SNCL

Syndicat National des Collèges et des Lycées

  • Parcoursup : nouveautés 2025

    Parmi les principaux changements, on trouve d’abord une nouvelle rubrique dédiée à l’insertion professionnelle ou un outil pour mesurer ses chances d’intégrer une formation, en fonction du profil. Autre nouveauté : la possibilité pour l’administration de déréférencer des formations de la plateforme. Ces annonces ont lieu dans un contexte où la politique de l’orientation en France fait face à des critiques, avec des incertitudes concernant une concertation nationale lancée en novembre 2024.

    Ce qui ne change pas est que les candidats peuvent formuler jusqu’à 10 vœux, non hiérarchisés, avant la confirmation de ces derniers le 2 avril.

    Il y a toutefois plusieurs nouveautés pour cette session 2025, dans une démarche « d’amélioration » et d’un « accompagnement toujours plus adapté ». Le SNCL a noté des modifications concernant les présentations des formations. Statut des établissements, sélectivité de la formation, nombre de places disponibles, détention ou non du label ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche ou éligibilité aux bourses sur critères sociaux.

    Le Parcoursup 2025 comprend maintenant une rubrique pour évaluer ses chances en fonction de son profil : le type de baccalauréat (général, technologique, professionnel), les choix des filières suivies au lycée (enseignements de spécialité, série ou spécialités) ou le niveau scolaire en classe de terminale.

    Parcoursup prévoit également une section dédiée à l’information sur la poursuite d’études et l’insertion professionnelle des étudiants. Ainsi, 75 % des formations présentes sur Parcoursup 2025 devraient proposer des données sur l’insertion professionnelle incluant notamment le salaire indicatif net/mois observé à l’échelle nationale un an après la sortie des études.

    Le SNCL considère tous ces éléments comme très positifs et permettant aux futurs étudiants de mieux se retrouver dans les méandres de l’orientation.

     

    Dès 2025, la possibilité pour Parcoursup d’exclure des formations de sa plateforme.

    En cas de non-respect de sa charte, Parcoursup se réserve la possibilité de déréférencer des formations de la plateforme. L’origine de cette nouveauté est à chercher dans une tentative de lutter contre les fraudes qui se dissimulent dans les labyrinthes de l’enseignement supérieur privé, souvent concerné par un aspect purement lucratif. Pour ce faire, Parcoursup se réserve le droit de mettre en demeure des formations en cas de manquement aux règles de fonctionnement. Il permet, s’il n’y a pas d’amélioration constatée, de poursuivre cette procédure pouvant aller jusqu’au déréférencement de la formation.

    D’après les informations recueillies par le SNCL, un projet d’arrêté sera présenté prochainement pour publication officielle avant le 13 mars 2025, date limite de formulation des vœux.

     

    Ces évolutions de Parcoursup se font dans un contexte politique incertain et tendu. Pourtant, le thème de la politique sur l’orientation est crucial et l’articulation de la transition entre la fin du lycée et la première année dans l’enseignement supérieur est, pour le SNCL, un élément pivot essentiel. Une concertation nationale sur l’orientation devait être lancée, mais on ne sait toujours pas à ce jour ce que comptent faire les nouvelles autorités ministérielles.

  • L’épuisement professionnel dans le 1er degré

    Élèves en crise impossibles à gérer, parents méprisants et agressifs, hiérarchie absente voire même culpabilisante, les raisons du mal-être enseignant sont nombreuses.

    A l’heure où la santé mentale est désignée cause nationale 2025, l’Éducation nationale ne se préoccupe toujours pas de la santé de son personnel. Comment un professeur à la limite de l’épuisement professionnel, voire de la dépression, peut-il réussir à tenir face à des classes surchargées et des élèves pour certains en grande difficulté scolaire et pour d’autres présentant des troubles du comportement relevant d’instituts spécialisés ?

    Partout, les CMP, CMPP, IME et autres structures d’accueil, offrant une prise en charge gratuite aux enfants à profils particuliers, sont surchargés avec des listes d’attente de plus de 6 à 12 mois.

    Les moyens qui leur sont alloués diminuent alors que les besoins augmentent. Les parents qui le peuvent se tournent alors vers des professionnels en libéral mais les délais de prise en charge dans bon nombre de départements dépassent 12 mois chez les orthophonistes, neuro-pédiatres, neuro-psychiatres, psychomotriciens… En attendant, et malgré les difficultés, l’élève est scolarisé sans moyen et sans aide spécialisée.

