre, ils sont suspendus mis à part celui de l’EMC qui se fera de façon progressive dans tous les niveaux de l’école élémentaire. 

    Le SNCL défend la liberté pédagogique dans le choix des manuels scolaires et se félicite que la mise en œuvre de nouveaux programmes ne se fasse pas dans la précipitation afin que les équipes puissent avoir le temps de se les approprier et de revoir leur programmation annuelle.

    Les évaluations nationales de début d’année concerneront désormais tous les niveaux du CP au CM2. Pour le ministère, « ces évaluations permettront (…) d’identifier, dès le début de l’année, le niveau de maîtrise des compétences des élèves et de permettre aux équipes de positionner leurs résultats en référence aux données nationales, académiques et départementales ». 

    Même si les données permettent aux équipes de cibler des points de vigilance et d’y remédier, ces évaluations ne reflètent pas toujours le niveau réel des élèves, ni leurs besoins. La formulation de certains items, le temps imparti pour chaque exercice, la passation en début d’année sont autant d’éléments qui peuvent impacter les résultats. De plus, chaque enseignant a ses propres évaluations diagnostiques qui lui permettent d’ajuster au mieux sa pédagogie au profil de sa classe. 

    Le SNCL n’est pas favorable à cette imposition, et demande à ce que l’usine à gaz que représente la passation de ces évaluations et la saisie des résultats soit au moins compensée par une déduction sur les 108 heures pour les professeurs concernés.

    Inclusion à l’école : la circulaire augure des changements à venir dans la prise en charge des élèves en situation de handicap : « Afin de diminuer les temps de déplacement et de simplifier la vie des familles et de leurs enfants, les conditions d’intervention des professionnels de santé libéraux (…) dans les murs de l’école seront définies par voie réglementaire d’ici la fin de l’année. Au-delà des conditions de pratique professionnelle, il s’agira de prévoir la mise à disposition de salles et de matériels. Cette innovation fera de l’école le lieu principal de vie des élèves, qui n’auront pour la plupart plus besoin de se rendre ensuite chez un spécialiste ».

    Le SNCL défend l’inclusion scolaire et souhaite une école ouverte à tous. Toutefois, cette inclusion peut rencontrer des limites dans des cas de handicaps très lourds ou de troubles du comportement extrêmes. La place de ces enfants est dans des petites structures spécialisées qui peuvent répondre de façon réelle à leurs besoins. Or ces structures sont elles aussi impactées par la baisse drastique des moyens qui leur sont alloués.

    Faire entrer le médical dans les écoles est une solution qui pourrait en théorie simplifier le quotidien des familles mais pour le SNCL, cela va poser des problèmes matériels et de gestion importants dans de nombreuses écoles, sans parler des considérations statutaires et de responsabilité. Le ministère sait-il vraiment où il met les pieds ?

    Quand les équipes peinent déjà à avoir une salle de motricité en maternelle ou une salle informatique en élémentaire, quand une BCD fait aussi office de salle d’arts visuels, comment les directeurs vont-ils pouvoir libérer une ou plusieurs salles pour les services de soins ?

    Le directeur va-t-il devoir aussi organiser le planning des intervenants médicaux si plusieurs élèves sont concernés par des soins dans la journée ? Les municipalités déjà impactées dans leur budget par la crise économique vont-elles pouvoir investir dans des aménagements matériels dans leurs écoles ?

    Autant de points sur lesquels le SNCL sera vigilant car il n’est pas question que les directeurs voient leurs missions et responsabilités encore augmenter sans compensation. 

    Pour le SNCL, la baisse croissante des effectifs des enseignants spécialisés et des psychologues scolaires du RASED a impacté les écoles et la prise en charge des élèves à besoins spécifiques. Remettre les RASED en nombre suffisant dans les écoles devrait être la priorité du ministère pour venir en aide aux élèves porteurs de handicap et aux équipes souvent démunies face à certaines pathologies.

    Dans la circulaire, le ministère entend former les équipes autour du handicap et nommer un référent handicap et accessibilité : « un grand plan de formation déployé dès la rentrée 2024 (…) doit permettre aux équipes d’apprécier pleinement les enjeux de l’adaptation de la pédagogie et de comprendre les besoins des enfants en situation de handicap ». 

    Si elle se décline sous forme de « plan handicap », quel va être l’impact sur les équipes pédagogiques ? Comment en quelques heures pourrait-on former des enseignants à tous les types de handicaps ? Dans les écoles, l’inclusion de certains élèves entraine des situations de souffrance pour les élèves concernés, leurs familles, mais aussi pour les enseignants et pour les autres élèves de la classe.

    Inclure à tout prix n’est pas la solution. Le SNCL souhaite un engagement fort de la hiérarchie aux côtés des collègues et des équipes RASED, ECAI ou EMAS plus nombreuses et bien formées pour se mobiliser rapidement sur le terrain aux côtés des collègues. Croire qu’un « plan handicap » va résoudre tous les problèmes de l’école inclusive c’est se fourvoyer encore une fois. Pour le SNCL, la vraie solution est à chercher dans la restauration de structures spécialisées dans l’accueil provisoire ou prolongé, en parallèle de l’école, des élèves en situation de handicap.

    Le SNCL attend maintenant la nomination du nouveau ministre de l’Éducation nationale afin de faire valoir tous ces points dans les meilleurs délais.

  • Un nouveau BAC à l’étranger : le baccalauréat français international

    Dès la rentrée 2022, l’option internationale du baccalauréat général (OIB) avait évolué pour devenir le baccalauréat français international (désormais : BFI). La première session s’est déroulée en mai dernier dans la plupart des pays partenaires. Les classes menant au BFI débutent en classe de 1re et se poursuivent en terminale.

     

    Objectifs de la formation

    Le ministère de l’Éducation nationale rappelle qu’il délivre via le BFI un diplôme du système éducatif français, dont l’objectif essentiel est la valorisation et l’approfondissement des connaissances en langues étrangères de jeunes issus de familles internationales, notamment européennes, à un niveau C1-C2.

    Pour les lycées français à l’étranger1, la nouvelle appellation de BFI – le terme d’option disparaît –, matérialise davantage le parcours qui permet de « maîtriser plusieurs langues vivantes, à un très bon niveau, répondant ainsi à une demande forte des familles »2. C’est en l’état un instrument d’influence douce, mais efficace, au service du développement de la francophonie à l’international.

    Le ministère répond ici au désir du président de la République de voir se renforcer la visibilité et l’attractivité des établissements d’enseignement secondaire français à l’étranger et, à terme, de s’assurer d’un panel de futurs étudiants internationaux à l’aise aussi bien en français que dans de nombreuses langues du monde. Pour ce faire, les lycées organisent en leur sein des « sections » dans lesquelles les élèves reçoivent un enseignement renforcé dans une « langue de section » (dite LVA). On trouve des sections très variées, comme la section brésilienne, chinoise, australienne, danoise, etc., au total 18 sections.

     

    Admission en « section » du BFI

    Les élèves scolarisés dans le réseau des établissements français à l’étranger doivent attester d’une bonne connaissance du français et de langue de la section choisie.

    Les élèves scolarisés en France qui souhaitent s’inscrire doivent avoir effectué tout ou partie de leur scolarité dans le pays où est parlée la langue de section (LVA) ou avoir un niveau suffisant dans cette langue. L’admission se fait sur dossier et après réussite d’un examen d’aptitude dans la langue cible. A savoir : les élèves issus d’une section internationale de classe de seconde « sont admis de droit en [section du BFI] de 1re après avoir reçu un avis favorable du conseil de classe »3.

     

    Des enseignements complémentaires

    Les élèves suivent, en classes de 1re et terminale, les enseignements du baccalauréat général auxquels s’ajoutent trois enseignements spécifiques de langues et cultures étrangères :

    – un enseignement de connaissance du monde (4 h/sem. en LVA) qui associe la transmission d’un contenu culturel et linguistique, la sensibilisation aux grands enjeux contemporains et une démarche de projet engageant l’élève de terminale dans une action concrète et collective en partenariat international ;

    – un enseignement de discipline non linguistique obligatoire portant sur l’histoire-géographie (4 h/sem. dont 2 h en LVA) ou sur l’enseignement scientifique (3,5 h/sem. dont 1,5 h en LVA) ;

    – un enseignement d’approfondissement culturel et linguistique (2 h/sem. en LVA ou une autre langue selon le parcours de l’élève).

    En conclusion, le BFI, porté par une vision politique, dont il faudra encore mesurer le cadre budgétaire consenti par l’État, valorise les parcours internationaux des lycéens, dans des langues variées, et pourra de ce fait être proposé dans davantage d’établissements, potentiellement dans le réseau Euroscol.