    Face à cela, l’enseignant est le plus souvent seul. La situation est encore plus critique en maternelle puisque c’est souvent là que les diagnostics se font et qu’entre la détection d’un problème et sa prise en charge une année scolaire se passe. Bien souvent les professeurs de maternelle n’ont pas d’agent territorial spécialisé des écoles maternelles (ATSEM) dans leur classe et sont donc seuls avec des enfants de 3 à 5 ans encore peu autonomes et très demandeurs de l’attention de l’adulte. Dans les situations de troubles du comportement, l’enseignant est souvent démuni et se retrouve à gérer l’élève en crise en essayant d’assurer la sécurité de tous au détriment des apprentissages.

    Dans les écoles, l’enseignant est le plus souvent seul en classe pour affronter ces situations de crise. Les accompagnants d’élèves en situation de handicap (AESH) pourtant notifiés ne sont pas toujours recrutés. Ainsi des élèves en situation de handicap sont accueillis sans aide humaine. La maltraitance institutionnelle s’abat donc aussi sur les élèves. D’ailleurs si un AESH est absent, il n’est pas remplacé même pour des congés longs !

    Et pour rajouter à la difficulté, les remplaçants se faisant rares, les classes déjà surchargées sont prêtes à craquer avec l’accueil des élèves des collègues malades.

    Culpabilité pour les uns, ras-le-bol pour les autres…la coupe est plus que pleine. Les enseignants déjà multi-casquettes doivent donc remplacer leurs collègues malades ainsi que les AESH. A croire que le ministère pense que l’utilité des AESH reste à prouver.

    Il est en outre à noter que le remplacement des collègues absents dans le premier degré par les collègues de la même école n’offre droit à aucune prime de sujétion particulière, ce qui est une aberration qui doit être le plus vigoureusement combattue.

    Et maintenant, au lieu de former les enseignants à la gestion des élèves à troubles du comportement, au lieu de créer un vrai métier d’AESH avec un salaire digne et une véritable formation, voilà que la nouvelle ministre nous parle de réduire les vacances scolaires !

    A l’heure où des enseignants craquent en salle des maîtres ou même dans leur propre classe, tant les journées sont difficiles, voilà qu’on veut leur enlever la seule chose qui leur permet de tenir le rythme. Ces temps de vacances sont des moments durant lesquels les enseignants travaillent aussi mais dans le calme, à leur rythme, sans gestion de crise, sans agitation, sans sollicitation permanente … Un bol d’air qui permet de tenir en classe et qui est indispensable, tant les conditions de travail des enseignants sont dégradées.

     

    Ville de Paris : la fin d’un régime d’exception ?

    Depuis 1982, les écoles de la capitale bénéficient d’une convention signée avec l’État et financée par la ville de Paris permettant de décharger entièrement de leurs services d’enseignement les directeurs et directrices d’écoles maternelles et élémentaires comptant au moins 5 classes.

    Depuis 2017, la réduction globale des moyens et les fermetures de classe sont continues et concernent exclusivement l’enseignement public à Paris, mais jusqu’à présent la convention avait été maintenue.

    En novembre 2024, la chambre régionale des comptes d’Île-de-France a émis une préconisation d’abandon du dispositif d’exception maintenu par la convention. Le ministère, sous la pression constante de recherches d’économies, s’est engouffré dans la brèche et, au nom de « l’équité territoriale », a décidé de ne pas renouveler la convention. Un nivellement par le bas particulièrement dommageable, alors que les bienfaits du dispositif ont été prouvés, tant au niveau du climat scolaire que des résultats des élèves, en particulier dans les quartiers populaires.

    Il s’agit donc d’une régression majeure pour les 654 écoles parisiennes : 42 établissements se sont déjà vu annoncer la perte de leur décharge de direction dès la rentrée 2025.

    La FCPE Paris a immédiatement réagi en lançant une pétition où elle rappelle que « la décharge d’enseignement permet aux directrices et directeurs d’école d’assumer pleinement leurs fonctions administratives et pédagogiques, avec des bénéfices tangibles pour les élèves et les familles ». Pour la fédération de parents d’élèves, cette décision « annoncée brutalement, sans aucune concertation » est « contraire à l’intérêt des enfants et des familles parisiennes ».