  • Le Choc des savoirs au Lycée : quelles conséquences ?

    Il aura fallu attendre des décennies de déni, d’abaissement des exigences, de laisser-aller et d’aveuglement pour qu’une prise de conscience arrive enfin !

     

    D’aucuns osaient déjà, dès les années 2000, dénoncer la situation de sape de l’Education nationale à travers le « pas de vagues » et la cécité volontaire de l’Institution face à la montée de la violence et l’abaissement du niveau, mais les modes pédagogiques de tous ordres et les réformes successives allaient être la solution, nous disait-on ! Rien n’y fit ! Les acteurs de terrain ont eu beau crier, hurler leur désarroi, l’Institution est restée sourde et a poursuivi son travail de destruction massive !

     

    Il aura fallu attendre les résultats PISA pour découvrir le niveau épouvantable de nos élèves français, mais qui ont-ils surpris ? Après des décennies de perte d’autorité et de clientélisme, comment pouvait-on être étonné à moins d’être sourd et aveugle ?

     

    Il était temps que le bon sens fasse son retour, mais n’est-il pas déjà trop tard ?

    Rares sont les professeurs qui ont tenu bon, qui ont continué à assurer leur mission en leur âme et conscience sans la crainte des parents ou des pressions de tous ordres.

    Rares sont ceux qui n’ont pas cédé au dogmatisme et aux modes pédagogiques tant les injonctions ont été grandes.

     

    La prise de conscience, oui, mais il aura fallu attendre que des professeurs soient menacés, attaqués verbalement et physiquement, assassinés pour avoir exercé leur mission ! Fallait-il attendre ?

     

    Les tâches demandées aux professeurs se sont faites de plus en plus nombreuses au risque de perdre de vue leur mission principale : la transmission des savoirs, qui est devenue au fil des ans accessoire…

     

    Le retour de l’autorité du professeur et le soutien de l’Institution semblent être les toutes premières nécessités au rétablissement d’un niveau de connaissance chez nos élèves. Ce n’est qu’en recentrant le rôle du professeur sur sa mission d’enseignement au détriment de l’accessoire et de l’éphémère que nous pourrons apporter aux élèves des savoirs et des savoir-être.

     

    La volonté semble bien présente mais tout cela est-il réalisable ? Il semblerait, comme nous y sommes habitués, que ces belles promesses se fassent à moyens constants ! 

     

    Les DHG arrivent dans les établissements et force est de constater qu’elles ont peu ou pas augmenté ! Comment financer les mesures promises ? Comment restaurer l’autorité des professeurs ? Tout cela dans un contexte de désaffection de la profession d’enseignant qui n’attire plus. Le fait de repousser les épreuves des concours n’a pas permis d’attirer de nouveaux candidats.

     

    Même si le ministère assure que 574 postes seront créés dans le 2nd degré en 2024 pour permettre la mise en place des nouvelles mesures, où allons-nous trouver les nouveaux enseignants ? Le « choc d’attractivité » n’a pas eu lieu et il faudra du temps pour former les nouveaux professeurs de lycée !

     

    Alors quelles mesures concrètes pour le lycée ?

    Pas question de revenir sur le contrôle continu ni sur la numérisation des copies et leur correction en ligne, comme le réclamait le SNCL.

     

    En revanche, les correctifs académiques des notes de contrôle continu et aux épreuves terminales ainsi que les consignes académiques devraient enfin disparaître ! Le ministère nous assure que le « bidouillage » des notes par les soi-disant commissions d’harmonisation devrait prendre fin dès cette année ! 

     

    Le SNCL attend de constater la réalité sur le terrain … Cela serait enfin un signe de confiance envoyé aux enseignants et une marque de respect pour leur travail, que ce soit pour le contrôle continu ou pour les épreuves terminales. En effet les professeurs, par leurs compétences et leur expertise en matière d’évaluation, sont les mieux placés pour rendre compte du niveau réel des élèves.

     

    Rappelons le scandale lié aux remontées artificielles des notes de spécialités affectées d’un coefficient 16 afin d’éviter que les notes réelles obtenues par les candidats ne fassent chuter les pourcentages de réussite au baccalauréat.

     

    Les services rectoraux et les corps d’inspection vont-ils suivre ?

     

    Le SNCL avait dénoncé cette pratique et s’était indigné du manque de respect que celle-ci démontrait.