    Le SNCL rejoint cette analyse et appelle la Ministre de l’Éducation Nationale à revoir sa position et à accepter la convention proposée par la ville de Paris pour préserver un dispositif essentiel à la bonne gestion des écoles et à la qualité de l’enseignement : il faut au contraire travailler à l’extension progressive de tels dispositifs sur l’ensemble des territoires, afin de soulager tous les personnels impliqués dans la direction des écoles.

  • Budget 2025 : quel sort pour l’Éducation nationale ?

    Après le recours à l’article 49.3 par François Bayrou lundi 3 février, puis l’échec des motions de censure, le Projet de loi de finances pour 2025 a été définitivement adopté par le Sénat jeudi 6 février. Que le pays dispose enfin d’un nouveau budget est sans conteste une nouvelle rassurante. Mais quels sont les arbitrages finaux pour nos métiers ? 

     

    Une offensive contenue mais bien réelle contre les fonctionnaires

    Si le projet injuste des trois jours de carence pour les fonctionnaires a dû être abandonné par le Premier Ministre, ce qui était l’une des conditions pour s’assurer de l’abstention des socialistes lors du vote de la motion de censure, des reculs importants sont tout de même à déplorer.

    D’abord, la baisse du financement des congés maladies de 100 % à 90 % a bien été actée. Cette baisse n’est certes pas insurmontable pour des arrêts maladies de quelques jours, mais elle peut se révéler sérieusement pénalisante pour des arrêts de plus longue durée. Surtout, il est regrettable et dangereux de s’attaquer à l’un des rares avantages de la fonction publique à l’heure où celle-ci subit une crise d’attractivité majeure. D’ailleurs, l’argument qui sous-entend cette réforme – si les fonctionnaires perdent du salaire, « ils y réfléchiront à deux fois avant de tomber malade » – témoigne du mépris qu’ont pour nous ses défenseurs.

    Par ailleurs, ce nouveau budget entérine le gel du point d’indice, relançant ainsi le décrochage salarial par rapport à l’inflation qui a pénalisé les fonctionnaires durant les deux dernières décennies, et qui rendra bientôt caduques les récentes et modestes revalorisations concédées.

    Enfin, la GIPA (Garantie Individuelle de Pouvoir d’Achat) n’échappe pas non plus aux restrictions budgétaires : déjà supprimée de manière soudaine fin 2024 par l’ancien ministre de la Fonction publique Guillaume Kasbarian, elle n’apparait pas au budget de 2025.

    Si le contexte actuel impose sans doute de faire des économies, le SNCL considère qu’il est irresponsable de les faire peser à la Fonction publique dans un contexte de désaffection déjà profonde des carrières qu’elle a à offrir. Derrière la question de l’attractivité, c’est bien la pérennité d’un service public de qualité, déjà mise à mal, qui est en jeu.

     

    Les 4 000 postes d’enseignants maintenus par un tour de passe-passe

    François Bayrou s’y était engagé et la promesse est tenue : les 4 000 postes d’enseignants, qui devaient être supprimés dans le projet de loi de finance défendu par Michel Barnier, sont finalement rétablis. Mais à quel prix ?

    En réalité, les 50M€ d’économies que devaient permettre cette mesure ont été bel et bien déduits du nouveau budget. Simplement, ils l’ont été sur un autre programme budgétaire, celui du « soutien de la politique de l’Éducation nationale », regroupant un faisceau de mesures destinées à mieux accompagner les enseignants. Les 4 000 postes d’enseignants sont ainsi rétablis, mais à budget constant. De quoi nuancer la valeur de cette promesse tenue.

    Signalons aussi le maintien de la création de 2 000 postes d’AESH, hausse nécessaire bien qu’encore insuffisante pour faire face au besoin d’accompagnement toujours croissant des élèves en situation de handicap.

     

    Un budget globalement en baisse pour l’éducation

    En dépit de ces avancées en demi-teinte, le budget global de la mission enseignement scolaire est bel et bien en baisse de 225 M€ par rapport au PLF soumis par Michel Barnier en octobre 2024. Voici en détail les baisses budgétaires réparties selon les différents programmes :

    • –21,4 M€ pour le premier degré,

    • –69,4 M€ pour le second degré,

    • –19,9 M€ pour l’enseignement privé du premier et du second degrés,

    • –18,9 M€ pour l’enseignement technique agricole,

    • –32,8 M€ pour le programme vie de l’élève,

    • –62,8 M€ pour le programme soutien de la politique de l’Éducation nationale.

    Ces restrictions budgétaires se répercutent notamment sur la formation des enseignants      (-50M€), sur des dépenses transversales dont le contenu précis reste pour l’instant obscure     (-170M€) ou encore sur une baisse de dotation pour l’opérateur public en charge de l’orientation, l’Onisep (-5M€). Les opérateurs Canopé et le CEE (Conseil d’évaluation de l’école), pendant un temps sur la sellette, sont finalement épargnés.

     

    Si le SNCL salue les efforts concédés dans le cadre de la négociation politique, il ne peut se satisfaire d’une baisse globale du budget de l’Éducation nationale ni de mesures qui viennent dégrader plus encore la Fonction publique. À l’heure où celle-ci vit l’une de ses plus graves crises d’attractivité, notamment dans le secteur de l’éducation, ces calculs comptables ne semblent clairement pas à la hauteur des enjeux.

    Nous appelons ainsi à rouvrir les négociations sur des mesures susceptibles d’améliorer l’attractivité de nos métiers : la réforme de la formation des enseignants, avec une rémunération dès l’année de L3, la réduction des effectifs par classe, et une revalorisation salariale pour les personnels en milieu et fin de carrière. Ces mesures cruciales sont les seules à même d’inverser la baisse en chute libre du nombre de candidats se présentant aux concours d’enseignants. Sans cela, il paraitra en effet bien illusoire d’avoir sauvé 4 000 postes, si plus personne ne souhaite les occuper.

  • Congé de proche aidant : comment ça marche ?

    Le congé de proche aidant permet de cesser temporairement son activité ou de la réduire pour s’occuper d’un proche handicapé ou en perte d’autonomie.

    Ce congé peut être attribué à tous les agents publics (titulaires, stagiaires, contractuels). 

    Il n’est pas rémunéré mais est considéré comme une période d’activité. La durée du congé est donc prise en compte pour l’avancement, la retraite, le réexamen de la rémunération, le droit à formation, le calcul de l’ancienneté pour l’acquisition d’un CDI … De même ce congé ne prive pas du bénéfice des autres congés (maladie, congés payés).

    Une allocation journalière de proche aidant peut alors être allouée pour pallier l’absence ou la diminution de rémunération. 

     

    I.               Textes de référence

        Code du travail : L3142-8 et L 3142-16à L3142-25-1 

        Décret n°2020-1557 du 8 décembre 2020 modifié relatif au congé de proche aidant

        Code général de la fonction publique, articles L 634-1 à L634-4

        Article 20 ter du décret n°86-83 du 17 janvier 1986 relatif aux agents contractuels

        Article 21 ter du décret n°94-874 du 7 octobre 1994 modifié relatif au statut des stagiaires

        Code de la sécurité sociale : articles L168-8 et suivants, D168-11 et suivants, L512-1

        Décret n°2020-1208 du 1er octobre 2020 Allocation journalière du proche aidant (AJPA)

    II.            Le congé de proche aidant

    A.            Conditions d’attribution

    La personne accompagnée présente un handicap ou une perte d’autonomie et vit en France.

    Elle peut être :

       Le conjoint, concubin, partenaire de PACS

       Un ascendant ou descendant

       L’enfant à la charge d’une personne résidant régulièrement et stablement en France

       Un collatéral jusqu’au 4eme degré (frère, sœur, cousin, oncle, etc.)

       Un ascendant, descendant ou collatéral jusqu’au 4eme degré du conjoint, concubin, partenaire de PACS

       Une personne âgée ou handicapée avec laquelle le proche aidant réside ou entretient des liens étroits et stables, à qui il vient en aide régulièrement et fréquemment

    B.            Durée et forme du congé de proche aidant

    C’est un congé de 3 mois renouvelable dans la limite d’un an sur l’ensemble de la carrière.

    Il peut être pris :

    •    De manière continue,
    •    Par fractionnement en journées ou demi-journées,
    •    Sous forme de temps partiel.