     

    Autre nouveauté : la mise en place d’une Prépa lycée pour les élèves qui n’ont pas le DNB : il s’agit d’un dispositif de préparation à la 2nde. Ces classes de prépa-lycée seraient positionnées dans les lycées avec des effectifs réduits. On peut s’interroger sur les moyens attribués qui vont permettre cette mise en place.

     

    Les élèves qui n’auraient pas le DNB seraient donc inscrits dans la prépa lycée de leur établissement d’affectation. Des questions restent en suspens : quels enseignants pour y intervenir ? Avec quel programme ? Quels contenus enseignés avec quelles grilles horaires ? 

     

    Le SNCL souhaite que le ministère ne laisse pas la main aux établissements et que l’encadrement de ce dispositif soit réel et identique sur tout le territoire. La nouvelle prépa lycée ne doit pas servir de variable d’ajustement en termes de postes et d’horaires.

     

    A partir de la session 2026, il est prévu d’introduire une nouvelle épreuve anticipée de culture mathématique et scientifique au baccalauréat en fin de 1re générale et technologique à l’image de l’épreuve anticipée de français. Cette nouvelle épreuve permettra de tester la capacité des élèves à comprendre les principaux objets mathématiques indispensables à tous, à résoudre des problèmes fondés sur des données et à construire un raisonnement logique.

     

    Cette épreuve présentera des adaptations pour tenir compte du parcours des candidats (choix de la spécialité mathématiques ou suivi de l’enseignement scientifique et mathématiques) et visera à définir des attendus communs à tous les lycéens généraux … 

    Encore un important bouleversement pour nos collègues de mathématiques qui devront s’adapter à de nouveaux programmes et revoir la pédagogie des mathématiques au collège et au lycée.

    Encore une fois la charge de travail des enseignants de lycée va s’alourdir : nouveaux programmes, nouvelles missions, adaptation, nouvelles exigences. Les heures supplémentaires risquent de se multiplier pour mener à bien ce « choc des savoirs » à un moment où l’Institution a bien du mal à recruter. 

    Néanmoins le SNCL se félicite de la volonté affichée du ministère de restaurer l’autorité du professeur dans un contexte difficile de contestation permanente. Espérons que tout cela ne soit pas qu’un effet d’annonce.

     

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    Un constat d’échec

    Suite aux résultats très inquiétants des dernières évaluations PISA, notre fugace ex-ministre avait annoncé sa volonté de réformer le collège de fond en comble dès l’automne 2023. La prise de conscience de l’état catastrophique du collège semblait avoir créé une vive inquiétude.

    Ainsi, dans son discours, Gabriel Attal déclarait que « le collège ne parvient plus à élever suffisamment le niveau de nos élèves ». Triste constat, nous en convenons, mais ô combien réaliste ! … 

    Le SNCL de son côté dénonçait depuis des années le nivellement par le bas consécutif, entre autres, aux multiples réformes et tout particulièrement à la dernière réforme de 2016, la plus scélérate.

    Réaction vive de Gabriel Attal

    L’allocution du 5 décembre avait permis d’en savoir plus long sur les projets de réforme du collège. Que ce soit dans les médias écrits, les journaux ou émissions télévisées ou à la radio, les Français ont découvert la formule « choc des savoirs » employée par Gabriel Attal et qui a marqué les esprits.

    L’ex-ministre de l’Éducation nationale a fait part de ses inquiétudes puis a développé sa vision du nouveau collège. Il a demandé la mise en place de mesures radicales le plus rapidement possible, dès la rentrée 2024 pour la plupart d’entre elles.

    Si ces mesures sont nombreuses, certaines ont davantage fait parler d’elles.

    Une réponse :
    les groupes de niveau !

    La plus médiatisée est certainement l’instauration de groupes de niveau en français et en mathématiques, tout d’abord en 6e et en 5e puis en 4e et en 3e. Suite aux évaluations de septembre 2024, les élèves seront répartis en trois niveaux afin de permettre, d’après Gabriel Attal, une meilleure prise en charge des élèves les plus en difficulté.