    Il peut être interrompu de manière anticipée, dans les 15 jours, à la demande de l’agent public qui en fait la demande à son chef de service par écrit :

    •    Au décès de la personne aidée (interruption du congé dans les 8 jours),
    •    Lors de l’admission de la personne aidée dans un établissement,
    •    Si le proche aidant connait une diminution importante de ressources,
    •    S’il est recouru à un service d’aide à domicile,
    •    Si l’assistance est assumée par un autre membre de la famille,
    •    Si l’état de santé du proche aidant le nécessite.

    Les dates prévisionnelles et les modalités d’utilisation peuvent être modifiées par information au chef de service avec un préavis d’au moins 48 heures. (D. 2020-1157 A.4)

    C.            Procédure

    Il faut adresser une demande écrite au chef de service au moins un mois avant le début du congé et au moins quinze jours avant le terme en cas de renouvellement. Cette demande écrite doit comporter : 

    • Les dates prévisionnelles du congé, ou celles des journées et demi-journées de fractionnement, ou encore la quotité de temps partiel demandé ;
    • Les pièces justificatives suivantes : 
    • Une déclaration sur l’honneur des liens du demandeur avec la personne aidée ;
    • Une déclaration sur l’honneur du demandeur attestant qu’il a déjà bénéficié du congé ou n’en a jamais bénéficié ;
    • Si la personne aidée est un enfant ou un adulte handicapé la copie de la décision d’un handicap avec un taux d’incapacité supérieur à 80% ;
    • Si la personne aidée souffre d’une perte d’autonomie, la copie de la décision d’attribution de l’allocation personnalisée d’autonomie (APA) ;
    • La copie de toute autre décision d’attribution de prestation sociale à la personne aidée.

    D.            Situation particulière du stagiaire

    La titularisation du fonctionnaire stagiaire prend effet à la date de la fin de la durée statutaire du stage, compte tenu de la prolongation imputable à ce congé.  

    Le fonctionnaire appelé à suivre un stage pour être titularisé dans un autre corps peut demander à reporter ce stage à la date de fin de congé de proche aidant.

    III.         L’allocation journalière de proche aidant (AJPA)

    A.            Conditions d’attribution de l’AJPA

    Une demande doit être adressée à la caisse d’allocations familiales, accompagnée d’une attestation de l’employeur d’attribution de congé.

    B.            Montants bruts de l’AJPA au 1er janvier 2025

       Pour une personne isolée : 65,80 € /jour                               32,90 €/ demi-journée

       Pour une personne en couple : 55,30 €/jour                         27,69 €/ demi-journée

     

    C.            Modalités de versement

       Le nombre de jours d’AJPA par mois est limité à 22.

       Le nombre de jours d’AJPA pour le suivi d’une personne est limité à 66.

       Le nombre de jours d’AJPA sur une carrière est limité à 264 (4 x 66) pour le suivi de 4 personnes différentes.

       En cas de congé pris sous forme de temps partiel, le montant mensuel de l’AJPA est calculé sur la base du nombre de journées ou demi-journées non travaillées dans le mois.

     

    Vous pensez recourir à ce dispositif ? Ne restez pas isolés, rejoignez le SNCL et nous vous aideront à constituter votre demande et à obtenir ces aides. Contactez-nous à : communication@sncl.fr (sujet : Congé de proche aidant et AJPA).

  • AEFE, recrutement des détachés 2025

    Partir à l’étranger, par où commencer ?

     

    Dans le cadre de sa campagne de recrutement des personnels d’enseignement, d’éducation et d’administration en 2025, l’AEFE a mis en ligne un intéressant webinaire consacré aux conditions et procédures de recrutement des candidats à l’expatriation[1]

    Madame Raimbault, chargée des recrutements au sein de l’AEFE, y rappelle tout d’abord que l’agence recrute majoritairement des fonctionnaires titulaires de l’Éducation nationale pour le compte d’établissements scolaires en gestion directe (EGD) ou conventionnés par l’agence. Les établissements et entités dites « partenaires » recrutent par leurs propres moyens, selon des contrats et des conditions de travail locaux. L’AEFE ne sauraient leur proposer de personnels en « détachement » ; dans ce cas, les candidatures doivent être adressées directement à ces établissements. 

    Quoi qu’il en soit, 392 000 élèves (alors qu’ils étaient 165 000 en 1990) fréquentent quelque 600 établissements dans 139 pays. Autant dire que les besoins en recrutement sont importants et ne font que croître !

    A ce jour, 4 800 agents titulaires de la Fonction publique jouissent d’un détachement sur des postes d’enseignement, d’éducation et d’administration en EGD ou établissement conventionné. L’existence d’un mouvement intense des personnels est donc de mise pour des enseignant(e)s, mais aussi des personnels encadrants, proviseurs, directeurs d’école, secrétaires généraux, directeurs administratifs, ATSS, etc. La norme en vigueur depuis 2019 prévoit pour tous un contrat de 3 ans renouvelable une fois, ce qui signifie que pour la majorité des candidats au départ la perspective d’un retour en France ne doit pas être perdue de vue…

    Une condition première impérative

    Pour constituer un dossier de détachement, vous devez absolument être titulaire d’une des trois fonctions publiques au moment de déposer votre dossier (arrêté de titularisation exigé).

    Pour les enseignant(e)s, deux conditions supplémentaires sont exigées : 

    –       Posséder la certification dans la matière qui sera effectivement enseignée (pas d’échange de matières) ;

    –       Disposer d’une expérience minimale d’enseignement en tant que titulaire en France (évaluée par l’Éducation nationale) dans l’un des corps d’enseignement, y compris celui des PLP.

     

    Pour les personnels non-enseignants, la condition d’expérience est aussi requise mais sa nature et son appréciation varient en fonction des corps de métier ou des cadres d’emploi concernés.

    Les conditions complètes pour la constitution d’un dossier de détachement enseignant ou administratif sont consultables au BOEN n°32 (08/08/2024) ainsi que dans l’Instruction générale relative au recrutement des personnels détachés validée en instance chaque année à l’AEFE[2].

     

    Campagne de recrutement 2025

    La campagne de recrutement a commencé le 20 décembre 2024. Le site de l’AEFE met à disposition des internautes à la fois la liste (réactualisée en janvier et février) des postes vacants ou « susceptibles » de l’être ainsi que le dossier de candidature au détachement. Important : le ou la candidat(e) doit impérativement consulter aussi le site des établissements désirés de façon à prendre connaissance des dates exactes de prise du poste, des délais d’envoi du dossier et des pièces. Un dossier sera rempli pour chaque pays souhaité et, à ce titre, seuls les dossiers complets transmis directement à l’établissement envisagé seront recevables et évalués. La date du 31 mars est néanmoins à considérer comme une date maximum dans la plupart des cas. 

     

    QUI DÉCIDE ?

    L’AEFE n’intervient pas de prime abord dans le choix des candidats. Une commission consultative paritaire locale (CCPL) au sein du service culturel de l’ambassade rend son choix et informe le candidat. Une proposition de poste – à accepter par l’agent dans les 48 heures ! – vaut engagement exclusif et annule toutes les autres candidatures. L’acceptation du poste convoité aboutit à un arrêté de détachement émis par les services centraux de l’AEFE, lequel est encore soumis à l’examen – parfois tardif – du ministère ou de l’autorité de tutelle de l’agent.

     

    Partir enfin… oui mais bien informés et dans de bonnes conditions : vous avez un projet de mobilité internationale ? Rejoignez le SNCL ; notre syndicat, fort de 35 ans d’expérience dans l’accompagnement des personnels à l’étranger, vous suivra avant, pendant et après votre mission afin de vous garandir les meilleures conditions d’exercice et la pleine connaissance de vos droits et obligations. Contactez-nous à : communication@sncl.fr (sujet : AEFE campagne 2025).



    [1] aefe.gouv.fr (Recrutement > webinaire d’environ 28 mn).

    [2] aefe.gouv.fr (> Ressources documentaires)

  • Concours 2025, nombres de postes offerts

    Les postes aux concours du second degré ont été publiés début décembre. Pour les concours externes, l’agrégation gagne des postes (+ 40), les matières où les variations sont les plus importantes sont les lettres classiques qui perdent des postes et la chimie qui en gagne. Les concours de recrutement des CPE (+ 45) et de PsyEN (+ 10) sont également « gagnants ».

     

    Les concours externes et 3ème concours de recrutement de professeurs de lycée professionnel (PLP) perdent 100 postes, essentiellement en mathématiques et biotechnologies.

     

    Le CAPES, quant à lui, perd 232 postes au concours externe, 104 au 3ème concours. Malheureusement sans surprise, tant les années passées nous y ont presque habitués, les lettres classiques et l’allemand sont les disciplines les plus touchées.

    le CAPET perd 54 postes au concours externe, essentiellement en informatique et 5 au 3ème concours.