    De terribles lacunes enfin dévoilées

    Il faut reconnaître que la presse s’est fait l’écho dès la dernière rentrée de difficultés d’un grand nombre de jeunes élèves « entrant au collège » présentant de très graves lacunes tant en français (orthographe par exemple) qu’en mathématiques. Plus de 20 % des élèves ne maîtrisent pas les savoirs fondamentaux à la fin de l’école primaire, avoue le ministère de l’Éducation nationale sur son site : education.gouv.fr

    Un des constats les plus récurrents sur les médias et qui prouve bien les difficultés des enfants à la fin du primaire a choqué de nombreux lecteurs : « A l’entrée en sixième, la plupart des élèves ignorent le sens des fractions les plus simples », constat relevé par la DEPP (Direction de l’Evaluation, de la Prospective et de la Performance). Seule la moitié des élèves sait répondre à la question : « Combien y-a-t-il de quarts d’heures dans 3/4 d’heures ? » Quelle catastrophe !

    Il en va de même pour le français…

    Pour Gabriel Attal, l’enseignement en groupes de niveau dès la rentrée de septembre sera une solution afin de permettre à chacun d’aller à son rythme.

    Mais bien peu de moyens
    pour mettre en œuvre ces groupes

    Mais depuis ces annonces, malheureusement les DHG arrivées en janvier dans les établissements ont démontré que la mise en place de ces groupes se ferait à moyens constants et en partie pris sur la « marge », c’est à dire en prélevant des heures jusqu’à présent attribuées à d’autres dispositifs. Et c’est ainsi que de gros problèmes ont fait surface !

    En effet, plusieurs associations d’enseignants de diverses disciplines sont montées au créneau, tant en SVT, qu’en physique-chimie, et en technologie, matière qui, nous le savons, a déjà payé un lourd tribut avec sa disparition en classe de 6e.

    Les associations de professeurs de LCA (Langues et Cultures de l’Antiquité) commencent également à manifester une vive inquiétude. Dès l’arrivée des DHG dans les établissements, nombre d’entre eux ont été convoqués par leurs chefs d’établissement qui leur ont proposé, selon les cas, d’abaisser le nombre d’heures d‘enseignement en LCA, d’assurer l’intégralité de ces heures en HSA (jusqu’à 4 HSA par enseignant !) voire de supprimer totalement cet enseignement susceptible pourtant d’apporter beaucoup à tous les élèves.

    Au vu de la mise en application difficile de ces groupes de niveau, de nombreux collègues craignent de grosses difficultés dans leur matière mais également dans les autres, la disparition certaine des dispositifs d’aide et de soutien, des tensions entre les enseignants de différentes matières qui seront mis en concurrence sur les fameuses heures de marge et des emplois du temps catastrophiques tant pour les enseignants de français et de mathématiques que pour les autres par répercussion. Comment imaginer ne pas avoir à faire face à une importante dégradation des conditions de travail ! Et pourtant, il semblerait bien que personne ne se bouscule pour s’inscrire aux concours de recrutement des enseignants. Quid du choc d’attractivité ?

    La réforme du collège prévoit également de redonner au conseil de classe la décision finale concernant le passage en classe supérieure ou le redoublement d’un élève. Fini le « dernier mot  aux parents », finis les petits arrangements dans le bureau du chef d’établissement entre parents et chef d’établissement. Sur ce point, le SNCL est totalement d’accord.

    De plus, la réussite au DNB devrait devenir un pré-requis indispensable pour l’entrée en seconde, ce qui paraît d’une logique implacable. Comment laisser un élève aborder des situations pédagogiques et des notions complexes sans maîtriser les acquis de base de la fin du cycle 4 ?

    Pour ces élèves ayant échoué au DNB, il a été prévu d’instaurer des classes « prépa-lycées » dans certains lycées à la rentrée 2024, expérimentation qui sera étendue par la suite à tous les lycées. Cette classe leur permettra de « consolider leur niveau, rattraper leur retard et être mieux armés pour la suite ».

    Ces mesures prévoient également en ce qui concerne le DNB d’abandonner les notes liées aux « compétences » du LSU pour les remplacer par un réel contrôle continu à partir des notes obtenues en classe de 3ème comme c’était le cas auparavant. Qui plus est le ratio contrôle continu/notes finales sera revu, ces dernières comptant dès la session 2025 pour 60 %.

    Et enfin, toujours en ce qui concerne le DNB, exit le « bidouillage des notes » qui avait souvent lieu au moment des corrections comme pour le baccalauréat.