     

    Au final, le SNCL ne peut que déplorer une perte significative, près de 400 au total, des postes proposés aux différents concours externes. Comment se résigner à voir nos métiers perdre toujours plus d’attractivité ?

    Reste à savoir si l’intervention du premier ministre permettra de corriger le tir in extremis ; mais il faut aussi rappeler que des postes offerts ne font pas systématiquement des lauréats. La baisse continue du nombre de candidats chaque année se traduit par une augmentation du nombre de postes non pourvus.

    Pour comparaison, 11 269 candidats seulement étaient présents aux épreuves de CAPES en 2023. Ils étaient 44 265 en 2001 ! C’est un véritable effondrement. 

    Ces « postes » laissés vacants sont donc ensuite logiquement occupés par des recrutements de personnels contractuels : mais là aussi les viviers s’épuisent et, in fine, ce sont des élèves sans professeur qui sont à déplorer sur tout le territoire à chaque rentrée.

     

  • Accès au CDI et arrêt pendant la période d’urgence sanitaire (COVID)

    L’accès au CDI pour les contractuels est conditionné par une continuité de contrat sur une période de 6 ans. Mais tout arrêt entre le 20 mars 2020 et le 1er aout 2022 ne rompt pas la continuité ! Faites valoir vos droits.

  • Contractuels : pour un plan national d’accueil et de formation

    L’entrée dans le métier pour les enseignants contractuels est souvent difficile. Or la plupart du temps, ceux-ci ne bénéficient pas d’une formation adéquate pour une prise de fonction sereine et efficace. Le SNCL appelle à réagir. 

  • ADHÉRER AVANT LE 31 DÉCEMBRE : qu’est-ce que ça change ?

    La fin de l’année civile est souvent rappelée par les syndicats aux collègues souhaitant adhérer, voici la différence exacte entre adhérer avant ou après le 31 décembre…

  • Nouveau gouvernement, loi spéciale : quelles conséquences sur le budget de l’EN?

    Quelles seront les conséquences concrètes pour les personnels de l’éducation ? Y a-t-il un risque concernant le versement de nos salaires ? Et qu’attendre du gouvernement Bayrou, avec Élisabeth Borne à la tête de notre ministère ?

     

    En l’absence de budget voté pour 2025, la loi spéciale qui a été promulguée le 20 décembre acte la reconduction temporaire du budget de 2024, pour assurer la « continuité de la vie de la Nation ». Ce budget provisoire durera tant que la nouvelle loi de finance pour 2025 n’aura pas été votée. D’après les déclarations du nouveau premier ministre François Bayrou, cette dernière ne pourra être adopté, au plus tôt, qu’à la mi-février. A condition que le gouvernement Bayrou ne soit pas censuré d’ici là, auquel cas la reconduction « temporaire » du budget de 2024 pourrait bien devenir durable…

     

    Si le versement de nos salaires sera fort heureusement assuré par la loi spéciale, ce contexte budgétaire inédit a tout de même des conséquences directes pour l’Éducation nationale : un budget provisoirement en baisse par rapport à celui initialement proposé, une préparation de la rentrée 2025 perturbée, mais aussi des incertitudes inquiétantes pour les personnels. Autant d’effets qui ne feraient que s’accentuer si le nouveau budget n’était pas voté dans les meilleurs délais. 

     

    Une baisse provisoire du budget de l’éducation, en décalage complet avec la situation 

    Le rejet du projet de loi de finance du gouvernement Barnier s’accompagne certes de l’abandon de mesures particulièrement hostiles envers l’éducation nationale et la fonction publique en générale, tels que la suppression de 4000 postes d’enseignants, ainsi que l’instauration des trois jours de carence et la réduction du montant des congés maladie. On peut s’en réjouir, du moins temporairement, car rien ne dit que ces mesures ne reviendront pas sur le devant de la scène rapidement. 

     

    Cependant, la décision de reconduire la loi de finances initiale (LFI) 2024, bien qu’inévitable dans l’urgence, signifie aussi une perte de 134 millions d’euros pour l’Éducation nationale par rapport au projet de loi de finances (PLF) 2025 initialement proposé. Ce dernier prévoyait en effet quelques investissements positifs, notamment :

    –       Une augmentation de 1.6% des dépenses de personnel, dédiée essentiellement à la « montée en charge du pacte enseignant ». Bien que ce dispositif divise, il permet malgré tout une hausse de pouvoir d’achat pour les collègues qui le souhaitent. 