    Le SNCL se réjouit de cette prise de conscience même s’il est certain que des établissements verront leur moyenne de reçus au DNB chuter dangereusement

    Le SNCL reconnaît une prise de conscience des difficultés du collège par le ministère mais pense que la route est encore longue avant d’obtenir des améliorations notables, en particulier si l’on considère que peu de moyens ont été réellement débloqués pour cette réforme.

     

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  • « Choc des savoirs » et DHG : un manque insupportable de moyens

     

    Le SNCL avait salué les annonces de Gabriel Attal, dévoilant un « Choc des savoirs » et notamment la création de groupes de niveaux dans les collèges en français et mathématiques. Notre syndicat, qui fut la cheville ouvrière de la création des collèges en France, a démontré depuis des décennies les effets néfastes du collège unique et comment seul un enseignement différencié permettra à chaque élève, quel que soit son niveau, d’atteindre le maximum de ses capacités, à condition qu’un tel dispositif soit mis en place avec intelligence et souplesse.  

    Le SNCL constate hélas avec effarement l’absence totale de moyens supplémentaires dédiés à ces futurs groupes de niveaux, ce qui rend leur mise en place presque impossible, met largement en péril leur efficacité et va affecter durement de nombreux autres dispositifs pédagogiques essentiels.

    Les dotations horaires globales qui viennent de parvenir aux établissements confirment qu’il faudra en général composer avec des moyens constants, ce qui implique notamment :

    • Le sacrifice de l’heure de soutien en 6ème en mathématiques et français, pourtant mise en place à la rentrée 2023 et déjà supprimée sans avoir pu faire ses preuves.
    • La récupération d’heures sur d’autres disciplines : suppression des demi-groupes en science (SVT et Physique-Chimie) ou en langues, suppression des heures marges et des heures d’autonomie, pression sur les langues anciennes, suppression de la technologie, chantage aux heures supplémentaires… tout et n’importe quoi devient soudain possible pour abonder les groupes de niveaux ! En l’état des textes, la baisse de l’horaire hebdomadaire impliquée par ces manipulations n’est d’ailleurs pas réglementaire, faute de nouveau décret.

    Par ailleurs, d’après les directives rectorales, les groupes des élèves les plus en réussite devraient être constitués de 26 à 30 élèves. Ces groupes correspondent donc à des effectifs de classe entière – qui plus est élevés – qui ne permettent pas un suivi personnalisé, ce qui pourtant est nécessaire pour tirer aussi le meilleur des élèves à plus fort potentiel.

    Le SNCL attire enfin l’attention sur la difficile mise en place de ces groupes de niveaux dans les collèges de taille modeste, notamment en secteur rural, où il est fréquent de n’avoir que deux professeurs de français et de mathématique. Dès lors, la mise en place de trois groupes de niveaux différents apparait très difficile – sinon impossible – sans renfort de personnel, et pose même des questions d’espace et de logistique. Impossible d’aligner les groupes ou de mettre en place des effectifs réduits, même pour les élèves les plus en difficulté, ce qui retire tout l’intérêt du dispositif.

    Dans ces conditions, le SNCL comprend la colère des équipes pédagogiques, auxquelles on demande toujours plus, sans leur donner les moyens de ces ambitions. Nous demandons un moratoire d’un an sur la réforme, afin de préparer la mise en place des groupes de niveaux dans de bonnes conditions avec les moyens humains et un budget augmenté en conséquence dès la rentrée 2025-2026. 

    Les groupes de niveaux ne peuvent apporter des résultats significatifs que s’ils s’accompagnent d’un suivi pédagogique fin et d’une porosité des groupes, avec une évaluation au moins trimestrielle des progrès des élèves et une réaffectation possible d’un groupe à l’autre en cours d’année. Tout ceci représente un défi organisationnel, du travail supplémentaire pour les professeurs, et appelle donc des moyens supplémentaires considérables pour l’organiser et le rémunérer. Le rehaussement des résultats des élèves français est néanmoins à ce prix. 

    Enfin, le SNCL rappelle à cette occasion qu’il considère toujours que la revalorisation des personnels s’est arrêtée à mi-chemin et doit maintenant atteindre les collègues de milieu et fin de carrière : le PACTE, qui devient déjà un dispositif boiteux, ne saurait être la solution. La mise en place des groupes de niveaux ne saurait fonctionner sans l’assentiment des équipes. Et celui-ci ne pourra pas être obtenu sans une reconsidération préalable et notable, y compris financière, de nos métiers tout au long de la carrière.