    –       La création de 2 000 postes d’AESH (accompagnants des élèves en situation de handicap), ce qui répondait à un besoin manifeste. 

     

    Sur ces points, la situation budgétaire actuelle maintient ainsi un statu quo insuffisant, voire risque d’aboutir à un budget à la baisse, à l’heure où notre système éducatif nécessite au contraire des investissements massifs. 

     

    Une organisation de la rentrée mise à mal

    Au-delà des aspects financiers, c’est l’ensemble de la préparation de la rentrée scolaire 2025 qui est perturbée. Habituellement, les académies reçoivent dès décembre les moyens alloués pour organiser la rentrée suivante. Or, cette année, les rectorats naviguent à vue. Faute de visibilité, deux scénarios sont envisagés : soit des répartitions provisoires, approximatives et sujettes à révision, soit un report en janvier, ce qui raccourcirait considérablement les délais pour planifier la rentrée.

     

    Cette incertitude complique des étapes cruciales comme les mouvements enseignants, les ajustements de postes et les consultations avec les instances paritaires. Dans ces conditions, comment garantir une rentrée sereine et des affectations équitables pour les enseignants ? Les rectorats et chefs d’établissement risquent d’être contraints à des ajustements de dernière minute, au détriment de la qualité du service public d’éducation.

     

    Des effets concrets sur le quotidien des personnels
    Pour les collègues enseignants et AESH, cette situation inédite alimente une inquiétude légitime. Nous subissons déjà une charge de travail accrue, des moyens insuffisants et un manque chronique de reconnaissance. Avec ce flou budgétaire, la hausse du budget prévue pour le pacte enseignant pourrait être reportée, voire compromise. Les créations de postes d’AESH indispensables pour accompagner les élèves en situation de handicap, sont désormais incertaines.

     

    Enfin, le principe énoncé par le cabinet de la ministre démissionnaire de limiter les recrutements au « strict nécessaire » pour assurer la continuité des services publics risque d’aggraver les tensions dans les établissements déjà confrontés à des pénuries de personnels. Les effets déplorables de cette logique ont été vus à l’œuvre dès ce mois de décembre, lorsque plusieurs académies ont annoncé ne pas reconduire des contractuels faute de moyens, alors même que le besoin d’enseignants était réel. 

     

    Une exigence : garantir une hausse des moyens pour sauver une école en crise
    Face à cette situation, il est impératif que le nouveau gouvernement prenne rapidement ses responsabilités. La reconduction de la LFI 2024 doit être une étape transitoire la plus courte possible, et le débat budgétaire de ce début d’année doit permettre de rétablir des moyens ambitieux pour l’Éducation nationale. 

     

    La nomination d’Élisabeth Borne au ministère de l’Éducation Nationale nous rappelle certes le souvenir amer de la réforme des retraites imposée grâce à l’article 49.3. Espérons cependant qu’elle fasse preuve d’autant de détermination pour redresser notre système scolaire. On peut regretter, à juste titre, son manque de lien avec l’École, tout comme sa prédécesseuse. Mais au moins s’agit-il cette fois d’une personnalité politique de premier plan, avec une expérience solide des différents services ministériels. Sa position première dans la liste protocolaire du gouvernement, qui est par ailleurs dirigé par un ancien professeur de lettres et ancien ministre de l’Éducation Nationale lui-même, est-elle gage d’une priorité enfin reconnue à l’éducation ? 

     

    Le SNCL y veillera, car l’urgence est réelle. Le dernier rapport de France Stratégie sur la baisse d’attractivité de la fonction publique a encore démontré ce que nous ne cessons de répéter concernant les personnels d’éducation : la crise d’attractivité est majeure, et elle ne pourra être résolue qu’en améliorant la rémunération et les conditions de travail de nos métiers. 

     

    Le SNCL exige ainsi une transparence totale sur les priorités budgétaires et des garanties concrètes pour améliorer la situation des personnels d’éducation. 

     

    Il est temps que l’Éducation nationale soit reconnue comme une priorité réelle et non comme une variable d’ajustement budgétaire. Les enseignants, les AESH, les élèves et leurs familles méritent mieux qu’une gestion éternellement à court terme.